Plongée dans l’océan

21 février 2018   •  
Écrit par Lou Tsatsas
Plongée dans l'océan
Du 10 février au 22 avril, Le Fresnoy, berceau de l’art contemporain, accueille l’exposition Océans. Un événement transdisciplinaire nous proposant de découvrir le monde aquatique à travers la lentille de l’art.

« Nous proposons de donner à l’océan sa propre voix , au lieu d’essayer de l’interpréter »,

annonce Stefanie Hessler, la commissaire de l’exposition. Durant sept ans, plusieurs expéditions, organisées par la Thyssen-Bornemisza Art Contemporary Academy (TBA21), ont pris le large. À leur bord, artistes, philosophes, scientifiques, avocats découvrent le pouvoir de l’océan. « La création artistique peut enrichir le débat sur les changements climatiques », précise Stefanie. De chaque voyage, reviennent des créations hybrides, entre science et poésie. Des trésors trouvés ou confectionnés qui construisent peu à peu cette exposition intrigante.

À l’intérieur du grand espace du Fresnoy, l’immersion est totale. Les œuvres des artistes semblent communiquer, se mêler les unes aux autres. Installations sensorielles, vidéos, sculptures, dessins, inventions, photographies, et même faune et flore fusionnent, comme un gigantesque puzzle. Ensemble, ils forment une unité océanique. Pour la commissaire, ce mélange était primordial. « La scénographie évoque cette sensation d’être au milieu du littoral, immergé dans ses bruits, sa végétation, ses habitants. » Les visiteurs, eux, vont et viennent, électrons libres voguant d’une création à l’autre, parfois un peu perdus dans ce territoire aquatique.

© Newell Harry

© Newell Harry

Newell Harry et son journal intime photographique

Parmi cette effervescence artistique, les clichés en noir et blanc de Newell Harry passent relativement inaperçus. Pourtant, ils illustrent à merveille les paroles du poète de la Barbade, Kamau Brathwaite, dont les mots ont guidé les expéditions. « C’est une nouvelle philosophie, qui ne vient pas de la solidité de la terre, mais de la liberté de l’océan » confie Stefanie. Poète clé de la créolisation, il crie ses espoirs et sa colère à l’époque postcoloniale. Dans les photographies de Newell Harry, c’est la mondialisation qui est mise en avant. Australien d’origine, né d’un père mauricien et d’une mère sud-africaine, il grandit avec une curiosité grandissante pour le métissage des cultures. Ses images de Papouasie-Nouvelle Guinée se lisent comme un journal, des pages manuscrites accompagnant les photos. On y découvre les reflets d’un monde qui s’efface peu à peu, sous le poids écrasant d’une culture occidentale. Ici, les peuples rencontrés deviennent l’océan, « des êtres de vertige », comme dirait Brathwaite, menacés par l’oubli.

© Newell Harry

© Newell Harry

© Newell Harry

© Newell Harry

© Newell Harry

© Edith Dekyndt

© Edith Dekyndt

© Jana Winderen© Jorit Aust

© Jana Winderen / © Tue Greenfort

Image de couverture : © Tue Greenfort

Océans

Du 10 février au 22 avril 2018 au Fresnoy

22 rue du Fresnoy, 59200 Tourcoing

www.lefresnoy.net

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