Sophie Calle, étrangeté et lapins nains : dans la photothèque de Caroline Heinecke

16 février 2024   •  
Écrit par Apolline Coëffet
Sophie Calle, étrangeté et lapins nains : dans la photothèque de Caroline Heinecke
Un événement photographique que tu n’oublieras jamais ? © Caroline Heinecke
Si tu devais ne choisir qu’une seule de tes images, laquelle serait-ce ? © Caroline Heinecke

Des premiers émois photographiques aux coups de cœur les plus récents, les auteurices publié·es sur les pages de Fisheye reviennent sur les œuvres et les sujets qui les inspirent particulièrement. Aujourd’hui, Caroline Heinecke nous plonge dans son univers singulier, fait de couleurs vives et de compositions insolites

Si tu devais ne choisir qu’une seule de tes images, laquelle serait-ce ?

« Headless match » de ma série Masters of Things.

La première photographie qui t’a marquée et pourquoi ?

« Amanda and her cousin Amy » de Mary Ellen Mark. Il me semble que j’ai découvert cette image très tôt, sur une carte postale, dans un musée d’art, et elle a immédiatement déclenché en moi plusieurs sentiments en même temps. D’une part, je l’ai trouvée repoussante et triste et, d’autre part, j’ai été impressionnée par la nonchalance et le regard d’adulte cool de la jeune fille qui fume.

Un shooting rêvé ?

Une journée avec 100 lapins nains dans une prairie, et en faire une macro.

La première photographie qui t’a marquée et pourquoi ? © Caroline Heinecke
Un shooting rêvé ? © Caroline Heinecke
Un ou une artiste que tu admires par-dessus tout ? © Caroline Heinecke

Un ou une artiste que tu admires par-dessus tout ?

Hilma af Klint.

Une émotion à illustrer ?

Le dégoût.

Un genre photographique, et celui ou celle qui le porte selon toi ?

La photographie conceptuelle, celle de Cindy Sherman et Sophie Calle.

Un territoire, imaginaire ou réel, à capturer ?

Le pays du lait et du miel. Il s’agit d’un lieu fictif tiré de divers contes de fées où tout est accessible en abondance. Là-bas, le lait, le miel et le vin coulent dans le lit des rivières, à la place de l’eau. Tous les animaux sautent et volent, ils sont précuits et prêts à être mangés. Les maisons sont faites de gâteaux. Les pierres sont remplacées par du fromage.

Une émotion à illustrer ? © Caroline Heinecke
Un genre photographique, et celui ou celle qui le porte selon toi ? © Caroline Heinecke
Un territoire, imaginaire ou réel, à capturer ? © Caroline Heinecke

Une thématique que tu aimes particulièrement aborder et voir aborder ?

L’étrangeté humaine.

Un événement photographique que tu n’oublieras jamais ?

L’exposition d’Arthur JafaLive Evil, présentée à Arles, en 2022.

Une œuvre d’art qui t’inspire particulièrement ?

Fotonotities de Hans Eijkelboom. À partir de 1992, il se lance dans l’élaboration de ses Fotonotities, reprenant discrètement la main sur le boîtier. Ces tentatives photographiques se déroulent dans les rues commerçantes animées des grandes villes, lors de sessions qui durent entre vingt minutes et quatre heures. Dans des endroits comme Arnhem et Amsterdam, ainsi que dans d’autres paysages urbains néerlandais, son objectif capture les passants, documentant leurs vêtements, leurs gestes et leurs routines à travers des critères redéfinis quotidiennement. Il en résulte un vaste ensemble de tirages, méticuleusement présentés en fonction de motifs, de jours et d’années, composant un « atlas des rues » particulier. Ses projets approfondissent l’évolution et l’existence d’images idéalisées et imaginaires, en explorant les clichés photographiques, les préjugés et les processus impliqués dans la formation de types et la comparaison, qui servent tous d’éléments structurants fondamentaux.

Une thématique que tu aimes particulièrement aborder et voir aborder ? © Caroline Heinecke
Une œuvre d’art qui t’inspire particulièrement ? © Caroline Heinecke
À lire aussi
Les tableaux insolites et colorés de Caroline Heinecke 
© Caroline Heinecke
Les tableaux insolites et colorés de Caroline Heinecke 
Les compositions de Caroline Heinecke jouent des couleurs, des formes et des agencements pour donner à voir des séquences singulières.
17 novembre 2023   •  
Écrit par Apolline Coëffet
Empathie, limules et changement climatique : dans la photothèque d’Alice Pallot
Si tu devais ne choisir qu’une seule de tes images, laquelle serait-ce ? © Alice Pallot
Empathie, limules et changement climatique : dans la photothèque d’Alice Pallot
Aujourd’hui, Alice Pallot nous ouvre les portes de son imaginaire aussi engagé que poétique. À travers ses inspirations et ses…
24 janvier 2024   •  
Écrit par Cassandre Thomas
Explorez
Vigilance : une histoire de la prévention et de la sécurité en entreprise
© Couverture du magazine Vigilance, n°41, un monteur et ses gants isolants, Michel Crépin, septembre 1971. Avec l’aimable autorisation des archives EDF.
Vigilance : une histoire de la prévention et de la sécurité en entreprise
Comme chaque année, les Rencontres d’Arles proposent des expositions faisant la part belle aux archives. En 2026, nous retrouvons...
29 juillet 2026   •  
Écrit par Apolline Coëffet
Jean Marie del Moral et sa collection d’artiste(s)
Monique Frydman © Jean Marie del Moral
Jean Marie del Moral et sa collection d’artiste(s)
Du 30 mai au 1er novembre 2026, le centre d’art Contemporain Bouvet Ladubay situé à Saumur nous propose une immersion au cœur des...
28 juillet 2026   •  
Écrit par Esther Baudoin
Fragile beauté, une exposition à la sensibilité débordante 
©Ryan-McGinley-Dakota-Hair
Fragile beauté, une exposition à la sensibilité débordante 
Jusqu'au 27 septembre, le Jeu de Paume ouvre ses portes à la collection de Sir Elton John et David Furnish. L'exposition, intitulée...
21 juillet 2026   •  
Écrit par Annabelle GARBIGLIA
Eyes of the Storm - Paul McCartney photographe, 1963-64 le calme avant la tempête
Paul McCartney, Autoportrait, Londres, 1963 © 1963-1964 Paul McCartney sous licence exclusive de MPL Archive LLP
Eyes of the Storm – Paul McCartney photographe, 1963-64 le calme avant la tempête
Jusqu'au 3 janvier 2027, le musée Granet accueille Eyes of the Storm, une exposition consacrée à une facette méconnue de Paul McCartney...
04 juillet 2026   •  
Écrit par Ana Corderot
Nos derniers articles
Voir tous les articles
Justine Tjallinks : renverser les codes de beauté 
© Justine Tjallinks
Justine Tjallinks : renverser les codes de beauté 
Dans Vision, Justine Tjallinks capture avec singularité la différence, en prenant son inspiration dans la peinture ancienne du siècle...
31 juillet 2026   •  
Écrit par Annabelle GARBIGLIA
Thato Toeba : matérialiser les fractures
© Thato Toeba
Thato Toeba : matérialiser les fractures
Dans l'exposition Anyone Can Be Lucifer, aux Rencontres d'Arles, Thato Toeba dévoile un corpus artistique engagé, déboulonnant des...
30 juillet 2026   •  
Écrit par Deng Qiwen
Le 7 à 9 Chanel : Aïda Muluneh, et les créations comme des messages sur le monde
This Bloom I Borrow, 2026. © Aïda Muluneh
Le 7 à 9 Chanel : Aïda Muluneh, et les créations comme des messages sur le monde
Pour l'édition estivale des 7 à 9, des rencontres organisées par Chanel au Jeu de Paume, la photographe et curatrice éthiopienne Aïda...
29 juillet 2026   •  
Écrit par Ana Corderot
Vigilance : une histoire de la prévention et de la sécurité en entreprise
© Couverture du magazine Vigilance, n°41, un monteur et ses gants isolants, Michel Crépin, septembre 1971. Avec l’aimable autorisation des archives EDF.
Vigilance : une histoire de la prévention et de la sécurité en entreprise
Comme chaque année, les Rencontres d’Arles proposent des expositions faisant la part belle aux archives. En 2026, nous retrouvons...
29 juillet 2026   •  
Écrit par Apolline Coëffet