Cette semaine, Lili Leboch et Adèle Berthelin nos coups de cœur, révèlent ce qui gravite autour d’elles, ou ce qui vit aux marges. Toutes deux réinjectent de la poésie là où elle s’est parfois égarée.

Lili Leboch
Inspirée par « l’invisible et l’imperceptible », Lili Leboch, cherche dans le brouillard du monde des recoins spirituels, pour s’y immiscer et les révéler. Son premier souvenir en photographie remonte à l’adolescence, à un moment de bascule, où le rapport au corps se fait de plus en plus conflictuel. L’autoportrait opère alors comme un moyen de reprendre confiance en elle, pour comprendre tous ses contours. « Trouver ma véritable essence, au-delà des apparences », avoue-t-elle. C’est dans ce besoin de documenter qu’elle se lance plus sérieusement dans la photographie, afin de partager à présent les histoires d’autrui, le plus sincèrement possible. « Ce qui me fascine chez les gens, c’est leur besoin d’être aimés et entendus, enfouis au plus profond d’eux-mêmes. Parfois, il suffit de s’arrêter et de regarder autour de soi pour découvrir la multitude d’histoires qui habitent le cœur de chacun. Je vois ce qui se cache sous la surface : des mots non dits, des désirs secrets d’être remarqué, un besoin de réconfort. En chaque personne, je perçois la même affirmation silencieuse : le besoin d’être unique » Dans People of Light, elle part à la rencontre de celles et ceux qui font vivre la ville d’Istanbul. Des pêcheurs à l’affut de leur proie, des corps de vie pleine, des cafés bondés, des journaux qui recueillent l’actualité… Et dans tout ça, une volonté de capturer ce qui fait nous fait bouger, les liens qui se tissent entre les différentes grandes existences de ce monde.








Adèle Berthelin
C’est au cœur des albums photos de famille que le goût pour le 8e art est né chez Adèle Berthelin. Cette envie de créer s’est imposée, presque comme une nécessité afin de saisir ce qui l’entoure, l’encapsuler, déceler chez les un·es et les autres leur essence, donner du sens aux choses, et finalement, donner du sens à sa vie. « Pour moi, les autres et soi-même sont en constante résonance, comme un écho. C’est une relation mouvante, difficile à saisir, qui évolue sans cesse. J’essaie de cultiver un rapport sain et bienveillant avec les autres, et donc avec moi-même avoue-t-elle. La communication me semble essentielle : elle permet à la fois de mieux comprendre l’autre et de mieux me comprendre. » De façon instinctive, Adèle Berthelin révèle les pluralités du féminin. Dans sa galerie photo, les corps de femmes se libèrent et gravitent sans retenue aucune. Les peaux sont granuleuses, parfois imparfaites, elles témoignent de luttes physiques et psychiques, elles sont exposées au soleil et se collent aux autres peaux pour faire lien, compenser et s’équilibrer. Ici, tout est ultra-sensible, les lèvres s’embrassent, les draps recouvrent, les perles roulent dans le creux des ventres et les épines des roses piquent un peu, mais veulent être caressées. Dans ce doux foisonnement, Adèle Berthelin montre ce qui fait force et rempart aux affres du monde.




