Superfacial : la célébrité selon Audrey Tautou

29 novembre 2024   •  
Écrit par Marie Baranger
Superfacial : la célébrité selon Audrey Tautou
© Audrey Tautou
Audrey Tautou se prenant en photo dans un miroir.
© Audrey Tautou
Un noix de coco adressée à Audrey Tautou.
© Audrey Tautou

Le 29 novembre 2024 marque le retour d’Audrey Tautou. Non pas sur les grands écrans des salles sombres, là où on avait l’habitude de la voir, mais sur les étagères des librairies et des boutiques Fnac. L’actrice, qui révélait sa pratique photographique aux Rencontres d’Arles 2017, dévoile son livre Superfacial, publié aux éditions Fisheye. Dans cet écrin d’intimité, mêlant textes personnels, images et autres surprises étonnantes, elle questionne son statut de star avec humour et profondeur.

Audrey Tautou avertit dès les premières pages de son ouvrage Superfacial, publié aux éditions Fisheye « Madame, monsieur, tenez-vous bien, je suis une star. Mais une vraie », écrit-elle. Le point de départ de son travail photographique et de ce livre, c’est bien sa célébrité qui s’invita soudainement dans sa vie. Une célébrité qu’elle interroge, qu’elle critique, qu’elle renverse et qu’elle embrasse.

Si tous les regards se sont tournés vers elle, l’actrice décide de pointer ses propres yeux sur ce qu’elle est réellement, au-delà de ce qu’elle incarne. Elle se désape, brise la distance. Avec humour, elle se met en scène, raconte ses tournages dans des carnets à spirales, détaille une liste de choses à faire : « Mettre mes photos dans un album. Arrêter de fumer. Écrire mon livre. Pratiquer régulièrement mon piano afin de parvenir à jouer un morceau de Chopin sans fourcher. Répondre à mon courrier (de fans). » Des lettres – et dessins – de ses admirateurices, d’ailleurs qui conversent avec ses autoportraits, tantôt intime, pris sur le vif au détour d’un miroir ou d’une ombre, tantôt réfléchis, où elle revêtit d’un uniforme de cirque ou de lunettes extravagantes, histoire de rappeler qu’elle vient du monde du cinéma. Car si aujourd’hui, elle arrive à se « mettre à nu » avec autant d’aisance, c’est bien parce qu’elle « ne souhaite pas éteindre les projecteurs, confie-t-elle à la dernière page. Je ne crains plus les regards. Mon image me précédera toujours, mais j’ai ôté le beau costume qu’on m’avait taillé sur mesure. »

Carnet d'Audrey Tautout tenu par deux mains
© Audrey Tautou
Audrey Tautou avec un costume de cirque et une fausse moustache
© Audrey Tautou
Passants de dos sur la plage
© Audrey Tautou
Personne aux cheveux organe de dos promenant son chien
© Audrey Tautou

Devenir spectatrice

Face à sa popularité précoce, Audrey Tautou souhaite renaître en tortue de Floride. « Ce petit animal incarnait le refuge idéal. Anonyme, discret, inoffensif, délicat et avec quelques grammes d’exotisme », crayonne la comédienne. Elle trouve dans la photographie une carapace, une façon d’inverser le regard. L’œil dans le viseur d’un polaroid ou d’un rollei 35, elle s’empare de l’image des autres. C’est ainsi qu’elle tire le portrait de plus de 500 journalistes du monde entier qui l’ont interviewée durant la promotion de ses films. Ces photographies sont accompagnées de tableau de conjugaison du verbe « médiatiser », pour interroger ce processus. Elle le fait également pendant ses pérégrinations dans la rue : « Alors je me tapis derrière vous. En silence. À votre insu. Je vous suis et vous observe à l’abri de vos regards. Je vous vole une image », avoue-t-elle. Des dos, des cheveux colorés, des chiens en promenade, Audrey Tautou révèle les anonymes qui pourraient savoir qui elle est. Toujours subtilement. Elle ajoute : « Celles et ceux qui vous connaissent vous reconnaîtront. Même sans visage. » Ainsi, au fil des pages de Superfacial, l’actrice se réapproprie son image, expose son regard, sa plume, elle devient la réalisatrice de sa propre existence.

Mosaïque de polaroid
© Audrey Tautou
© Audrey Tautou
© Audrey Tautou
© Audrey Tautou
un chien dans les bras de passants de dos
© © Audrey Tautou
© Audrey Tautou
280 pages, 38 €
Hardcover, reliure bodonienne
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