Sculpter l’insensé

14 octobre 2020   •  
Écrit par Lou Tsatsas
Sculpter l’insensé

Sujets insolites ou tendances, faites un break avec notre curiosité de la semaine. Sculptures ? Photographies ? Les créations de Nicolas Polli combinent humour, érotisme, fascination et dégoût pour notre plus grand plaisir.

Alors qu’il se destinait à être un snowboardeur professionnel, une blessure a conduit Nicolas Polli à se réinventer. Le photographe et designer venu de Suisse a depuis construit un univers bien à lui, inspiré par le surréalisme et l’humour. « Je suis très terre à terre, j’ai besoin de percevoir les matières, de créer des compositions audacieuses. J’ajoute un peu d’extravagance à tous mes shootings et mes projets », confie-t-il. Se nourrissant de sa double expérience professionnelle, l’artiste construit son décor et le capture ensuite, figeant ainsi des sculptures insensées et éphémères. « Je suis persuadé que nous voyons trop de choses au quotidien, et que nous ne prêtons par conséquent pas attention aux détails. Élaborer quelque chose d’inhabituel est une manière pour moi de captiver les gens. Si l’on crée une tension dans une œuvre, on suscite leur intérêt », explique-t-il.

© Nicolas Polli© Nicolas Polli

Un cabinet moderne de curiosités

Plans rapprochés, peaux nervurées, installations délirantes… Prises à l’aide d’un flash, les images de Nicolas Polli sont éclairées par une lumière éblouissante… et trompeuse. « Cette luminosité aide à créer une dimension surréaliste. La photographie est reconnue pour révéler la vérité – même s’il s’agit évidemment du médium le plus facile à manipuler. Mes mises en scène brouillent les frontières entre réel et fiction, et j’aime considérer la lumière comme un élément de plus à manipuler », raconte l’artiste.

Entre humour et cauchemar, érotisme et dégoût, ses créations s’imprègnent dans l’esprit du regardeur et laissent leur marque. Ensemble, elles forment une collection dépareillée de scènes saisissantes, qui s’équilibrent, malgré tout. Une expérience insolite, orchestrée par le photographe, qui imagine d’abord ses œuvres sous la forme de série, pour mieux les déconstruire sur Instagram. « J’adore ce procédé, qui permet d’appréhender mes images différemment. Sur les réseaux sociaux, elles sont plus drôles et douces, mais sous la forme d’un livre elles prennent une tout autre dimension », précise-t-il. Vibrantes, et parfois repoussantes, les créations de Nicolas Polli s’observent avec une fascination prudente. Un cabinet moderne de curiosités.

© Nicolas Polli© Nicolas Polli
© Nicolas Polli© Nicolas Polli
© Nicolas Polli© Nicolas Polli

© Nicolas Polli

Explorez
Gabrielle Hébert : l’amour comme langage intime à la Villa Médicis
Gabrielle Hébert (1853-1934), Peppino Scossa endormi dans les bras de sa mère, 11 août 1888, aristotype à la gélatine, 8,7 x 11,7 cm, Paris, musée national Ernest Hébert © Musée d’Orsay, Dist. GrandPalaisRmn / Alexis Brandt
Gabrielle Hébert : l’amour comme langage intime à la Villa Médicis
Elle a photographié l’amour – son amour – et le temps qui passe. À la Villa Médicis, Gabrielle Hébert fait de la photographie un...
01 janvier 2026   •  
Écrit par Fabrice Laroche
Dans l’œil de Marilia Destot : mémoire entre ciel et mer
© Marilia Destot / Planches Contact Festival
Dans l’œil de Marilia Destot : mémoire entre ciel et mer
Cette semaine, nous vous plongeons dans l’œil de Marilia Destot. Jusqu’au 4 janvier 2026, l’artiste expose ses Memoryscapes à Planches...
26 décembre 2025   •  
Écrit par Apolline Coëffet
Vuyo Mabheka : de brouillon et de rêve
Indlela de la série Popihuise, 2021 © Vuyo Makheba, Courtesy AFRONOVA GALLERY
Vuyo Mabheka : de brouillon et de rêve
Par le dessin et le collage, l'artiste sud-africain Vuyo Mabheka compose sa propre archive familiale qui transcrit une enfance solitaire...
25 décembre 2025   •  
Écrit par Fisheye Magazine
Sarah Bahbah : écran d’intimité
© Sarah Bahbah
Sarah Bahbah : écran d’intimité
Sarah Bahbah a imaginé Can I Come In?, un format immersif à la croisée du podcast, du film et du documentaire. Dans les six épisodes qui...
18 décembre 2025   •  
Écrit par Apolline Coëffet
Nos derniers articles
Voir tous les articles
Les images de la semaine du 29 décembre 2025 : au revoir 2025, bonjour 2026 !
© Elisa Grosman
Les images de la semaine du 29 décembre 2025 : au revoir 2025, bonjour 2026 !
C’est l’heure du récap ! Dans les pages de Fisheye cette semaine, on célébrait les paillettes, la neige, la couleur, l’océan et une femme...
04 janvier 2026   •  
Écrit par Fisheye Magazine
Maputo Diary, ou la mémoire incarnée d’un lieu et de ses vies
© Ditte Haarløv Johnsen
Maputo Diary, ou la mémoire incarnée d’un lieu et de ses vies
Pendant plus de vingt-cinq ans, la photographe Ditte Haarløv Johnsen a documenté Maputo à hauteur de vie, entre retours intimes et...
03 janvier 2026   •  
Écrit par Costanza Spina
Dans l’œil de Cloé Harent : derrière la falaise se cache la lumière
© Cloé Harent, Residency InCadaqués 2025
Dans l’œil de Cloé Harent : derrière la falaise se cache la lumière
Cette semaine, nous vous plongeons dans l’œil de Cloé Harent, dont l’œuvre a fait l’objet d’un accrochage lors de l’édition 2025 du...
02 janvier 2026   •  
Écrit par Apolline Coëffet
Gabrielle Hébert : l’amour comme langage intime à la Villa Médicis
Gabrielle Hébert (1853-1934), Peppino Scossa endormi dans les bras de sa mère, 11 août 1888, aristotype à la gélatine, 8,7 x 11,7 cm, Paris, musée national Ernest Hébert © Musée d’Orsay, Dist. GrandPalaisRmn / Alexis Brandt
Gabrielle Hébert : l’amour comme langage intime à la Villa Médicis
Elle a photographié l’amour – son amour – et le temps qui passe. À la Villa Médicis, Gabrielle Hébert fait de la photographie un...
01 janvier 2026   •  
Écrit par Fabrice Laroche