Focus #74 : Marine Lanier, Hannibal et la résistance écologique

31 juillet 2024   •  
Écrit par Apolline Coëffet
05:33

C’est l’heure du rendez-vous Focus ! Ce mois-ci, Marine Lanier nous parle du Jardin d’Hannibal. Dans cette série au long cours, la photographe française s’intéresse au jardin du Lautaret. Situé dans les Alpes, cet espace miniature regroupe la biodiversité du monde entier. 

Vous le savez, au sein de la rédaction Fisheye, on aime autant les photos que leurs récits ! Alors nous avons lancé, en mars 2022, un objet multimédia dont le 74e épisode sort ce mercredi. Au cœur des Focus, les artistes se dévoilent et partagent avec nous quelques histoires. Succédant à 73 auteurices, Marine Lanier revient sur Le Jardin d’Hannibal. Entremêlant portraits, clichés de plantes du jardin du Lautaret et paysages enneigés, la série doit son titre au célèbre général carthaginois. Par ce biais, elle convoque la notion de lutte écologique pour composer une narration qui dépasse la vision documentaire. Commencé dans le cadre d’une résidence in situ, le projet s’est prolongé grâce à la Grande commande de la BnF.

Un rapport dystopique

« La plupart du temps, dans mes projets, je m’intéresse à un lieu autour duquel je tourne. Et j’aime aussi comprendre les légendes qui marquent ce lieu, qui le façonnent, quelque part. Hannibal était une figure mythique des Alpes, et le col du Lautaret serait un itinéraire possible de son passage. En parallèle, j’ai trouvé ça beau comme métaphore : Hannibal, même en tant que personnage très controversé, c’est la figure du rebelle, de l’insurgé contre l’Empire, contre Rome, contre la domination… Or, le Lautaret, c’est aussi un bastion de résistance écologique ! », explique Marine Lanier. Au fil des images se découvre alors un singulier laboratoire, dans des nuances de roses et de jaunes qui contrastent avec la douceur des monochromes. En croisant différents formats, la photographe imagine ainsi une fiction nouvelle. « On est presque dans un rapport dystopique/préapocalyptique ou postapocalyptique – on ne sait pas trop dans quel temps on se situe », souligne-t-elle.

Cette narration étonnante est à découvrir dans Focus #74.

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