Les tourments de Darlene

10 mai 2016   •  
Écrit par Fisheye Magazine
Les tourments de Darlene
À travers Darlene, son personnage fictif, la Norvégienne Anja Niemi explore la relation qu’une femme entretient avec elle-même.

Darlene, c’est le nom du personnage inventé par Anja Niemi pour explorer la dualité des femmes. Au coeur du désert californien, la photographe norvégienne situe l’action de la série Darlene & Me dans une maison tout droit sortie des années 1950. À l’image, deux modèles – incarnées par Anja – se disputent, métaphore de la relation complexe qu’une femme peut avoir avec elle-même.

Ce travail a été inspiré par une valise que la photographe a acheté en ligne. Datant du milieu du siècle dernier, elle était remplie de brochures beauté et d’échantillons de maquillage qui appartenaient à Darlene, une esthéticienne. Le contenu de cette valise témoignait d’une profonde tristesse : « Quand je l’ai dénichée, j’ai eu le sentiment que cette femme avait échoué dans sa carrière parce qu’on lui avait mis des bâtons dans les roues », raconte Anja. De cette trouvaille sont nés les portraits de deux héroïnes en souffrance, rongées par leurs démons intérieurs.

Photo issue de la série "Darlene & me " / ©  Anja Niemi, The Little Black Gallery London
Photo issue de la série “Darlene & me ” / © Anja Niemi, The Little Black Gallery London

L’esthétique de la série rappelle immédiatement l’âge d’or d’Hollywood. Comme dans un film d’Hitchcock, les tenues et les mises en pli des deux protagonistes sont impeccables. De nature introvertie, Anja incarne pourtant une Darlene majestueuse. Cheveux peroxydés au vent dans une Cadillac blanche, Darlene et son double tourmenté frôlent la perfection. Leur visage, lui, semble éteint.

Photo issue de la série "Darlene & me " / ©  Anja Niemi, The Little Black Gallery London
Photo issue de la série “Darlene & me ” / © Anja Niemi, The Little Black Gallery London

À la frontière entre la mode et le cinéma, son travail a déjà été exposé aux quatre coins du globe. Sa nouvelle série Short Stories sera exposée pour la première fois à Photo London du 19 au 22 mai prochain.

The Backyard © Anja Niemi_fisheyelemagThe Chrysler © Anja Niemii_fisheyelemagThe Desert © Anja Niemii_fisheyelemagThe Desert House © Anja Niemii_fisheyelemagThe Garden Hose © Anja Niemii_fisheyelemagThe Swimming Pool © Anja Niemii_fisheyelemagThe Terrace © Anja Niemii_fisheyelemagThe Trunk © Anja Niemii_fisheyelemag

En (sa)voir plus

→ Retrouvez l’intégralité de la série sur le site d’Anja : www.anjaniemiphotography.com

→ Son travail est aussi accessible sur le site de sa galerie : www.thelittleblackgallery.com

Explorez
Gabrielle Hébert : l’amour comme langage intime à la Villa Médicis
Gabrielle Hébert (1853-1934), Peppino Scossa endormi dans les bras de sa mère, 11 août 1888, aristotype à la gélatine, 8,7 x 11,7 cm, Paris, musée national Ernest Hébert © Musée d’Orsay, Dist. GrandPalaisRmn / Alexis Brandt
Gabrielle Hébert : l’amour comme langage intime à la Villa Médicis
Elle a photographié l’amour – son amour – et le temps qui passe. À la Villa Médicis, Gabrielle Hébert fait de la photographie un...
01 janvier 2026   •  
Écrit par Fabrice Laroche
Dans l’œil de Marilia Destot : mémoire entre ciel et mer
© Marilia Destot / Planches Contact Festival
Dans l’œil de Marilia Destot : mémoire entre ciel et mer
Cette semaine, nous vous plongeons dans l’œil de Marilia Destot. Jusqu’au 4 janvier 2026, l’artiste expose ses Memoryscapes à Planches...
26 décembre 2025   •  
Écrit par Apolline Coëffet
Vuyo Mabheka : de brouillon et de rêve
Indlela de la série Popihuise, 2021 © Vuyo Makheba, Courtesy AFRONOVA GALLERY
Vuyo Mabheka : de brouillon et de rêve
Par le dessin et le collage, l'artiste sud-africain Vuyo Mabheka compose sa propre archive familiale qui transcrit une enfance solitaire...
25 décembre 2025   •  
Écrit par Fisheye Magazine
Sarah Bahbah : écran d’intimité
© Sarah Bahbah
Sarah Bahbah : écran d’intimité
Sarah Bahbah a imaginé Can I Come In?, un format immersif à la croisée du podcast, du film et du documentaire. Dans les six épisodes qui...
18 décembre 2025   •  
Écrit par Apolline Coëffet
Nos derniers articles
Voir tous les articles
Les images de la semaine du 29 décembre 2025 : au revoir 2025, bonjour 2026 !
© Elisa Grosman
Les images de la semaine du 29 décembre 2025 : au revoir 2025, bonjour 2026 !
C’est l’heure du récap ! Dans les pages de Fisheye cette semaine, on célébrait les paillettes, la neige, la couleur, l’océan et une femme...
Il y a 11 heures   •  
Écrit par Fisheye Magazine
Maputo Diary, ou la mémoire incarnée d’un lieu et de ses vies
© Ditte Haarløv Johnsen
Maputo Diary, ou la mémoire incarnée d’un lieu et de ses vies
Pendant plus de vingt-cinq ans, la photographe Ditte Haarløv Johnsen a documenté Maputo à hauteur de vie, entre retours intimes et...
03 janvier 2026   •  
Écrit par Costanza Spina
Dans l’œil de Cloé Harent : derrière la falaise se cache la lumière
© Cloé Harent, Residency InCadaqués 2025
Dans l’œil de Cloé Harent : derrière la falaise se cache la lumière
Cette semaine, nous vous plongeons dans l’œil de Cloé Harent, dont l’œuvre a fait l’objet d’un accrochage lors de l’édition 2025 du...
02 janvier 2026   •  
Écrit par Apolline Coëffet
Gabrielle Hébert : l’amour comme langage intime à la Villa Médicis
Gabrielle Hébert (1853-1934), Peppino Scossa endormi dans les bras de sa mère, 11 août 1888, aristotype à la gélatine, 8,7 x 11,7 cm, Paris, musée national Ernest Hébert © Musée d’Orsay, Dist. GrandPalaisRmn / Alexis Brandt
Gabrielle Hébert : l’amour comme langage intime à la Villa Médicis
Elle a photographié l’amour – son amour – et le temps qui passe. À la Villa Médicis, Gabrielle Hébert fait de la photographie un...
01 janvier 2026   •  
Écrit par Fabrice Laroche