
Avec l’aimable autorisation de l’artiste.
Le prix de la photo Madame Figaro, dédié aux femmes photographes émergentes, soutenu par Kering, a récompensé, à l’occasion des Rencontres d’Arles, le travail de Mallory Lowe Mpoka, pour son projet Cosmologie des héritières.
Créé en 2016, le prix photo Madame Figaro à Arles récompense chaque année une femme photographe dont le travail « associe excellence, originalité et vision du monde ». Ce jeudi 9 juillet, à l’occasion des Rencontres d’Arles, c’est le travail de Mallory Lowe Mpoka qui a été distingué pour son projet Cosmologie des héritières. Présidé par Isabelle Huppert, le jury de cette 9e édition – composé notamment de Lolita Chammah, Jeanne Damas, Caroline de Maigret, Alice Winocour, Aliocha Schneider et Kamel Mennour – a salué son œuvre polymorphe d’une grande poésie. Le prix permettra à la lauréate de réaliser une série dans les pages du magazine Madame Figaro et recevra une dotation de 10 000 euros, avec le soutien de Women in Motion, le programme lancé par Kering.
Tisser le fil de l’héritage
Dans son projet, présenté à l’espace Monoprix, au sein d’une exposition collective, Mallory Lowe Mpoka dévoile quatre œuvres singulières qui résonnent en parfaite harmonie : Trilogia, le diptyque Procession I et Procession II, et le film She Who Summons – Celle qui invoque. En mêlant les formes et les matières, les techniques et les outils, l’artiste belgo-camerounaise produit des œuvres à la portée symbolique forte. L’une d’entre elles, d’une grande minutie, porte le portrait tissé de sa grand-mère – issu de ses archives personnelles – rehaussé de perles de verre apposées à même le tissu. Le résultat, d’une préciosité rare, révèle la richesse de sa culture et son rapport au lien maternel, perlé d’amour et de mystère.
À travers ses œuvres, Mallory Lowe Mpoka convoque son passé et celui de ses ancêtres femmes – ces matriarches dont elle convoque l’histoire pour mieux comprendre la sienne, se reconnecter à cette source pure de la féminité. Elle parle aussi de la colonisation au Cameroun, des rapports de force qu’elle retravaille, déconstruit, brise, pour créer une nouvelle histoire : celle des sien·nes. « L’image devient alors un lieu de passage : entre générations, entre corps, entre histoire intime et histoire collective », écrit Nadine Hounkpatin, commissaire de l’exposition.