Focus sur les trois lauréats du prix Nouvelles écritures de la photographie environnementale, un prix initié par le festival La Gacilly et Fisheye : Florence Goupil, Brieuc Weulersse, et Imane Djamil.
Collapsologie, automédication, ou abandon d’un littoral et de son territoire… Le jury du prix Nouvelles écritures de la photographie environnementale, lancé par le festival La Gacilly et Fisheye, a été séduit par trois écritures photographiques particulières. Découvrez le travail des trois lauréats qui bénéficieront tous :
- d’un accompagnement pendant deux ans par La Gacilly,
- d’une exposition personnelle produite et rémunérée au Festival 2021, et d’une invitation au week-end inaugural,
- d’un accompagnement sur l’intégration au marché de l’art par la Fisheye Gallery d’Arles,
- d’un abonnement d’un an à Fisheye Magazine,
- d’une mise en avant régulière des projets initiés durant l’année sur les sites de La Gacilly et Fisheye,
- d’une exposition produite et rémunérée au Festival photo La Gacilly-Baden en Autriche en 2022
Florence Goupil
« L’épicentre de la pandémie du COVID-19 s’est déplacé vers l’Amazonie, compromettant la vie des peuples de la forêt », annonce Florence Goupil. La photographe de nationalité française et péruvienne a choisi d’étudier la biodiversité amazonienne en abordant la médecine traditionnelle centrée autour des plantes. « Face à la négligence du gouvernement et au difficile accès aux infrastructures médicales – le seul hôpital amazonien débordé – les Shipibo-Konibo ont décidé de s’organiser en faveur de leurs communautés. En mai 2020, ils ont créé le Comando Matico, un groupe de guérisseurs traditionnels, afin de prodiguer des soins ». Elle livre dans Shipibo-Konibo : Les Plantes Guérisseuses, un portrait poignant de ceux qui se fient à l’automédication, et la pratiquent.
© Florence Goupil
Brieuc Weulresse
Réchauffement climatique, montée des eaux, fonte du permafrost… Les formules alarmistes annonçant l’urgence écologique, et l’effondrement de notre civilisation rythment nos quotidiens depuis plusieurs années. Le photographe belge s’intéresse à ces théories à travers le prisme scientifique. « Comment réagit la recherche scientifique, et quelles réponses apporte-t-elle ? Comment la collapsologie est-elle vue et appliquée dans les centres de recherches et universités ? ». Brieuc Weulresse développe avec Researth une approche documentaire presque clinique où les interactions entre l’homme et son environnement sont réduites à des expériences scientifiques.
© Brieuc Weulresse
Imane Djamil
Au cœur du travail de la photographe marocaine Imane Djamil, une frontière fine entre réalité et sublime. Son projet Atlantide KM 130, consacré au littoral historique de la ville saharienne de Tarfaya a séduit le jury. Elle y interroge les multiples registres symboliques du paysage bâti et naturel, la reconsidération de l’architecture coloniale, et le délitement des frontières. « Comme l’Atlantide, Tarfaya est entourée de mystère et est souvent qualifiée d’”apocalyptique” ou de “monde abandonné”, confie la photographe. Alors que l’Atlantide fut engloutie par l’océan pour avoir déplu aux divinités, Tarfaya est en passe d’être enseveli par le sable. Et cela n’est aucunement lié à l’offense d’une entité supérieure, mais aux phénomènes naturels conjugués au désintérêt de l’État pour la préservation de son patrimoine culturel…
© Imane Djamil
Image d’ouverture : © Florence Goupil