
Pour Camila Mormandi et Bade Fuwa, nos coups de cœur de cette semaine, la photographie est tactile. Proches des peaux et des textures, leurs images ravissent celles et ceux qui la regardent.
Camila Mormandi
Originaire de Buenos Aires, Camila Mormandi s’est formée à l’école argentine de photographie. Depuis, elle travaille entre sa ville natale, Paris et Milan. Curieuse, avide d’aventures et de découvertes, elle navigue sur les flux de l’image, armée d’une envie de révéler ce qu’il y a de tendre dans les rapports humains. Essayant de capter la douceur, elle s’intéresse aux corps et aux visages, à ce qu’ils disent, ou non. Dans l’un de ses projets en cours, Familiar, elle explore le rapport à la famille, aux non-dits, à ce qui est absent de l’image mais réside dans les silences, dans les gestes, dans le quotidien. Ce qui s’enfuit mais revient à ses yeux. Un détail fixe son œuvre : le rapport à ce qui est tangible. « Dans mon travail, j’explore les textures ; j’aime la peau et le monde tactile. J’aime les couleurs saturées autant que les pastel. Ma couleur préférée est le rouge. Je ne sais pas s’il y a une raison à cela. Elle m’attire et capte mon attention. »






Bade Fuwa
Artiste visuel nigérian, Bade Fuwa a débuté la photographie sur le tard, fin 2022, à la suite du décès de sa mère. Une pratique lui permettant de raconter, de dire les émotions enfouies, quasi indicibles, d’exprimer ses rêves en les déployant visuellement, et devenant in fine un langage qu’il ne « soupçonnait pas ». L’un de ses premiers souvenirs en image est d’une tendresse anodine : celui d’un après-midi passé au bord de l’eau, entouré de jeunes gens et d’enfants jouant. Dans ses images, les souvenirs émergent et la nature ainsi que les corps sont indissociables ; ils cohabitent en douceur. Proche des peaux, et les respectant, Bade Fuwa laisse jaillir ce qu’il y a d’enfoui et de merveille en chacun·e. « Je crois que je suis obsédé par la recherche des couleurs exactes d’un rêve. Qu’il s’agisse d’un montage monochrome ou de compositions oniriques, chaque image raconte pour moi une histoire différente, un rêve différent, une pensée différente », écrit-il.




