Sous ces journées pluvieuses qui enveloppent les ponts de mai, l’heure est au souvenir. Entre la contemplation de nos albums photo de famille et la lecture de vieilles cartes postales, les photographes de la semaine nous proposent de prendre le temps d’admirer ce qui nous entoure et de se rappeler le passé, qu’il s’agisse de notre vécu personnel ou de notre histoire commune.
@agatherozierr
Un voyage au XVIIIème siècle, c’est ce que nous propose Agathe Rozier sur son compte Instagram. Avec cette série intitulée « Julie Suzanne dans son boudoir », la photographe met en scène cette pièce fantasmée associée à la féminité qu’est le boudoir. Dissimulé derrière les salons, le boudoir s’échappe de l’espace et s’isole du temps, permettant à celles et ceux qui s’y retirent de s’y retrouver en toute intimité. La photographe s’inspire ici des peintures de l’époque. Vêtue de lingerie et coiffée de plumes, la femme, qu’elle soit dame mondaine ou courtisane, y est représentée dans toute sa liberté.


@ph.lindamoro
Avec ces deux photographies, Linda, sous le pseudonyme @ph.lindamoro, confère au portrait classique une profondeur supplémentaire. La superposition de plusieurs images sur une même photo permet à celui ou celle qui la contemple de voir au-delà d’un simple visage et de s’imaginer les pensées du sujet photographié. Là où le papillon peut faire écho à la nature, la liberté ou la créativité, le regard de la femme qui se tient seule face à l’océan paraît rempli de tristesse et de nostalgie. Le temps semble s’arrêter, l’heure est à l’introspection.


@tarasperevarukha
Taras Perevarukha immortalise des paysages qu’il imprime sur papier washi, un papier traditionnel japonais. En photographiant les nuages, les oiseaux, la montagne et les éléments en rapport à l’eau, il nous intime de nous attarder sur ce qui nous entoure et nous échappe parfois, dans la frénésie du quotidien. Ses œuvres, exposées sous la forme d’assemblages, forment des compositions qui dialoguent entre elles. Elles célèbrent la nature avec poésie.


@puck_verheul
Derrière le pseudonyme @puck_verheul, la photographe nous plonge dans le passé à travers ses images de portraits et d’accessoires phares du vestiaire féminin d’antan. Ses photos sont un parfait mélange entre tirages anciens et croquis au fusain. Dans ce portrait inspiré d’une nouvelle d’Edgar Allan Poe ainsi que sur cette image de chaussures, elle met en valeur des pièces de créateur·ice·s actuel·le·s, elles-mêmes inspirées de vêtements d’archives. Une manière de rendre hommage aux techniques du passé et à l’artisanat.


@jeflotteseule
La photographe du compte Instagram @jeflotteseule propose un travail en noir et blanc, hors du temps. Sur ces deux images, on aperçoit d’abord un autoportrait de l’artiste en compagnie de sa grand-mère. Vêtues de robes simples, les deux femmes prennent place face à l’objectif tout comme le faisaient nos ancêtres dans leur photos de famille du siècle passé. La deuxième image montre quant-à-elle un polaroid de l’artiste avec un·e ami·e. Support rétro par excellence, le polaroid est mis en scène avec du papier déchiré et d’anciennes lettres, inscrivant la photographie dans une époque révolue, mais difficilement datable.

