
Le parcours Art et Patrimoine en Perche revient pour une 7e édition. Jusqu’au 14 juin 2026, quinze lieux d’exception présentent des expositions de dessin, de peinture, de céramique, de sculpture et de photographie réunies derrière le thème « Légendes ».
Pour la septième année consécutive, Art et Patrimoine en Perche transforme la région en un vaste parcours d’expositions de dessin, de peinture, de céramique, de sculpture et de photographie. Pour les découvrir, les visiteurs doivent traverser des paysages naturels, tout en nuances de verts, et rejoindre des bâtiments séculaires, souvent méconnus, qui se distinguent par leur architecture et leur jardin. Cette année, l’événement est porté par le thème « Légendes », qui s’inscrit dans les tendances actuelles. « Principal fil conducteur, il favorise à merveille l’alliance entre les lieux patrimoniaux et les créations contemporaines qu’ils accueillent dans des écrins empreints d’histoires », assure le programme. Il est vrai que les nombreux châteaux, manoirs et églises érigés dans les différentes communes inspirent des récits à la lisière du réel.« Entre la plongée dans les mythes et légendes du monde, la réappropriation d’histoires locales ou universelles, la création de contes contemporains jusqu’à l’illustration de légendes urbaines, le thème est inépuisable et est source de renouveau pour de nouvelles écritures figuratives », poursuit-il.


Éveiller les imaginaires
Parmi les expositions proposées cette année, quelques-unes sont dédiées à la photographie. Au manoir de Lormarin, Dana Cojbuc dévoile divers paysages monochromes. Nous retrouvons notamment des forêts des environs dont les branchages sont prolongés au fusain. D’autres pièces uniques jouent avec les contours et évoquent la tradition de la dentelle de la région. Plus loin, au château des Feugerets, les compositions expérimentales de Jordan Beal s’intéressent au rapport à l’ailleurs, à la ligne d’horizon qui, sur une île, rappelle les limites physiques de tout être. Pour les déconstruire, l’artiste altère ses œuvres avec de l’eau de mer. En résultent des abstractions de petits et grands formats, souvent en noir et blanc. « C’est seulement en abîmant mes photos que j’ai trouvé quelque chose de juste, explique-t-il. La dégradation, c’est ce qui vit. »
Eugénie Touzé investit une grange, avec une importante hauteur sous plafond, du manoir de Soisay, où les visiteurs peuvent découvrir cinq installations vidéo. L’une d’elles donne à voir une tempête. Deux autres ont été réalisées au cœur de la faune et la flore sud-africaine. Une quatrième montre le portrait d’un berger des Carpates, qui se rapproche peu à peu, à mesure que les minutes défilent, tandis qu’une cinquième présente un coucher de soleil en miroir. Le bruit de la nature des divers longs métrages s’entremêle et parachève l’immersion. Des chaises, disposées çà et là, invitent par ailleurs à se couper de l’extérieur pour mieux renouer avec lui. L’ensemble participe à une envie, chère à l’autrice, de « questionner le temps ». Cette volonté imprègne, finalement, chacune des expositions du parcours Art et Patrimoine en Perche. Dans des lieux pareils à des palimpsestes, où les histoires se superposent au gré des regards, l’imaginaire s’éveille. Le monde alentour prend alors une autre dimension et de nouveaux récits émergent.