Et Martina Latorre vêtit les êtres de lumière

02 août 2024   •  
Écrit par Milena III
Et Martina Latorre vêtit les êtres de lumière
© Martina Latorre
© Martina Latorre

Costumière dans l’industrie cinématographique, Martina Latorre réalise, en parallèle de son travail, des projets photographiques. Ses œuvres, souvent des portraits, sont une quête permanente des défauts qui rendent les êtres parfaits.

Martina Latorre capture une vie dans laquelle tout est cinéma : la peau, la lumière, les décors, les situations… Et où pour autant, rien n’est prédéterminé. « J’aime l’aura de mystère au moment de la prise de vue et la montée d’adrénaline qui vous accompagne tout au long du processus, jusqu’au développement », décrit la jeune artiste. Celle-ci confie s’être toujours trouvée trop à l’étroit dans sa région natale du sud de l’Italie, et a naturellement commencé à vouloir voyager régulièrement depuis son adolescence, avant de résider, à l’âge adulte, aux quatre coins de l’Europe. Attentive aux mille éléments qui font qu’une composition est unique, elle aborde le médium avec une liberté propre à son caractère. Le systématique, lui, n’a pas sa place dans la pratique de la photographe. En chacun des personnages qu’elle habille, Martina Latorre cherche les détails, les couleurs et les combinaisons qui le rendent vivant. En chacun·e de nous, de même, l’artiste cherche « l’imperfection qui fera le réel », explique-t-elle. Souvent baignées dans un clair-obscur persistant, les scènes qu’elle capture sont celles d’un quotidien où l’intimité peut se déployer sans pudeur ni crainte, et se penser jusqu’à douter d’elle-même. Dans son univers, l’été ne brûle pas ; les rares éléments de lumière viennent surtout illuminer l’épiderme. Si la photographie est pour elle « un exercice de respiration pour la guérison », c’est qu’elle oblige à tendre l’oreille vers une horloge distincte du temps dont nous sommes familier·es. Le corps humain apparaît alors dans sa singularité, c’est-à-dire dans sa façon propre d’être au monde, et de vieillir.

© Martina Latorre
Un corps de jeune femme posant nue les jambes en tailleur, un bouquet de fleurs à la main
© Martina Latorre
Un corps posant quasi nu, allongé sur le ventre dans la pénombre, les fesses éclairées par un rayon de soleil.
© Martina Latorre
© Martina Latorre
© Martina Latorre
© Martina Latorre
© Martina Latorre
© Martina Latorre

© Martina Latorre
© Martina Latorre
© Martina Latorre

© Martina Latorre
Un corps à moitié nu allongé dans un lit
© Martina Latorre
À lire aussi
Ratchet et son exploration de l’imperfection
Ratchet et son exploration de l’imperfection
De l’anonymat des gratte-ciel à la douceur d’un portrait intime, du minimalisme au raffinement ultime, les créations de Ratchet –…
10 décembre 2021   •  
Écrit par Lou Tsatsas
Ces photographes qui composent avec la lumière du soleil
Thank you for playing with me © Yolanda Y. Liou
Ces photographes qui composent avec la lumière du soleil
Alors que les premiers rayons de soleil printaniers annoncent le début des beaux jours, les auteurices publié·es sur Fisheye les…
23 mars 2024   •  
Écrit par Fisheye Magazine
Explorez
Contenu sensible
Les images de la semaine du 30 mars 2026 : (se) découvrir
© Mahaut Harley
Les images de la semaine du 30 mars 2026 : (se) découvrir
C’est l’heure du récap‘ ! Les jours s’allongeant avec le printemps, l’ambiance...
05 avril 2026   •  
Écrit par Ana Corderot
Contenu sensible
Mahaut Harley : des enveloppes charnelles
© Mahaut Harley
Mahaut Harley : des enveloppes charnelles
Dans les collages et créations scannées de Mahaut Harley, l'érotisme féminin est retravaillé, collé et réinterprété pour évoquer une...
01 avril 2026   •  
Écrit par Ana Corderot
Valentin Fougeray et l'intime à découvert
© Valentin Fougeray
Valentin Fougeray et l’intime à découvert
Avec son premier ouvrage, De l’amour à la mort, Valentin Fougeray livre une cartographie sensorielle de l'intime. À travers des...
25 mars 2026   •  
Les coups de cœur #578 : Florian Salabert et Bodhi Shola
© Bodhi Shola
Les coups de cœur #578 : Florian Salabert et Bodhi Shola
Cette semaine, Florian Salabert et Bodhi Shola, nos coups de cœur, révèlent la magie qui sommeille en chacun·e d’entre nous.
23 mars 2026   •  
Écrit par Ana Corderot
Nos derniers articles
Voir tous les articles
Les coups de cœur #579 : Natalia Peralta et Lou Goffini
© Lou Goffini
Les coups de cœur #579 : Natalia Peralta et Lou Goffini
Natalia Peralta et Lou Goffini, nos coups de cœur de la semaine, sondent le monde, à la fois pour y déceler des espaces d’imagination et...
Il y a 9 heures   •  
Écrit par Ana Corderot
Contenu sensible
Les images de la semaine du 30 mars 2026 : (se) découvrir
© Mahaut Harley
Les images de la semaine du 30 mars 2026 : (se) découvrir
C’est l’heure du récap‘ ! Les jours s’allongeant avec le printemps, l’ambiance...
05 avril 2026   •  
Écrit par Ana Corderot
NOÛS × BnF-P : entre création numérique et transmission du savoir
Simulation de Cepheide Mark III Vanité © Graphset
NOÛS × BnF-P : entre création numérique et transmission du savoir
C’est la grande nouvelle de ce début d’année : en partenariat avec BnF-P, Fisheye dévoile NOÛS, un festival pensé pour interroger la...
02 avril 2026   •  
Écrit par Maxime Delcourt
Contenu sensible
Mahaut Harley : des enveloppes charnelles
© Mahaut Harley
Mahaut Harley : des enveloppes charnelles
Dans les collages et créations scannées de Mahaut Harley, l'érotisme féminin est retravaillé, collé et réinterprété pour évoquer une...
01 avril 2026   •  
Écrit par Ana Corderot