Les coups de cœur #499 : Margaux Corda et Clara Linciano

01 juillet 2024   •  
Les coups de cœur #499 : Margaux Corda et Clara Linciano
© Clara Linciano
© Margaux Corda

Margaux Corda et Clara Linciano, nos coups de cœur de la semaine, s’intéressent toutes deux à notre héritage historique, culturel et familial. La première l’étudie au travers de la communauté LGBTQIA+ quand la seconde s’inspire de l’existence de sa grand-mère. 

Margaux Corda

Depuis ses débuts dans le 8e art, Margaux Corda, photographe suisse et espagnole, questionne nos bagages historiques, sociaux, émotionnels et familiaux afin de mieux les déconstruire. En 2021, elle entame le projet documentaire intitulé SERVING, à la suite d’une rencontre avec Zion, membre d’un collectif suisse qui organise à la fois des balls et des soirées queer. « La scène est encore jeune en Suisse, explique-t-elle. C’est dans son effervescence grimpante que l’envie de développer une série autour de cette scène et de ses acteurices m’est apparue comme une évidence. » Conçues en réaction aux compétitions de beauté et de mode majoritairement occupées par des personnes blanches, les ballrooms invitent principalement des personnes LGBTQIA+ racisées, le plus souvent victimes de violences visibles et invisibles. Étant elle-même queer, la photographe sait l’importance que revêt la représentation pour pouvoir s’épanouir pleinement. Ses clichés, aux reflets irisés, à l’image de cet univers, sont un appel à l’expression et la célébration des différences constitutives de notre humanité.

© Margaux Corda
© Margaux Corda
© Margaux Corda
© Margaux Corda
© Margaux Corda
© Clara Linciano

Clara Linciano

Pour réaliser ces images, Clara Linciano a puisé son inspiration dans les photographies familiales que conservait sa grand-mère maternelle, née en 1940. « Le projet raconte son histoire. Tout au long de sa vie, elle a souffert de plusieurs pertes qui l’ont affectée émotionnellement. Au fil du temps, elle est devenue un exemple pour moi. Grâce à sa détermination et à sa force, elle est parvenue à aimer de nouveau l’existence, celle-là même qui lui avait enlevé tout ce qui lui était cher », explique la photographe italienne. Ce récit intime se prolonge désormais dans un entremêlement d’archives retravaillées et de compositions plus récentes, qui multiplient les symboles « pour une compréhension universelle »« La vie, l’histoire, les chemins que nous empruntons m’ont toujours fascinée. Beaucoup ont des parcours étonnants, d’autres sont pleins de drames quand d’autres encore sont remplis de moments de joie et de satisfaction, énumère-t-elle. Chaque personne vit ses émotions différemment. Le mécanisme humain me fascine tellement ! » En créant une distance entre ses sujets et ses sentiments, Clara Linciano laisse une place pour les projections et cherche ainsi à traduire la complexité qui nous habite.

© Clara Linciano
© Clara Linciano
© Clara Linciano
© Clara Linciano
À lire aussi
Les coups de cœur #496 : Frédéric Murarotto et Benjamin Achour
© Benjamin Achour
Les coups de cœur #496 : Frédéric Murarotto et Benjamin Achour
Frédéric Murarotto et Benjamin Achour, nos coups de cœur de la semaine, offrent d’autres perspectives aux sujets qu’ils immortalisent. Le…
10 juin 2024   •  
Les coups de cœur #495 : Victoria Vinas et Evgeniya Strygina
© Victoria Vinas
Les coups de cœur #495 : Victoria Vinas et Evgeniya Strygina
Victoria Vinas et Evgeniya Strygina, nos coups de cœur de la semaine, appréhendent la photographie comme une manière de répondre aux…
03 juin 2024   •  
Explorez
Kyotographie 2026 : les contours du monde
© Daido Moriyama Photo Foundation
Kyotographie 2026 : les contours du monde
Jusqu’au 17 mai 2026, Kyotographie investit la capitale culturelle du Japon pour sa 14e édition. Comme à l’accoutumée, le festival invite...
27 avril 2026   •  
Écrit par Apolline Coëffet
Tchernobyl : l'archive sensible de Maxim Dondyuk
© Maxim Dondkyuk
Tchernobyl : l’archive sensible de Maxim Dondyuk
Quarante ans après la catastrophe de Tchernobyl, le photographe ukrainien Maxim Dondyuk redonne vie à des photos abandonnées dans la...
26 avril 2026   •  
The Return de Salih Basheer
© Salih Basheer / Collage. Kenya, Nairobi. Septembre 2024. Un homme a été tué par les forces de soutien rapide dans le village Al-Jazirah State.
The Return de Salih Basheer
Dans The Return, Salih Basheer raconte une crise humanitaire tue, celle survenue au Soudan en 2023. Il dévoile tout ce qui se joue dans...
25 avril 2026   •  
Écrit par Ana Corderot
Le Fresnoy, école laboratoire d’images unique au monde
© Yue Cheng
Le Fresnoy, école laboratoire d’images unique au monde
À l’heure où l’image se consomme en une fraction de seconde, que signifie « étudier l’art » ? Au Fresnoy – Studio national des...
23 avril 2026   •  
Écrit par Fabrice Laroche
Nos derniers articles
Voir tous les articles
15 expositions photographiques à découvrir en mai 2026
Oedipus, 2021 © Linder Sterling, courtesy of the artist and Modern Art
15 expositions photographiques à découvrir en mai 2026
La rédaction de Fisheye a relevé une série d'événements photographiques à découvrir à Paris et dans le reste de la France en mai 2026....
30 avril 2026   •  
Écrit par Fisheye Magazine
Yasmina Benabderrahmane : Impossible Landscape
Rokh © Yasmina Benabderrahmane
Yasmina Benabderrahmane : Impossible Landscape
Dans Impossible Landscape, Yasmina Benabderrahmane fait du médium photographique un outil pluriel de documentation du vivant. À...
30 avril 2026   •  
Écrit par Fabrice Laroche
Lena Maria : la nuit qui relie les êtres
© Lena Maria
Lena Maria : la nuit qui relie les êtres
Avec Les Nuits ouvertes, Lena Maria s’immerge dans une nature vibrante colorée d’ocres et d’argiles. À la lumière de la lune, elle...
29 avril 2026   •  
Écrit par Lou Tsatsas
Collages, expérimentations et expositions : nos coups de cœur photo d’avril 2026
© Lore Van Houte
Collages, expérimentations et expositions : nos coups de cœur photo d’avril 2026
Expositions, immersion dans une série, anecdotes, vidéos… Chaque mois, la rédaction de Fisheye revient sur les actualités photo qui l’ont...
29 avril 2026   •  
Écrit par Apolline Coëffet