InCadaqués 2023 : fulgurances artistiques en terre paradisiaque

09 octobre 2023   •  
Écrit par Lou Tsatsas
InCadaqués 2023 : fulgurances artistiques en terre paradisiaque
© Kamila K Stanley
© FLORE
© Weegee / Courtesy Galerie Berinson

Jusqu’au 15 octobre se déroule l’édition 2023 du festival international InCadaqués. Dans la chaleur d’un automne aux allures estivales, les 25 expositions organisées rayonnent, et donnent à la ville un charme irrésistible. Visite guidée.

C’est sous un soleil radieux que la 7e édition de InCadaqués ouvre ses portes. Un soleil qui défit toute temporalité. Nous faisant perdre tout repère, il nous guide, nous encourage à arpenter les ruelles du charmant village espagnol, à la recherche de photographies. Contre les murs blancs, sur les plages de sable, dans les jardins sublimes de la Maison de Salvador Dalí, à l’ombre fraîche des villas et des galeries d’art, et même immergés dans la mer, scintillants à la lumière du jour, les clichés des dix finalistes du Prix Fisheye de la création visuelle, de Paul Cupido & Anna Muller, Richard Pak, Henrike Stahl, Federico Estol, Maya Mercer, Kamila K Stanley, Henri Kisielewski, Monica Figueras, Chloé Milos Azzopardi, FLORE, ou encore Eloïse Labarbe-Lafon, gagnante du Prix de la jeune photographie féminine InCadaqués x Fisheye, deviennent des écrins précieux complimentant la ville. En se laissant porter par la beauté qui nous entoure, on y découvre des odes à la nature explorant l’onirisme et l’abstraction pour mieux lui rendre honneur, des récits engagés alliant esthétisme et enjeux sociopolitiques, des voyages déroutants en terres lointaines, et même des tirages emblématiques, fragments d’une œuvre historique inoubliable.

Une déambulation enchanteresse

C’est au cœur du Casino, grand espace de deux étages situé non loin de la mer et des barques de pêcheur·ses qui caractérisent le paysage de Cadaqués que l’on peut d’ailleurs admirer ces images iconiques. Immersion, tout d’abord, dans le travail de Weegee, photographe légendaire du 20e siècle, connu pour avoir eu, dans sa voiture, une radio branchée sur les fréquences de la police, lui permettant d’arriver très rapidement sur les scènes de crime. Au cœur de l’exposition, nous voici plongé·es dans le New York des années 1940 – son effervescence, sa décadence, son rythme si particulier. Dans cet univers monochrome, les personnages se font protagonistes de films noirs, tantôt assassins mystérieux, tantôt anonymes subjugués. Une (re)découverte essentielle d’une création remarquable.


Au fond de la salle, un rideau rouge dissimule un autre accrochage et attise notre curiosité. En y entrant, on s’immerge immédiatement dans l’univers de David Lynch. Noir et blanc granuleux, corps dénudés, mises en scène graphiques, entre rêve et réalité. À l’image de son cinéma, ces scans d’une collection d’un millier de nus argentiques qu’il modifie ensuite sous Photoshop brouillent les frontières entre l’étrange et la vérité. Contrastant avec le rouge intense qui recouvre la pièce, les œuvres semblent nous guider vers un monde où l’incertitude et la poésie règnent – pour notre plus grand plaisir.


Enfin, au dernier étage du Casino, l’obscurité nous accueille. En son sein, Céphéide, l’installation de Graphset x Amandine Besacier – déjà présentée à la Fisheye Gallery arlésienne durant l’été – nous propose une pause contemplative bercée par le ronronnement du moteur, la lente progression de la machine, et la lueur verte qu’elle émet. Hypnotisé·e, on (re)découvre alors l’apparition cyclique, la fusion magique des images analogiques et numériques de « demoiselles en détresse » en phosphorescence. Une expérience singulière dans cette pénombre rafraichissante qui nous permet de retrouver l’énergie nécessaire à notre déambulation enchanteresse en territoire catalan…

© David Lynch foundation
© David Lynch foundation
© Weegee / Courtesy Galerie Berinson
© Paul Cupido / Résidence InCadaqués
© Henri Kisielewski
© Eloïse Labarbe-Lafont
© Gareth Philips

© Kamila K Stanley

© Richard Pak / Cnap
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