Les révoltes de Stephen Shames

27 février 2017   •  
Écrit par Fisheye Magazine
Les révoltes de Stephen Shames

Stephen Shames est un étudiant de 19 ans, lorsqu’il découvre les Black Panthers. C’est Bobby Seale, fondateur du mouvement, qui l’introduit au sein du groupe. Pendant sept ans, le jeune photographe saisira l’exaltation militante et engagée qui anime l’organisation.

Spectateur privilégié, il est présenté à toutes les figures importantes : Huey Newton, Angela Davis, Kathleen et Eldridge Cleaver ou encore June et David Hilliard. Si d’autres ont photographié les actions des Black Panthers (Ruth-Marion Baruch, Pirke Jones, entre autres), aucun n’aura pu jouir d’une telle proximité avec le parti.

Fisheye Magazine | Les révoltes de Stephen Shames
© Stephen Shames
Fisheye Magazine | Les révoltes de Stephen Shames
© Stephen Shames

« Je ne savais pas ce que je faisais à l’époque », nous confie Stephen Shames. Le travail remarquable accompli ces années-là, et exposé aujourd’hui sur les cimaises du Musée Nicéphore Niépce, est le fruit de l’insouciance. Peut-être aussi d’une appétence pour le fracas des grandes causes et le climat agitateur qui régnait sur les États-Unis, alors en pleine guerre du Vietnam. « C’était une période de folie », se souvient le photographe.

Des Panthers aux kids du Bronx

Pour lui, « tout est politique » et l’a toujours été. Alors embarqué en plein cœur du mouvement des Black Panthers, il commence aussi un travail d’envergure, auquel il consacrera 20 ans de sa carrière. Entre les années 60 et 80, il arpente avec une assiduité constante les rues du Bronx. L’objectif ? Photographier la misère. Le rêve américain n’est qu’une façade, une utopie. Les images de Stephen Shames nous ramène à la réalité. Ainsi naissent Bronx Boys puis Outside the dream. Ses photographies ne dénoncent pas. Elles dévoilent une empathie mais ne font preuve d’aucun pathos. Elles révèlent la banalité affligeante des maux dont souffre la société américaine. Là est leur force.

Fisheye Magazine | Les révoltes de Stephen Shames
© Stephen Shames
Fisheye Magazine | Les révoltes de Stephen Shames
© Stephen Shames

« Si l’on ne prête pas attention aux classes moyennes et pauvres, comment la société peut-elle aller mieux ? », interroge le photographe. Des décennies plus tard, son engagement et sa révolte sont toujours les mêmes. Les images présentées tout au long de cette passionnante rétrospective révèlent un mouvement quasi perpétuel. Elles sont terriblement vivantes et résonnent d’autant plus fort aujourd’hui que les troubles qu’elles dénoncent sont toujours d’actualité.

Fisheye Magazine | Les révoltes de Stephen Shames
© Stephen Shames
Fisheye Magazine | Les révoltes de Stephen Shames
© Stephen Shames
Fisheye Magazine | Les révoltes de Stephen Shames
© Stephen Shames
Fisheye Magazine | Les révoltes de Stephen Shames
© Stephen Shames
Fisheye Magazine | Les révoltes de Stephen Shames
© Stephen Shames
Fisheye Magazine | Les révoltes de Stephen Shames
© Stephen Shames

En (sa)voir plus

Explorez
Jordan Beal : Martinique (re)générée
© Jordan Beal
Jordan Beal : Martinique (re)générée
Avec Linéaments, Jordan Beal dévoile une Martinique générée par l'IA. Travaillant à partir d'images existantes, il explore un territoire...
Il y a 3 heures   •  
Écrit par Anaïs Viand
La nuit américaine racontée par Laila Hida
Sange Khara, 2025 © Laila Hida
La nuit américaine racontée par Laila Hida
"Comment renouveler les imaginaires stéréotypés par l’art, l’histoire et le cinéma ?" C’est à cette question que Laila Hida tente de...
18 juillet 2026   •  
Écrit par Esther Baudoin
Méditerranée. Est-ce là que l’on habitait ? : Anne-Lise Broyer
© Anne-Lise Broyer
Méditerranée. Est-ce là que l’on habitait ? : Anne-Lise Broyer
Sur les traces des déplacements de populations, des fractures et de l'histoire antique, Anne-Lise Broyer dépose son regard. Un travail...
17 juillet 2026   •  
Écrit par Thomas Andrei
Au Palais de la Porte Dorée, l'art dénonce les discriminations
Jane Evelyn Atwood, La boxe féminine, 2000 FNAC 2000-208 Collection du Centre national des arts plastiques © Jane Evelyn Atwood
Au Palais de la Porte Dorée, l’art dénonce les discriminations
Le musée de l’Histoire de l'immigration au Palais de la Porte Dorée présente son exposition jusqu'au 23 août 2026.
16 juillet 2026   •  
Écrit par Esther Baudoin
Nos derniers articles
Voir tous les articles
Jordan Beal : Martinique (re)générée
© Jordan Beal
Jordan Beal : Martinique (re)générée
Avec Linéaments, Jordan Beal dévoile une Martinique générée par l'IA. Travaillant à partir d'images existantes, il explore un territoire...
Il y a 3 heures   •  
Écrit par Anaïs Viand
La nuit américaine racontée par Laila Hida
Sange Khara, 2025 © Laila Hida
La nuit américaine racontée par Laila Hida
"Comment renouveler les imaginaires stéréotypés par l’art, l’histoire et le cinéma ?" C’est à cette question que Laila Hida tente de...
18 juillet 2026   •  
Écrit par Esther Baudoin
Méditerranée. Est-ce là que l’on habitait ? : Anne-Lise Broyer
© Anne-Lise Broyer
Méditerranée. Est-ce là que l’on habitait ? : Anne-Lise Broyer
Sur les traces des déplacements de populations, des fractures et de l'histoire antique, Anne-Lise Broyer dépose son regard. Un travail...
17 juillet 2026   •  
Écrit par Thomas Andrei
Au Palais de la Porte Dorée, l'art dénonce les discriminations
Jane Evelyn Atwood, La boxe féminine, 2000 FNAC 2000-208 Collection du Centre national des arts plastiques © Jane Evelyn Atwood
Au Palais de la Porte Dorée, l’art dénonce les discriminations
Le musée de l’Histoire de l'immigration au Palais de la Porte Dorée présente son exposition jusqu'au 23 août 2026.
16 juillet 2026   •  
Écrit par Esther Baudoin