Hong Kong After Hong Kong : Wong Chung-Wai clôture un chapitre

15 août 2023   •  
Écrit par Lucie Guillet
Hong Kong After Hong Kong : Wong Chung-Wai clôture un chapitre
© Wong Chung-Wai

© Wong Chung-Wai
© Wong Chung-Wai

Hong Kong After Hong Kong est le premier livre photographique de Wong Chung-Wai. Plus qu’un simple ouvrage, il est pour l’artiste le moyen de tourner une nouvelle page de sa vie. Une jolie manière de figer sur papier les souvenirs tout en rendant hommage à sa ville natale.

« Qu’est-ce que vous voulez gardez avec vous si vous quittez un endroit ? ». Cette interrogation résume à elle seule la démarche de Wong Chung-Wai lors de la création de son livre Hong Kong After Hong Kong. Une sensation connue de celles et ceux qui ont un jour dû quitter leur ville ou pays natif pour vivre dans une autre partie du monde. Ce sentiment quelque peu nostalgique de nos origines que l’on ressent en repensant à l’endroit d’où l’on vient. C’est en mai 2021 que Wong Chung-Wai part de Hong Kong avec sa famille, le début d’une nouvelle histoire qui ne pouvait pas réellement commencer sans que la page soit tournée. Il a passé les six mois précédents leur départ au Royaume-Uni en parcourant la ville d’Hong Kong avec sa caméra. Une manière de figer ce qu’il ne pouvait pas emporter avec lui. « Je considère ce travail comme ma lettre d’adieu à cet endroit, mais aussi à la première partie de ma vie. Il s’agit de mon tout premier projet photographique, c’est ce que je voulais pour interpréter ce sentiment que j’ai éprouvé », confie l’artiste. Comme remplir un album photo et le redécouvrir a posteriori, le livre de Wong Chung-Wai fige un instant chargé de souvenir et d’émotion. Pour lui, « ces images devaient originellement saisir le moment présent, mais aujourd’hui elles semblent plus décrire le passé et raconter le futur », un livre comme une passerelle entre deux étapes de vie.

© Wong Chung-Wai
© Wong Chung-Wai

La contradiction d’Hong Kong

Dans son travail Wong Chung-Wai rend hommage à sa ville en montrant les contradictions qu’elle représente : la coexistence de l’infrastructure urbaine et de la nature, de l’ancien et du contemporain, de la lumière artificielle et celle naturelle de la ville baignée par la mer. Des paradoxes qu’il étend à sa réflexion, alors qu’il s’agit d’une des villes les plus peuplé au monde, les clichés de l’artiste sont mis à nu, dépourvus de foules. Préférant révéler des personnages solitaires sur des fonds cinématographiques, Wong Chung-Wai fait découvrir la ville d’une manière nouvelle. « Il était très difficile d’essayer de prendre des portraits d’étrangers alors que Hong Kong vivait dans une atmosphère de méfiance juste après l’entrée en vigueur de la nouvelle loi sur la sécurité nationale, sans compter que c’était pendant le Covid », rappelle-t-il.

Au-delà de la célébration de l’auteur pour sa ville natale, cet ouvrage met aussi en avant les migrations à travers les générations. Si Wong Chung-Wai s’envole pour le Royaume Uni, ses parents se jetaient illégalement dans la baie de Schenzhen pour s’enfuir illégalement de Chine il y a plus de quarante ans. « Vous pouvez vous demander la raison du destin commun de ces deux générations, qui se sont déracinées de leur pays d’origine. Je répondrai qu’il ne s’agit pas d’une rébellion pure et simple – nous n’avons pas osé – mais plutôt d’une sorte d’entêtement, d’un refus de se laisser tromper », déclare-t-il. Bien que les conditions ne soient pas les mêmes, l’histoire de ses parents fait indéniablement échos au moment de prendre son envol loin de ses terres natales et permet à Wong Chung-Wai de signer son premier livre photographique.

© Wong Chung-Wai
© Wong Chung-Wai
© Wong Chung-Wai
© Wong Chung-Wai
© Wong Chung-Wai
© Wong Chung-Wai

© Wong Chung-Wai
© Wong Chung-Wai
© Wong Chung-Wai
© Wong Chung-Wai

© Wong Chung-Wai
© Wong Chung-Wai
© Wong Chung-Wai
© Wong Chung-Wai
© Wong Chung-Wai
© Wong Chung-Wai

Explorez
Eboro de Nuits Balnéaires, un retour poétique aux ancêtres
Adama et Awa 3, Eboro, 2026 © Nuits Balnéaires
Eboro de Nuits Balnéaires, un retour poétique aux ancêtres
En descendant les marches qui mènent au sous-sol de la Fondation Henri-Cartier Bresson, l'on découvre Eboro. Cette série de photographies...
Il y a 11 heures   •  
Écrit par Esther Baudoin
Les coups de cœur #583 : Daria Nazarova et WTNS
© Daria Nazarova
Les coups de cœur #583 : Daria Nazarova et WTNS
WNTS et Daria Nazarova, nos coups de cœur de la semaine, traitent de la représentation des corps et du mouvement. Toutes deux inspirées...
01 juin 2026   •  
Écrit par Esther Baudoin
Les images de la semaine du 18 mai 2026 : notre existence
© Margarita Galandina
Les images de la semaine du 18 mai 2026 : notre existence
C'est l'heure du récap' ! Cette semaine, les images nous parlent de territoires et de vies traversés par les affres et le temps.
24 mai 2026   •  
Écrit par Ana Corderot
Thana Faroq cartographie l'altération de la mémoire
Still image from Imagine Me Like a Country of Love © Thana Faroq
Thana Faroq cartographie l’altération de la mémoire
Thana Faroq, artiste pluridisciplinaire yéménite installée aux Pays-Bas, revisite ses souvenirs ainsi que les questions de migration...
22 mai 2026   •  
Écrit par Marie Baranger
Nos derniers articles
Voir tous les articles
Eboro de Nuits Balnéaires, un retour poétique aux ancêtres
Adama et Awa 3, Eboro, 2026 © Nuits Balnéaires
Eboro de Nuits Balnéaires, un retour poétique aux ancêtres
En descendant les marches qui mènent au sous-sol de la Fondation Henri-Cartier Bresson, l'on découvre Eboro. Cette série de photographies...
Il y a 11 heures   •  
Écrit par Esther Baudoin
Youssef Nabil : dans les rêves, notre réalité
Youssef Nabil (1972) The Dream, self-portrait, 2021 Tirage argentique coloré à la main, 50 x 75 cm Collection particulière © Youssef Nabil.
Youssef Nabil : dans les rêves, notre réalité
Jusqu’au 13 septembre 2026, le musée d’Orsay présente Youssef Nabil. De rêver encore. Une exposition qui déploie l’œuvre polymorphe de...
04 juin 2026   •  
Écrit par Ana Corderot
Au BAL, La Fabrique du Regard donne la parole aux jeunes
Journal de nos adolescences © Iris Millot
Au BAL, La Fabrique du Regard donne la parole aux jeunes
Le festival La Fabrique du Regard fait son grand retour au BAL pour une quatrième édition, présentée jusqu'au 7 juin 2026. Il s’agit...
04 juin 2026   •  
Écrit par Esther Baudoin
L’âme de la chambre noire : entretien avec Thomas Consani, Maître d’Art
Portrait de Thomas Consani. © Matthieu Quatravaux / Tirage par Thomas Consani
L’âme de la chambre noire : entretien avec Thomas Consani, Maître d’Art
Dans le laboratoire Picto, véritable institution de la photographie, au milieu des odeurs de chimie, des ampoules rouges et des échos de...
04 juin 2026   •  
Écrit par Fabrice Laroche