Les coups de cœur #346

21 juin 2021   •  
Écrit par Lou Tsatsas
Les coups de cœur #346

Tous deux inspirés par les arts, Nikita Schukin et Andrea Calandra, nos coups de cœur #346, développent des écritures et des récits divergents. L’un laisse parler sa spontanéité, et l’autre s’inspire d’une mystérieuse spiritualité.

Nikita Schukin

« Je ne sais toujours pas comment mon amour pour la photographie est né. C’est arrivé, à cause d’une série d’accidents. Un jour ordinaire, je suis allé me promener dans un parc, et j’y ai découvert une boutique abandonnée. Quelque chose m’a poussé à la prendre en photo. En rentrant, j’ai regardé mes images, et elles m’ont fasciné. J’ai alors réalisé que je ne devais jamais abandonner ce médium »,

raconte Nikita Schukin. Âgé de 20 ans, l’auteur étudie aujourd’hui le 8e art et la peinture à l’université d’art d’Abkhazie. Là-bas, il développe une approche spontanée, ponctuée par des couleurs et des émotions. « J’ai commencé en dessinant des story-boards, en imaginant des scénarios. Puis, j’ai compris que la photographie était une improvisation », précise-t-il. Inspiré par les peintres impressionnistes et expressionnistes, Nikita Schukin imagine des œuvres alambiquées, où les nuances deviennent « empoisonnées » et les compositions singulières. Intrigué par le portrait, l’artiste place ses modèles dans des mises en scène mystérieuses, et propose, une immersion dans une sensation vive et éclatante. « Cette année, j’ai décidé de m’éloigner de ce que je shoote habituellement, pour m’essayer à la street photography. Je souhaite me concentrer sur les compositions, et les contrastes entre ombres et lumières. Je veux distiller de l’esthétisme dans toutes mes créations – un écho à la culture japonaise qui m’inspire depuis quelque temps déjà », poursuit-il.

© Nikita Schukin© Nikita Schukin

© Nikita Schukin

© Nikita Schukin© Nikita Schukin

© Nikita Schukin

Andrea Calandra

Né en 1985 à Rome, Andrea Calandra partage aujourd’hui son temps entre commandes photographiques et projets personnels. Fasciné par les récits, il voyage et documente les cultures et les histoires qu’il croise sur son chemin. C’est à Togo qu’il réalise Voodoo: a parallel reflection, un projet inspiré par les rituels venus de l’Afrique de l’Ouest. « Toucher à la dimension spirituelle est très difficile. L’animisme n’est qu’un mot, un contenant englobant un grand nombre de réalités, de rituels, de traditions, et de manières de vivre. J’ai décidé d’approcher cette notion comme le ferait une personne curieuse, tout simplement. Lors de mes deux périples au Togo, j’ai été étonné de voir que la magie ne se cachait pas simplement derrière des rituels, mais qu’elle infusait chaque geste du quotidien. J’ai alors commencé à l’appeler « réalisme magique africain », en référence aux écrits de Gabriel Garcia Marquez, qui me rappelaient cette ambiance », raconte l’auteur. Brute, intrigante, sa série se lit comme une ode à ce territoire inconnu, ces moments infimes, qui font basculer les croyances dans le réel. « Ces répétitions d’instants m’ont immergé de plus en plus dans cet univers, tout en accentuant mon respect pour ce monde ancestral », ajoute-t-il. Influencé par la musique, Andrea Calandra envisage désormais de poursuivre sa documentation du vaudou au cœur d’un projet hybride, mêlant image et son.

© Andrea Calandra© Andrea Calandra

© Andrea Calandra

© Andrea Calandra© Andrea Calandra

© Andrea Calandra

Image d’ouverture : © Nikita Schukin

Explorez
Hommage à Marie-Jo Lafontaine : du noir et blanc à l'éclat du monochrome
Marie-Jo Lafontaine © Département du Nord
Hommage à Marie-Jo Lafontaine : du noir et blanc à l’éclat du monochrome
Jusqu’au 27 septembre 2026, le musée de Flandre, à Cassel, consacre la rétrospective Tout ange est terrible à Marie-Jo Lafontaine....
12 juin 2026   •  
Écrit par Fabrice Laroche
La sélection Instagram #559 : des histoires de cheveux
© nadiavonscotti / Instagram
La sélection Instagram #559 : des histoires de cheveux
Cette semaine, il est question de cheveux. Symboles identitaires et politiques, les cheveux sont bien plus que de simples accessoires....
09 juin 2026   •  
Écrit par Esther Baudoin
Lillian Bassman et Sheila Metzner, deux avant-gardes de la photographie de mode
The Passion of Rome, Fendi, From Life, 1986© Sheila Metzner, courtesy la Galerie Rouge Paris
Lillian Bassman et Sheila Metzner, deux avant-gardes de la photographie de mode
Jusqu’au 19 septembre 2026, la Galerie Rouge pare ses murs de tirages signés Lillian Bassman et Sheila Metzner. Figures majeures de la...
08 juin 2026   •  
Écrit par Apolline Coëffet
SMITH établit son laboratoire expérimental au MAC VAL
Sans titre, in "Dami (Fulmen)", 2023. Thermogramme sur aluminium brossé. Courtesy Galerie Christophe Gaillard © SMITH
SMITH établit son laboratoire expérimental au MAC VAL
Dans le cadre du Bicentenaire de la Photographie, le MAC VAL met à l’honneur le travail de SMITH à travers une exposition intitulée Ici...
06 juin 2026   •  
Écrit par Esther Baudoin
Nos derniers articles
Voir tous les articles
Anna Leonte Loron réinvente les représentations des femmes à table
© Anna Leonte Loron
Anna Leonte Loron réinvente les représentations des femmes à table
Avec Les Femmes ont faim, la photographe Anna Leonte Loron explore les liens entre plaisir, alimentation et représentations féminines....
13 juin 2026   •  
Écrit par Costanza Spina
Khames Alrefi, lauréat du Visa d’or humanitaire du CICR 2026 
Gaza City - Al-Tuffah Neighborhood © Khames Alrefi
Khames Alrefi, lauréat du Visa d’or humanitaire du CICR 2026 
Le photojournaliste Khames Alrefi reflète la destruction de Gaza à travers son projet Civilians: The First Victims. Ses images montrent...
12 juin 2026   •  
Écrit par Annabelle GARBIGLIA
Boby s’empare de l’instax mini Evo Cinema™ et de l’instax Wide Evo™ !
© Boby
Boby s’empare de l’instax mini Evo Cinema™ et de l’instax Wide Evo™ !
Depuis les quatre coins de la planète, Boby a capturé des souvenirs instantanés à l’aide de deux boîtiers instax™ de la série Evo : le...
12 juin 2026   •  
Écrit par Cassandre Thomas
Hommage à Marie-Jo Lafontaine : du noir et blanc à l'éclat du monochrome
Marie-Jo Lafontaine © Département du Nord
Hommage à Marie-Jo Lafontaine : du noir et blanc à l’éclat du monochrome
Jusqu’au 27 septembre 2026, le musée de Flandre, à Cassel, consacre la rétrospective Tout ange est terrible à Marie-Jo Lafontaine....
12 juin 2026   •  
Écrit par Fabrice Laroche