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C’est l’heure du récap ! Cette semaine, les images éveillent des réflexions profondes là où les mots font parfois défaut. En se saisissant de sujets de société et d’actualité parfois pesants, les photographes font de leur médium une passerelle essentielle vers de nouvelles prises de conscience.
C’est d’abord autour de la question du corps de la femme que les artistes se positionnent. Tandis que la Galerie Rouge rend hommage aux photographes de mode Sheila Metzner et Lillian Bassman, dont les compositions d’une délicatesse rare véhiculent néanmoins des standards de beauté révolus, empreints d’une vision patriarcale, la MEP prend le contre-pied de cette représentation. À travers les œuvres de Camille Vivier et de Winnie Mo Rielly, l’institution met en avant des représentations détournées du corps féminin, qui s’éloignent des idéaux de beauté auxquels nous sommes formaté·es. Winnie Mo Rilley questionne avec abstraction la place du corps de la femme dans la société, là où Camille Vivier bouscule les normes de genre avec sa représentation de bodybuildeuses à la musculature très développée. Les gigantesques portraits de Marie-Jo Lafontaine exposés au musée de Flandre à Cassel permettent quant à eux d’interroger la manière de montrer le corps et la nudité sans choquer, alors que nous sommes quotidiennement confrontés à l’image dans notre quotidien.
La photographie comme remède aux maux les plus durs
Outre la question de la place du corps dans notre société, les œuvres présentées cette semaine confrontent le ou la spectateur·ice à des réalités autrement plus urgentes et alarmantes. Clara Watt, dans sa série The Promotion of Proper Human Sexual Rights and Family Value, dénonce la loi anti LGBTQIA+ promulguée au Ghana en 2024. Alors qu’une première version de cette série, réalisée en amont de cette loi, rendait visibles des personnes queers, la photographe a dû retravailler ses compositions depuis. Pour protéger l’anonymat de ses sujets, elle a collé sur leurs silhouettes les mots de cette loi liberticide. De cette manière, elle dénonce l’effacement total des personnes queers qui s’ensuit, mais véhicule dans le même temps un signe de résistance lourd de sens : malgré leur invisibilisation, iels continuent d’être là, à l’image de leur silhouette qui se distingue derrière les collages de l’artiste. Enfin, le festival Mesnographies, qui a pour habitude de s’articuler autour de questions sociétales complexes, porte cette année sur la représentation de l’inceste à travers la photographie. Entre portraits de guérison et témoignages silencieux de traumatismes, les artistes traitent, à travers la photographie, des multitudes de facettes que peut prendre l’inceste, tant dans son vécu que dans son processus de guérison.