Lou Kalliopi et Lola Rossi, nos coups de coeur de la semaine, s’attachent à photographier le paysage. D’une représentation surréaliste de l’environnement à des productions davantage brutes et concrètes, le paysage devient un espace de questionnement sur soi, sur ce que l’on s’autorise et ce qui nous trouble.

Lou Kalliopi
Architecte d’origine grecque, Lou Kalliopi explore à travers ses photographies les thèmes de la famille, de la culture et de l’héritage. La photo constitue pour elle un véritable moyen d’analyser le paysage et de« tisser des liens entre les espaces, les corps et les dynamiques humaines ». Dans ses photographies en noir et blanc, le contraste permet la mise en exergue du mouvement. L’image n’est pas figée, elle vit, soulignée par ses ombres qui confèrent au résultat final un aspect onirique et hors du temps. Ici, la sélection comprend des photographies issues de deux séries. L’une traite des relations familiales, notamment celles qui se tissent entre femmes à travers les générations, tandis que l’autre fait référence au rêve. À travers les paysages maritimes qu’elle capte, auxquels elle ajoute des dessins de statues antiques réalisés au crayon, la photographe donne à voir des scènes pleines de solitude, dont l’originalité nous pousse à la réflexion. « Ce qui m’intéresse, c’est le manque de contexte, que je cherche à accentuer afin de renforcer la possibilité pour chacun·e de s’y projeter et d’y reconnaître sa propre expérience », explique-t-elle.






Lola Rossi
Des images colorées prises sur les marchés, des photos de voitures poussiéreuses et des passant·es dans la rue, tels sont les sujets que choisit de représenter Lola Rossi, derrière le pseudonyme Dolores Pop. D’un voyage à Amsterdam qu’elle documente avec son premier boitier numérique reçu en cadeau à Noël, la photographe garde en elle cette volonté de capturer l’instant et d’immortaliser ce qu’elle voit dans toute sa réalité. Les couleurs ont une place de choix pour l’artiste. Vives et éclatantes, elles sont un moyen pour elle de guérir de ses tourmentes. La singularité de ses images réside dans leur aspect cru et rock, des caractéristiques qui « incarnent à l’image ce que (l’artiste) s’interdit dans la vie ». La poussière de la voiture devient alors sujet photographique à part entière, sa volatilité faisant écho à la liberté et au lâcher prise. Il en est de même pour cette femme qui glisse sur la rambarde d’un escalier en pleine ville, apparaissant totalement libérée dans ses mouvements. À travail son travail, Lola Rossi souhaite « arrêter le temps et faire en sorte que les paysages (qu’elle) capture restent en elle pour toujours.» Des images comme remèdes et souvenirs du temps qui passe.




