
Avec l’aimable autorisation de l’artiste.
Exposée dans le cadre des Rencontres d’Arles à l’Espace Monoprix, Magali Paulin remporte le prix du jury de la Fondation Louis Roederer pour son projet Matières, fantômes. Un travail qui révèle les marques et les traces laissées par l’histoire coloniale sur nos paysages urbains contemporains. Mallory Lowe Mpoka, quant à elle, remporte le prix du public pour son exposition Cosmologie des héritières.
Ce vendredi 10 juillet, à l’occasion de la troisième soirée au Théâtre antique, Magali Paulin a été nommée lauréate du prix du jury de la Fondation Louis Roederer. Lancé en 2021, ce prix a pour vocation de promouvoir et d’accompagner les artistes émergent·es dans la monstration et le développement de leurs œuvres. Chaque année, une exposition collective déployée dans le cadre des Rencontres d’Arles réunit plusieurs artistes sélectionné·es, sous le regard d’un·e commissaire invité·e. Pour cette édition 2026, c’est Nadine Hounkpatin qui assure ce rôle, celle dont la pratique « collaborative œuvre à l’écriture d’une histoire de l’art plus inclusive et décentrée », lit-on dans un communiqué du festival.
Le prix du jury récompense une artiste et la structure qui l’accompagne, assorti d’une dotation de 15 000 euros. Magali Paulin en est la lauréate cette année, pour son exposition Matières, fantômes. Le prix du public, doté de 5 000 euros, revient quant à lui à Mallory Lowe Mpoka, pour son exposition Cosmologie des héritières.
Saisir ce qu’il faut déconstruire
À travers ses images, Magali Paulin capte, dans le temps présent, les marques d’un sombre passé. Avec Matières, fantômes, elle révèle comment, encore aujourd’hui, on continue de célébrer, malgré les crépis, la ruine et la pierre qui s’abîme, les vestiges d’une ère coloniale infernale. Dans le silence et les contrastes du noir et blanc, le bruit d’une déconstruction approche : celui d’une nouvelle ère décoloniale, de nouveaux récits, de nouveaux mondes à relire pour ne pas oublier, ne pas resombrer, mais se doter de lumière contre l’obscurantisme et l’effroi.