Repenser le corps et ses frontières, tel est le mot d’ordre des photographes de cette semaine. De l’édito de mode à des projets plus abstraits, ils nous transportent dans des univers créés de toute pièce, questionnant le genre humain et ses représentations. Puisant dans les figures de l’alien, issu d’une autre planète, à celle du vampire, à la fois vintage et intemporel, les photographes nous donnent d’autres manières d’être et d’habiter l’espace.
@bleachedflesh
Photographe de mode, Morgane Reinert, derrière son pseudonyme @bleachedflesh, propose des compositions hautes en couleur, nous plongeant dans un univers alliant formats vintage et colorimétrie futuriste. D’un côté, les talons compensés se confondent avec des blocs de glace massifs. De l’autre, ce mannequin issu d’un univers parallèle pleure des larmes de fil noir, son sanglot laissant apparaitre une marque sur son visage.


@berenice_gsq
Pour Bérénice Gasquet, le corps est une matière malléable. À travers le noir et blanc, elle réinvente les frontières du corps humain par des compositions géométriques abstraites mettant en scène des silhouettes singulières. Ainsi, la dureté de la forme carrée du pan de tissu que brandi le·a modèle à bout de bras vient rompre avec la délicatesse de sa matière, d’une transparence qui laisse se dessiner le corps du·de la modèle.


@albertopelayo.jpg
Alberto Pelayo, spécialisé dans la photographie de mode, pense ses images avec un regard novateur et futuriste. Les corps qu’il immortalise semblent dénués de structure osseuse. Ils sont représentés dans des positions toutes plus originales les unes que les autres, déviant souvent la gravité. La couleur n’est utilisée que par touches dans son travail, tel un ajout final donnant tout son sens à la composition. Dans ces photographies à l’aspect froissé, la peau des mannequins apparait comme élastique, leur texture semblable à celle d’un tissu.


@pablocastagnet_
Avec Pablo Castagnet, nous quittons la représentation des corps pour nous tourner vers la nature. Le photographe travaille ses négatifs pris en montagne, de sorte que leur rendu s’éloigne au plus du réel. Il donne ainsi vie à des environnements hostiles, qui convoquent des imaginaires issus d’autres planètes. À travers ses expérimentations graphiques, il fait de la montagne, souvent représentée de manière documentaire, un sujet photographique tout autre.


@tatianaminelli
La photographe Tatiana Minelli s’inspire du fantastique et de l’horreur pour créer ses compositions. De la reine parée de bijoux à la figure du vampire, la frontière se veut floue. Ici, l’artiste fait de son modèle un terrain d’expérimentation artistique. En recouvrant le dessus de sa tête de paillettes aux reflets rosés, elle joue avec les frontières du genre et de la figure humaine.

