Sally Mann distinguée par le prestigieux Prix Pictet

15 décembre 2021   •  
Écrit par Lou Tsatsas
Sally Mann distinguée par le prestigieux Prix Pictet

Le 15 décembre 2021, le Prix Pictet a dévoilé le nom de sa nouvelle lauréate : Sally Mann. La photographe américaine s’est appuyée sur le thème de l’édition – le feu – pour réinterpréter l’histoire glaçante de son propre pays.

Initié en 2008, le Prix Pictet entend faire la promotion de thématiques engagées et environnementales, par le prisme de la photographie. À chaque cycle – d’environ 18 mois – l’événement international propose aux artistes de soumettre des projets inspirés par un sujet précis. Pour cette édition, c’est le feu qui a été imposé. Doté de 100 000 CHF (soit environ 92 000 euros), le prix s’impose comme l’un des plus prestigieux à ce jour. Et ce 15 décembre, la lauréate 2021 a été annoncée, au sein du Victoria and Albert Museum de Londres : Sally Mann. L’autrice américaine est exposée, aux côtés des finalistes – Joana Hadjithomas et Khalil Joreige, Rinko Kawauchi, Sally Mann, Christian Marclay, Fabrice Monteiro, Lisa Oppenheim, Mak Remissa, Carla Rippey, Mark Ruwedel, Brent Stirton, David Uzochukwu et Daisuke Yokota – au cœur du musée, jusqu’au 9 janvier.

Un travail à plusieurs strates

Connue pour ses photographies familiales et sa représentation intimiste du sud des États-Unis, Sally Mann s’est intéressée, dans Blackwater, aux incendies ayant ravagé la zone marécageuse située entre les États de Virginie et de Caroline du Nord – appelée Great Dismal Swamp, ou « grand marais lugubre ». Un lieu marqué par une histoire lourde : c’est à cet endroit que les premiers navires remplis d’esclaves avaient amarré en Amérique. Dans une œuvre sombre, sale, comme souillée par le poids du passé, Sally Mann fait de Blackwater un travail à plusieurs strates. Entre la suie des feux sauvages et la crasse des pires débordements de l’homme, elle tisse des ponts, creuse des parallèles et fait dialoguer la décimation provoquée par la nature au feu symbolique du mouvement des droits civiques, survenu dans les années 1960.

« L’été dernier, nous avons été submergé·e·s par d’images d’incendies ravageurs… Bien entendu, le feu est un élément des plus capricieux, et ses nombreux visages étaient présents dans les créations des finalistes (…) La série de Sally Mann, plus particulièrement, s’impose comme une réinterprétation du processus photographique, mis au profit d’une histoire contemporaine glaçante. À l’issue d’un débat riche, les jurés étaient unanimes dans leur décision : elle mérite tout à fait sa victoire », commente Sir David King, président du jury.

© Sally Mann© Sally Mann
© Sally Mann© Sally Mann
© Sally Mann© Sally Mann

© Sally Mann

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