Peindre le paysage

18 décembre 2019   •  
Écrit par Lou Tsatsas
Peindre le paysage

Véritables tableaux photographiques, les Visions passéistes de Nicolas Seurot célèbrent la splendeur de la nature. Une série en résonance avec les œuvres des peintres des siècles derniers.

Après avoir photographié les cow-boys du Texas, Nicolas Seurot s’est tourné vers le fine art. À 46 ans, cet artiste et ancien directeur artistique n’hésite pas à faire évoluer son approche du 8e art, pour construire des projets tout en contraste. « Ma carrière m’a nourri pendant de longues années d’une multitude d’images hétéroclites. Je n’ai pas envie de rester enfermé dans un seul style. Je cherche constamment à créer de nouvelles choses, raconter de belles histoires », explique-t-il.

Shootées au cours de nombreux voyages, sesVisions passéistes proposent une évasion dans la nature méritée. « Les travaux dans les communautés – comme ma série HeeHaw – sont toujours très intenses pour moi, car j’éprouve toujours une immense timidité à photographier l’humain », confie l’artiste. Perdu dans des terres indomptées, en revanche, il prend le temps d’observer l’environnement, et de capter des espaces évoquant une douce nostalgie. À la recherche d’une beauté universelle, il réalise des tableaux photographiques, jouant avec les lumières, les couleurs et les techniques d’impression.

© Nicolas Seurot

Un retour à la nature

« J’intègre à mes images des fonds de différentes matières que je confectionne avant de les imprimer avec des encres pigmentaires sur du papier coton – le plus souvent japonais »,

précise Nicolas Seurot. Une préparation minutieuse lui permettant de créer une collection de photographies ressemblant à s’y méprendre à des peintures. Inspiré par les toiles du 17e au 19e siècle, l’auteur transporte ses panoramas dans un passé pittoresque. Une résonance fascinante entre notre monde moderne et le retour à la nature encouragé par certains artistes du 18e siècle, qui, se distançant du siècle des Lumières, préféraient représenter un monde sauvage plutôt que civilisé.

Alors populaire, la peinture de paysage évoquait le besoin d’une connexion entre l’homme et la terre. Une relation aujourd’hui fragile. Si le photographe salue la dextérité technique de ces artistes : « je pourrais flâner des heures dans les musées à me nourrir des tableaux de Joseph Vernet, Joseph Turner, ou encore François Boucher. Ils possèdent une esthétique hallucinante. La composition, la retranscription des lumières sont telles que ces peintres sont à leur manière des photographes des siècles passés », précise-t-il, le besoin de magnifier la nature s’inscrit dans notre histoire contemporaine. Ces espaces luxuriants, laissés intacts par l’homme deviennent ici des lieux presque sacrés, intimidants dans leur splendeur intemporelle. Le reflet d’une planète autrefois abondante, devenue aujourd’hui dangereusement vulnérable.

© Nicolas Seurot

© Nicolas Seurot© Nicolas Seurot

© Nicolas Seurot

© Nicolas Seurot© Nicolas Seurot

© Nicolas Seurot

© Nicolas Seurot© Nicolas Seurot

© Nicolas Seurot

© Nicolas Seurot

Explorez
Festival Mondes en commun 2026 ou les empreintes en repères
© Yasmina Benabderrahmane
Festival Mondes en commun 2026 ou les empreintes en repères
Pour la 3e édition du festival Mondes en commun du musée départemental Albert-Kahn, ce sont onze photographes qui déploient leurs œuvres...
30 mai 2026   •  
Écrit par Ana Corderot
BMW ART MAKERS : les vitraux organiques de Lara Tabet et Yasmine Chemali
Les Aygalades (détail), Bactériographie, impression UV sur verre, 2026 © Lara Tabet / BMW ART MAKERS
BMW ART MAKERS : les vitraux organiques de Lara Tabet et Yasmine Chemali
Lauréates du programme de mécénat BMW ART MAKERS 2026, l’artiste Lara Tabet et la commissaire Yasmine Chemali explorent les eaux...
29 mai 2026   •  
Écrit par Cassandre Thomas
Les Rencontres de Niort 2026 : nos urgences contemporaines
Piton Carré, massif du Vignemale, 2021, série De glace © Grégoire Eloy
Les Rencontres de Niort 2026 : nos urgences contemporaines
Jusqu’au 31 mai 2026, les Rencontres de la jeune photographie internationale de Niort 2026 dévoilent leur nouvelle édition. Cette année...
20 mai 2026   •  
Écrit par Fabrice Laroche
Les images de la semaine du 4 mai 2026 : en immersion !
Missingu, œuvre évolutive. 50 à 450 tirages 25 × 20 cm sur papier washi kozo 1 g. Structures suspendues, exposition NÉO-ANALOG. © Laurent Lafolie
Les images de la semaine du 4 mai 2026 : en immersion !
C’est l’heure du récap ! Alors que les pellicules de nos smartphones se remplissent chaque jour d’innombrables images, les artistes de la...
13 mai 2026   •  
Écrit par Esther Baudoin
Nos derniers articles
Voir tous les articles
La jeunesse syrienne en exil dans l'œuvre d'Ameen Abo Kaseem
© Ameen Abu Kaseem
La jeunesse syrienne en exil dans l’œuvre d'Ameen Abo Kaseem
Ameen Abo Kaseem explore, à travers la photographie, les traces laissées par l'exil, la guerre et les déplacements forcés. Né entre...
Il y a 11 heures   •  
Écrit par Costanza Spina
Portrait(s) 2026 : David LaChapelle en majesté à Vichy
This is my house, New York, 1997 © David LaChapelle
Portrait(s) 2026 : David LaChapelle en majesté à Vichy
Jusqu'au 4 octobre 2026, le festival Portrait(s) investit la ville de Vichy pour sa quatorzième édition. Cette année, le photographe...
25 juin 2026   •  
David Hockney, l’appareil photo comme pinceau
David Hockney and his dachshunds Stanley and Boodgie, Los Angeles, 1995 © David Hockney Photo Credit: Richard Schmidt
David Hockney, l’appareil photo comme pinceau
Décédé le 11 juin 2026 à l’âge de 88 ans, David Hockney laisse derrière lui une œuvre monumentale où la peinture, le dessin et les...
22 juin 2026   •  
Écrit par Cassandre Thomas
Watching TV : Olivier Culmann et l'histoire des regards perdus
Watching TV © Olivier Culmann
Watching TV : Olivier Culmann et l’histoire des regards perdus
Dans Watching TV, Olivier Culmann montre différents regards, ceux hypnotisés, et l’histoire qui émerge à travers les téléviseurs. 
19 juin 2026   •  
Écrit par Annabelle GARBIGLIA