
WNTS et Daria Nazarova, nos coups de cœur de la semaine, traitent de la représentation des corps et du mouvement. Toutes deux inspirées par la danse, le surnaturel et la magie, elles se servent du corps, tantôt pour proposer une réflexion sur nos capacités d’abstractions, tantôt pour questionner les liens qui nous unissent.
Daria Nazarova
« Mon premier souvenir lié à la photographie remonte à quand je regardais les photos de famille sur lesquelles je figurais à l’âge de trois ans. J’ai l’impression que c’est à travers ces images que les souvenirs perdurent, car je ne me souviens plus réellement de ces moments en tant que tels. » Pour Daria Nazarova, qui a immigré en France depuis la Russie, puis en Géorgie, la photographie permet de perpétuer la mémoire. Ses compositions, issues d’un imaginaire qui lui est propre, mettent en scène les corps et les paysages. Alors qu’elle associe le paysage à la mélancolie, la nostalgie et à la solitude, les corps représentent au contraire les liens et les interactions. On retrouve dans le travail de la photographe une influence prégnante de la danse et de l’art en général. Ayant grandi au sein d’une famille d’artistes, entourée de tableaux, ses photographies colorées reprennent certaines références picturales, telles que le corps comme sujet ou bien des éléments de natures mortes. « Pour moi, la couleur joue un rôle essentiel. Elle m’aide à rendre compte des états émotionnels dans lesquels je suis avec le plus de précision possible. » À travers des images pleines de mystère, l’artiste traite de la vie comme d’un processus de dépassement des peurs, d’une succession de moments transitoires, de la naissance à la mort. L’ombre et la lumière font partie du processus, au sens propre comme au sens figuré, avec cette nécessité d’envisager que quelque chose de tendre et d’humain puisse émerger de l’obscurité.





WTNS
Des corps, la nature, des couleurs douces et bleutés, empruntées à l’imaginaire du rêve, tels sont les mots d’ordre qui guident la pratique photographique de l’artiste WTNS. D’origine franco-serbe, elle puise ses inspirations dans de nombreuses disciplines artistiques : la musique, la poésie, mais aussi le mouvement. « [Il] est très important dans mes photographies – un grand nombre d’entre elles provient de ma pratique vidéo. J’aime prendre en photo la danse, la contorsion, la lutte, la course, capter des élans. » Cette manière d’envisager le mouvement fait écho à la construction des séries de photographies de l’artiste. Elles racontent une histoire, à l’image des deux personnes que l’on aperçoit sur cette plage. Entre dispute et jeu, libre interprétation est laissée à celui qui les contemple. L’artiste aime jouer avec le cadrage et le traitement des couleurs. Un détail d’une image peut ainsi être souligné sur une autre, créant un pont entre les différentes photos. « J’aime trouver des correspondances et des familiarités entre des éléments au sein d’une image, mais aussi entre les images. » À travers un travail qui se veut sensuel, froid et surréaliste, l’artiste souhaite amener à réfléchir sur l’utilisation de notre imagination et de notre libre arbitre, des facultés cognitives qui tendent à être mises de côté de nos jours. Une manière poétique de nous inviter à créer.




