
Cette semaine, Florian Salabert et Bodhi Shola, nos coups de cœur, révèlent la magie qui sommeille en chacun·e d’entre nous.
Florian Salabert
Pour l’artiste visuel Florian Salabert, les images content beaucoup plus qu’elles n’y paraissent. Derrière chacune de ses compositions visuelles, chaque couleur utilisée, chaque mouvement ou pause se cache une histoire tenue en suspens. Il y a, dans ses images, une mélodie un peu fantasque, un peu étrange qui convie au rêve aussi bien qu’à la tension ou le cauchemar. « Mes images parlent souvent d’isolement, de décalage, de solitude et de la manière dont on habite un espace quand on ne s’y sent pas complètement à sa place. J’essaie de suggérer, la sensation d’être présent sans appartenir totalement au lieu qui nous entoure. Il ne s’agit pas tant d’une solitude dure ou dramatique que d’un état plus diffus, parfois doux, ou flottant. Il y a aussi, derrière mes images, l’idée d’un monde intérieur qui se construit en dialogue avec l’extérieur », avoue-t-il. Usant également de la vidéo ou de la 3D, et composant avec des couleurs froides, bleutées ou violacées, il donne corps et matière totale à son imaginaire, et laisse émerger l’idée que l’on embrasse les émotions, autant qu’on les touche du bout des doigts.







Bodhi Shola
D’origine italo-slovaque, Bodhi Shola vit et travaille à Venise. Son premier souvenir en photographie remonte à l’adolescence, alors que son père lui offre son tout premier appareil, un hybride numérique. De ce premier instant avec l’objet, elle s’intéresse alors au pouvoir du médium, à ce qu’il peut réaliser de plus grand, à sa capacité de composer avec l’inattendu. D’une nature empathique et éveillée dans son rapport au monde, elle trouve dans le 8e art une façon de se connecter davantage, d’être dans une bienveillance consciente d’autrui. « Ma pratique est rituelle et vise à cultiver des relations harmonieuses entre l’humain et le non-humain, à sensibiliser le public à un développement sensible de la société. Mon processus créatif s’est développé en une forme d’expression transversale, incluant l’écriture et la peinture, nourries par le temps et sa relation à la sagesse élémentaire, à la conscience végétale et à la méditation. » Chez elle, sacré, humanité et nature cohabitent, plus que tout, ils sont interconnectés, l’un ne pouvant se défaire de l’autre. Et dans ces images, le vivant se révèle par fragments, par couleur, élément central et vecteur de sentiments, plus encore, de magie.



