
Ce mercredi 3 juin, les amateurs de photographie de mode se sont réunis au Palais Galliera pour découvrir les quatre nouveaux lauréats du prix Picto. Sans plus tarder, nous vous dévoilons le palmarès de cette édition 2026.
Depuis 1998, le prix Picto de la Photographie de mode récompense les artistes aux prémices de leur carrière par l’entremise de plusieurs dotations, elles-mêmes parrainées par différents acteurs de la création. « C’est un prix important pour les photographes, parce que Picto est une référence dans le domaine de la mode, souligne Valérie Belin, présidente du jury de cette édition 2026. Je trouve remarquable qu’un tel laboratoire poursuive ce prix coûte que coûte malgré les difficultés que rencontre aujourd’hui la photographie pour continuer d’exister, que ce soit en termes de production ou en termes d’adaptation à de nouvelles technologies, au marché… Il permet de découvrir des talents émergents et d’encourager des jeunes à continuer de s’emparer de ce médium et de le faire vivre. » C’est dans cette idée que, cette année encore, les membres du jury se sont réunis pour s’accorder sur quatre noms. Marie Blampain reçoit ainsi le grand prix Picto de de la Photographie de mode, Cassandre Lafon le19M de la Photographie des Métiers d’art, Jérémie Monnier la dotation Filippo Roversi et Ode celle de LGA Management / JANVIER. Dans ce cadre, certaines œuvres de chacun d’entre eux intégreront la collection du Palais Galliera. Par ailleurs, elles seront prochainement exposées au sein du musée parisien afin que le public puisse se plonger davantage dans ses univers éclectiques.


Audace et énergie
Lauréate du grand prix, Marie Blampain s’est distinguée des autres finalistes grâce à ses compositions, réalisées en studio, mettant en scène des êtres fragmentés, dépourvus de visage. « Ce projet m’a séduite parce que c’est une alliance de minimalisme et de détails très vivants, très espiègles, très justes. Son travail de la couleur est subtil », commente Valérie Belin. Dans la rue, et plus particulièrement sur les quais de métro, Cassandre Lafon, qui remporte le19M de la Photographie des Métiers d’art, joue également avec les nuances et les plans rapprochés. « Son profil nous a intéressés pour son utilisation de l’argentique qui, dans son cas, apporte quelque chose qui n’est pas anecdotique. Il s’agit d’un travail sur les matières, sur la couleur, sur la granulosité du film, qui forme un ensemble très convaincant », poursuit la présidente du jury. À l’image, la texture des vêtements comme celle de la peau apparaît à travers des vitres. Jérémie Monnier, qui reçoit la dotation Filippo Roversi, s’est quant à lui illustré dans le genre du portrait, proposant des œuvres tantôt monochromes, tantôt dans des tons solaires. « Là encore, il s’agit un travail assez minimal, basé sur le noir et blanc, le cadrage et l’expression du modèle, pour lequel il éprouve une empathie palpable. » Enfin, Ode a présenté une série en lien avec ses racines latino-américaines qui lui a valu la dotation LGA Maganement / JANVIER. « Cette hybridation entre des archétypes liés à la culture de son pays et l’humain nous a plu. Son énergie et son audace, pour une première production, nous ont séduits », achève notre interlocutrice.