Christian Lutz et Julia Gat, lauréats des Prix ISEM 2020

28 mai 2020   •  
Écrit par Lou Tsatsas
Christian Lutz et Julia Gat, lauréats des Prix ISEM 2020

Les Prix ISEM, consacrés à la photographie documentaire, ont récompensé cette année deux lauréats : Christian Lutz et Julia Gat. Deux auteurs développant des visions aussi dissemblables que nécessaires.

Depuis trois ans, ImageSingulières, l’ETPA et Mediapart s’associent pour décerner deux prix photographiques, destinés à accompagner des auteurs dans la réalisation d’un projet sur lequel ils travaillent depuis plusieurs mois, voire plusieurs années. Lors de cette édition, près de 220 candidats ont présenté au jury leurs travaux. Christian Lutz, photographe suisse a remporté le Grand Prix ISEM, ainsi qu’une dotation de 8000 euros pour poursuivre Citizens. Le Prix Jeune Photographe ISEM – dédié aux moins de 26 ans – a quant à lui été attribué à l’auteure d’origine israélienne Julia Gat, qui reçoit 2000 euros pour développer son travail sur les enseignements alternatifs.

De l’extrémisme à l’insouciance

Explorant différentes formes d’écritures photographiques, les lauréats s’intéressent tous deux aux enjeux sociétaux. Dans Citizens, Christian Lutz documente les mouvements populistes en Europe. « Leurs arguments nous renvoient à nos frontières physiques et symboliques, préparent le terrain de la guerre sociale, des phobies, des asphyxies de la pensée, et du lien humain », déclare le photographe. Après la Hongrie, le Royaume-Uni, la France, la Pologne, l’Autriche, l’Allemagne et la Suisse, ce dernier entend développer son projet en Italie, Espagne, Grèce, Serbie et Slovaquie. Un panorama glaçant des villes européennes dont « les municipalités sont entre les mains de partis populistes de droite, glissant pour certains vers le fascisme », précise-t-il.

Passionnée par le monde enfantin, Julia Gat s’intéresse quant à elle aux jeunes qui suivent un enseignement alternatif, sans école obligatoire. Une éducation qui lui est familière. « Lorsque j’étais petite, j’ai pratiqué la non-scolarisation. J’ai eu accès à un système personnalisé, préconisant des cours et des activités choisis par rapport à mes centres d’intérêt », confie-t-elle. Entre spontanéité et mise en scène, elle signe un portrait frais et coloré d’une enfance libérée. De l’extrémisme à l’insouciance, à travers cette nouvelle édition, les Prix ISEM réaffirment leur volonté d’encourager la diversité remarquable de la photographie documentaire.

© Christian Lutz / MAPS, lauréat du Grand Prix ISEM 2020

© Christian Lutz / MAPS, lauréat du Grand Prix ISEM 2020© Christian Lutz / MAPS, lauréat du Grand Prix ISEM 2020

© Christian Lutz / MAPS, lauréat du Grand Prix ISEM 2020

© Christian Lutz / MAPS, lauréat du Grand Prix ISEM 2020

© Julia Gat© Julia Gat, lauréate du Prix Jeune Photographe ISEM 2020

© Julia Gat, lauréate du Prix Jeune Photographe ISEM 2020

© Julia Gat, lauréate du Prix Jeune Photographe ISEM 2020

Image d’ouverture : © Christian Lutz / MAPS, lauréat du Grand Prix ISEM 2020

Explorez
Le PhotoVogue Festival met les femmes et leur regard à l’honneur de son édition 2026
© Silvana Trevale
Le PhotoVogue Festival met les femmes et leur regard à l’honneur de son édition 2026
Du 1er au 4 mars 2026, PhotoVogue Festival investira la Biblioteca Nazionale Braidense de Milan à l’occasion de sa 10e édition. Portée...
Il y a 8 heures   •  
Écrit par Apolline Coëffet
Les images de la semaine du 9 février 2026 : du mouvement
© Greta Díaz Moreau / Loquita por ti
Les images de la semaine du 9 février 2026 : du mouvement
C’est l’heure du récap’ ! Cette semaine, les images se déplacent et nous déplacent. Tour à tour, elles se font le témoin de parcours de...
15 février 2026   •  
Écrit par Ana Corderot
Uber Life : aidez Tassiana Aït-Tahar à lancer son livre chez Fisheye Éditions !
© Tassiana Aït-Tahar / Fisheye Éditions
Uber Life : aidez Tassiana Aït-Tahar à lancer son livre chez Fisheye Éditions !
Fisheye Éditions s’apprête à publier Uber Life, le prochain livre de Tassiana Aït-Tahar. Pour accompagner sa parution, une campagne de...
12 février 2026   •  
Écrit par Ana Corderot
American Images à la MEP : Dana Lixenberg et l’attention portée à l’autre 
Dana Lixenberg, Kamaal “Q-Tip” Fareed, Ali Shaheed Muhammad and Malik “Phife” Taylor (A Tribe Called Quest), 1997 © Dana Lixenberg, courtesy of the artist and Grimm Amsterdam | London | New York
American Images à la MEP : Dana Lixenberg et l’attention portée à l’autre 
Jusqu’au 24 mai 2026, Dana Lixenberg dévoile des fragments de vie américaine à la Maison européenne de la photographie. Intitulée...
11 février 2026   •  
Écrit par Apolline Coëffet
Nos derniers articles
Voir tous les articles
Le PhotoVogue Festival met les femmes et leur regard à l’honneur de son édition 2026
© Silvana Trevale
Le PhotoVogue Festival met les femmes et leur regard à l’honneur de son édition 2026
Du 1er au 4 mars 2026, PhotoVogue Festival investira la Biblioteca Nazionale Braidense de Milan à l’occasion de sa 10e édition. Portée...
Il y a 8 heures   •  
Écrit par Apolline Coëffet
Les Corps élastiques : Lucie Pastureau et les expériences qui s’ancrent dans la chair
© Lucie Pastureau
Les Corps élastiques : Lucie Pastureau et les expériences qui s’ancrent dans la chair
L’Institut pour la photographie de Lille poursuit sa collaboration avec le Théâtre du Nord en y dévoilant Les Corps élastiques de Lucie...
20 février 2026   •  
Écrit par Apolline Coëffet
5 questions à Maria Sorbia : une plongée dans le « royaume souterrain »
Blank Verse © Maria Siorba
5 questions à Maria Sorbia : une plongée dans le « royaume souterrain »
L’artiste visuelle Maria Siorba dévoile son premier livre photographique, Blank Verse, publié aux éditions Départ pour l’Image....
20 février 2026   •  
Écrit par Marie Baranger
Margaux Fournier : Au bain des dames au bord de la vieillesse
© Margaux Fournier / "Au bain des dames"
Margaux Fournier : Au bain des dames au bord de la vieillesse
Avec Au bain des dames, nommé aux César 2026, Margaux Fournier réalise une fresque contemporaine d’un groupe d'amies retraitées...
19 février 2026   •  
Écrit par Ana Corderot