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C’est l’heure du récap ! Alors que les pellicules de nos smartphones se remplissent chaque jour d’innombrables images, les artistes de la semaine utilisent la photographie comme un moyen d’interroger notre rapport au temps et à l’espace. Qu’il s’agisse de productions réalisées sur le temps long ou d’installations immersives, le spectateur est amené à questionner l’instantanéité des images qu’il consomme.
Robert Charles Mann, lorsqu’il travaille le solarigraphe, requiert au moins six mois pour réaliser une image. Ses photographies sont le produit d’une captation de la lumière entre le solstice d’hiver et le solstice d’été. Le photographe n’empêche ni le vent, ni les oiseaux d’altérer ses productions, permettant à la nature d’y laisser ses traces. Il préfère au contraire garder la spontanéité de l’instant présent sur les images qu’il crée.
Laurent Lafolie, de son côté, propose au spectateur une expérience encore plus immersive de la photographie. Il pense l’image en 3D et lui donne vie grâce à des installations qui invitent le spectateur à se déplacer et à appréhender ce qu’il voit sous ses aspects divers. Dans ses expérimentations plastiques, l’artiste accorde une place de choix à la matière. En témoigne sa recherche autour des papiers japonais, qu’il apprécie pour la précision de leur grammage, du plus léger au plus épais. Les suspensions qu’il réalise sur du papier tenguyoshi, dans son projet Missingu, virevoltent au gré du vent et suivent la musicalité de l’air, livrant ainsi une complète expérience sensorielle.
Robert Charles Mann, de son côté, mobilise l’ouïe du spectateur par une musique ambiante générative diffusée dans les salles d’exposition, qui rappelle le mouvement des astres sur les solarigraphes. La visite immersive est aussi au coeur du travail d’Eugénie Touzé, exposée au manoir de Soisay dans le cadre du parcours Arts et Patrimoine en Perche. L’artiste propose au spectateur cinq installations vidéo qui prennent place et se font écho au sein d’une grange. Enveloppé par les bruits de la nature qui s’échappent de cet ensemble, il questionne son rapport au temps et à son environnement. Une invitation à interroger notre sensibilité à l’égard de ce qui nous entoure.
Le photographe en immersion
Comme en témoigne la sélection Instagram de cette semaine, le photographe doit lui aussi s’investir pleinement dans les sujets qu’il capture. À l’image de celui qui documente les mouvements sociaux, le photographe doit, au-delà d’une simple représentation de l’instant présent, chercher à produire l’image la plus poignante et saisissante possible afin de véhiculer un message fort.