« Queen of Nowhere » : récits en technicolor et bande-son sur-mesure

07 juillet 2022   •  
Écrit par Apolline Coëffet
« Queen of Nowhere » : récits en technicolor et bande-son sur-mesure

Dans Queen of Nowhere, Kourtney Roy a dépassé les limites de l’autofiction. Pour ce nouvel ouvrage immersif, elle s’est associée à la maison d’édition IIKKI pour proposer des récits en technicolor qui s’accompagnent d’une bande-son sur-mesure.

Reine de Nulle part ou de tout et son contraire, Kourtney Roy est surtout une reine de l’autofiction. Avec beaucoup d’humour, la photographe canadienne se joue des clichés dans des compositions fantasques et acidulées. Femme fatale ou ménagère dépassée, elle décline tout un panel de personnages aussi stéréotypés que charmants. Ces fragments d’histoires, dénués de contexte, laissent alors place à l’imagination de celui ou celle qui regarde. Dans son esprit, les images volubiles s’animent et se parent de toutes sortes de récits. À son style résolument cinématographique, il ne manquait finalement qu’une bande-son. Une absence qu’elle est parvenue à pallier dans Queen of Nowhere. Pour ce faire, elle s’est associée à IIKKI, une maison d’édition française qui se plaît à faire dialoguer, au sein d’un même ouvrage, artistes visuels et musicaux.

« Greasy Rider », « House Made of Dawn », « Carousel of Love », « Dusty Tesla », « Camp Fire », « Purple Hay »… Un ensemble de titres signés Dayve Samek de Trance Farmers vient illustrer les mises en scènes théâtrales, mais également les séquencer. La durée de chaque morceau délimite les différentes séries et distille quelques informations, çà et là entre les pages. À sa manière, le musicien sublime ainsi l’œuvre de la photographe et laisse entendre aux lecteurs la représentation qu’il en a. Costumes, décors et accessoires prennent alors une tout autre couleur, même si l’autodérision dont fait preuve Kourtney Roy demeure perceptible. Au-delà du dépassement des frontières de son genre de prédilection, elle assouvit un degré de perfection tout aussi satisfaisant pour le regard d’autrui.

Queen of Nowhere, IIKKI, 130 p., 48 €.

À l’occasion des Rencontres d’Arles, Kourtney Roy présentera son ouvrage le jeudi 7 juillet 2022, de 17h30 à 18h30, au Capitole. 

© Kourtney Roy © Kourtney Roy © Kourtney Roy © Kourtney Roy © Kourtney Roy

© Kourtney Roy © Kourtney Roy

© Kourtney Roy

Explorez
En Ukraine, la guerre et paix de Sergey Melnitchenko
© Sergey Melnitchenko
En Ukraine, la guerre et paix de Sergey Melnitchenko
Loin de la déferlante des images médiatiques de guerre, qui saturent le regard jusqu’à le désensibiliser, le dernier projet du...
04 août 2026   •  
Écrit par Jordane de Faÿ
Justine Tjallinks : renverser les codes de beauté 
© Justine Tjallinks
Justine Tjallinks : renverser les codes de beauté 
Dans Vision, Justine Tjallinks capture avec singularité la différence, en prenant son inspiration dans la peinture ancienne du siècle...
31 juillet 2026   •  
Écrit par Annabelle GARBIGLIA
Thato Toeba : matérialiser les fractures
© Thato Toeba
Thato Toeba : matérialiser les fractures
Dans l'exposition Anyone Can Be Lucifer, aux Rencontres d'Arles, Thato Toeba dévoile un corpus artistique engagé, déboulonnant des...
30 juillet 2026   •  
Écrit par Deng Qiwen
Le 7 à 9 Chanel : Aïda Muluneh, et les créations comme des messages sur le monde
This Bloom I Borrow, 2026. © Aïda Muluneh
Le 7 à 9 Chanel : Aïda Muluneh, et les créations comme des messages sur le monde
Pour l'édition estivale des 7 à 9, des rencontres organisées par Chanel au Jeu de Paume, la photographe et curatrice éthiopienne Aïda...
29 juillet 2026   •  
Écrit par Ana Corderot
Nos derniers articles
Voir tous les articles
En Ukraine, la guerre et paix de Sergey Melnitchenko
© Sergey Melnitchenko
En Ukraine, la guerre et paix de Sergey Melnitchenko
Loin de la déferlante des images médiatiques de guerre, qui saturent le regard jusqu’à le désensibiliser, le dernier projet du...
04 août 2026   •  
Écrit par Jordane de Faÿ
Justine Tjallinks : renverser les codes de beauté 
© Justine Tjallinks
Justine Tjallinks : renverser les codes de beauté 
Dans Vision, Justine Tjallinks capture avec singularité la différence, en prenant son inspiration dans la peinture ancienne du siècle...
31 juillet 2026   •  
Écrit par Annabelle GARBIGLIA
Thato Toeba : matérialiser les fractures
© Thato Toeba
Thato Toeba : matérialiser les fractures
Dans l'exposition Anyone Can Be Lucifer, aux Rencontres d'Arles, Thato Toeba dévoile un corpus artistique engagé, déboulonnant des...
30 juillet 2026   •  
Écrit par Deng Qiwen
Le 7 à 9 Chanel : Aïda Muluneh, et les créations comme des messages sur le monde
This Bloom I Borrow, 2026. © Aïda Muluneh
Le 7 à 9 Chanel : Aïda Muluneh, et les créations comme des messages sur le monde
Pour l'édition estivale des 7 à 9, des rencontres organisées par Chanel au Jeu de Paume, la photographe et curatrice éthiopienne Aïda...
29 juillet 2026   •  
Écrit par Ana Corderot