Les coups de cœur #474 : Chloé Kerleroux et Guillaume Masselin

01 janvier 2024   •  
Les coups de cœur #474 : Chloé Kerleroux et Guillaume Masselin
© Guillaume Masselin
© Chloé Kerleroux

Chloé Kerleroux et Guillaume Masselin, nos coups de cœur #474, explorent une vie faite de disparitions et d’apparitions et donnent à voir l’étrangeté de la métamorphose avec délicatesse et sensibilité.

Chloé Kerleroux

« De Tepito à Mexico, en passant par les villages gitans de Perouchtitsa en Bulgarie, la foire aux chevaux gipsies d’Appleby et les cowboys créoles de Louisiane, je m’intéresse aux cultures peu représentées et à leurs spécificités à la fois ethniques, religieuses, linguistiques, territoriales et tribales. Par le biais de mes images, je m’emploie à rendre compte des mémoires collectives et de cultures fortes », explique Chloé Kerleroux. Cette photographe bretonne installée à Paris, entièrement autodidacte, découvre le médium dans un cadre privilégié : celui d’un refuge birman. Là-bas, isolée au milieu des montagnes, un tournant s’opère dans sa vie. « Un nouveau monde s’est ouvert à moi, loin de ma zone de confort, élargissant mon champ d’action », se souvient-elle. Depuis, Chloé Kerleroux ne se sépare plus de son objectif. Un outil dont elle se sert pour s’ouvrir au monde, et élargir sa liberté. Cela ne l’empêche pas de qualifier sa pratique d’« obsessionnelle », puisque l’image est pour elle d’abord affaire de constantes, en particulier pour comprendre « comment certaines cultures ancestrales parviennent à survivre aux pressions du monde moderne, qu’elles soient sociales, environnementales, technologiques ou politiques », précise-t-elle. Ses images consistent ainsi en une exploration sans cesse renouvelée des notions de mondes anciens et nouveaux, de métissage, de communautés, ou encore d’authenticité.

© Chloé Kerleroux
© Chloé Kerleroux

© Chloé Kerleroux

© Chloé Kerleroux
© Chloé Kerleroux
© Guillaume Masselin

Guillaume Masselin

« J’ai commencé à utiliser le médium en 2021, un peu par hasard. Il se trouve que j’avais offert un boîtier à une amie pour son anniversaire et qu’en même temps, je m’en suis acheté un. Prendre des photos a été comme un prétexte pour découvrir le monde », explique Guillaume Masselin. Originaire de Saint-Étienne et désormais installé en région parisienne, le photographe a imaginé Dialogues intérieurs. Comme l’indique son nom, la série fait écho à des interrogations personnelles qui accompagnent sa pratique.  « À force de manier, de rassembler mes photos, des thèmes récurrents me sont parvenus progressivement, précise-t-il. Ces images me renvoient à des associations particulières. Dans presque chacune d’entre elles, j’y vois une partie de moi-même ou de mon passé, représentée par notions. » Parmi elles se trouvent l’opposition entre l’intérieur et l’extérieur, qu’il perçoit « comme une exploration », la perte de repères et l’absence.  « Je suis fasciné par la délicatesse qui se retrouve dans la douceur, la retenue, le doute, le trouble, le mystère, le mystique, le vide. Ce sont des beautés étranges, des synthèses intenses. Quand je regarde une œuvre, j’aime la sensation qu’elle me fasse sortir de moi, sans en connaître exactement les raisons », conclut-il.

© Guillaume Masselin
© Guillaume Masselin
© Guillaume Masselin
© Guillaume Masselin
À lire aussi
Les coups de cœur #472 : Émilie Möri et Clara Baudry
© Clara Baudry
Les coups de cœur #472 : Émilie Möri et Clara Baudry
Émilie Möri et Clara Baudry, nos coups de cœur #472, utilisent le médium photographique pour étudier des problématiques sociales….
18 décembre 2023   •  
Écrit par Apolline Coëffet
Les coups de cœur #471 : Fisher Sun et Verena Gotthardt
© Fisher Sun
Les coups de cœur #471 : Fisher Sun et Verena Gotthardt
Si Fisher Sun et Verena Gotthardt, nos coups de cœur #471, s’inspirent toutes deux des scènes du quotidien, elles se distinguent…
11 décembre 2023   •  
Explorez
Écran, écran, dis-moi ce que pensent les photographes...
© Jonathan Chandi
Écran, écran, dis-moi ce que pensent les photographes…
Indissociables de notre quotidien, les écrans et les réseaux sociaux ont radicalement transformé notre rapport à l'image. Entre la...
09 avril 2026   •  
Écrit par Marie Baranger
Mundane : la dramaturgie d’une violence sociale
© Salma Abedin Prithi
Mundane : la dramaturgie d’une violence sociale
Dans Mundane, série théâtrale aux contrastes maîtrisés, Salma Abedin Prithi met en scène la violence et ses dynamiques sociales dans son...
04 avril 2026   •  
Écrit par Lou Tsatsas
Pour Toujours : le regard subversif de Birgit Jürgenssen
© Birgit Jürgenssen
Pour Toujours : le regard subversif de Birgit Jürgenssen
Fortes de 130 ans d'engagement auprès des artistes, les Galeries Lafayette s'associent aux quinze ans du Centre Pompidou-Metz. Le projet...
30 mars 2026   •  
Tassiana Aït-Tahar : "Uber et l'argent du beurre"
© Tassiana Aït-Tahar
Tassiana Aït-Tahar : « Uber et l’argent du beurre »
Le 27 mars 2026, l’artiste et photographe Tassiana Aït-Tahar publie Uber Life aux éditions Fisheye, un ouvrage immersif retraçant ses...
26 mars 2026   •  
Nos derniers articles
Voir tous les articles
Les images de la semaine du 6 avril 2026 : d'autres mondes
© Lore Van Houte
Les images de la semaine du 6 avril 2026 : d’autres mondes
C'est l'heure du récap' ! Cette semaine, les nouvelles vont bon train, et notamment l'annonce de la programmation de la 57e édition des...
12 avril 2026   •  
Écrit par Ana Corderot
Art Paris 2026, le printemps de l’art
© Sarfo Emmanuel Annor / The Bridge Gallery
Art Paris 2026, le printemps de l’art
Le très attendu rendez-vous de l’art contemporain a donné son coup d’envoi jeudi soir. Jusqu’à dimanche, 165 galeries présentent, sous la...
11 avril 2026   •  
Écrit par Jordane de Faÿ
Voici nos coups de cœur du salon unRepresented by a ppr oc he 2026
© Auriane Kolodziej
Voici nos coups de cœur du salon unRepresented by a ppr oc he 2026
La 4e édition d’unRepresented by a ppr oc he se tient à l'espace Molière jusqu'au 12 avril 2026. Comme à l’accoutumée, le salon fait la...
10 avril 2026   •  
Lore Van Houte : le cyanotype comme journal intime et refuge poétique
© Lore Van Houte
Lore Van Houte : le cyanotype comme journal intime et refuge poétique
Étudiante en sciences culturelles et artiste visuelle, Lore Van Houte capture la poésie de son environnement à travers le prisme bleuté...
10 avril 2026   •