
Le festival La Fabrique du Regard fait son grand retour au BAL pour une quatrième édition, présentée jusqu’au 7 juin 2026. Il s’agit d’une véritable collaboration entre artistes et jeunes issus du pôle pédagogique et de création du BAL, qui regroupe des établissements scolaires, des bibliothèques et des associations culturelles. Ensemble, ils ont travaillé autour de la thématique « S’émanciper par l’image », afin de questionner les représentations médiatiques dominantes et la place de l’image dans notre quotidien.
En préambule de l’exposition, nous découvrons d’abord un écran diffusant différents courts métrages réalisés par les jeunes et les artistes. Au total, neuf films sont proposés, à travers lesquels les jeunes parviennent à aborder, avec leurs mots et un regard chargé de poésie, des thématiques variées et lourdes de sens. Dans Guérilla des butineurs, il est question de la protection de l’environnement à travers la bétonnisation croissante des villes. D’un autre côté, À l’univers entier revient sur le destin de figures de la lutte contre la restauration de l’esclavage en Guadeloupe sous Napoléon. Les enfants se sont servis de l’IA pour générer des images permettant d’imaginer un dénouement nouveau au destin de ces résistants et de palier les lacunes des représentations historiques. De manière plus générale, la question du cadre est assez récurrente dans les productions visuelles. Le cadre fait ici référence à la place qui est attribuée aux enfants dans l’espace public, notamment à l’école, et aux injonctions qui leur sont souvent adressées, telles que « Silence ! », « Soyez sages ! » ou « Faites-vous petits ! ».

Décrypter et s’exprimer par l’image
En descendant dans l’espace d’exposition, nous découvrons les projets photographiques des enfants. Pendant plusieurs mois, ils ont pu travailler sur l’espace qui les entoure, mettant à l’honneur les quartiers du nord-est parisien ainsi que les départements franciliens, avec des projets purement photographiques, mais aussi des productions plus plastiques. Dans Êtres sensibles, six jeunes se sont penchés sur la richesse de la végétation de la petite ceinture, allant de la découverte de certaines espèces à leur photographie, au tirage des négatifs. D’un autre côté, Voir le voir : abécédaire d’un regard questionne notre neutralité face à l’image. Chaque lettre de l’alphabet est attribuée à un mot, qui renvoie à un angle d’interprétation par lequel nous pouvons regarder une image. L’objectif ici est de montrer la pluralité des regards portés sur une même photo. Dans une démarche plus personnelle, Dé(genrer) permet d’interroger les stéréotypes et codes sociaux qui nous entourent. Dans des petits livrets rappelant les fanzines, les jeunes ont pu dénoncer le caractère genré du maquillage, la scission des sports entre filles et garçons ou encore le harcèlement de rue. Des paroles touchantes de par leur sincérité et leur justesse.
En quittant l’exposition, nous pouvons feuilleter une sélection d’ouvrages jeune création choisis par la librairie du BAL, et même repartir avec quelques exemplaires mis à disposition du public !
L’entrée est gratuite et des ateliers sont proposés sur inscription. Pour davantage de festivités, une Nuit Blanche est organisée le 6 juin !