Lumière sur les finalistes du Prix Fisheye de la création visuelle : Samuel Morand, Jenni Toivonen et Ann Massal

11 août 2023   •  
Écrit par Fisheye Magazine
Lumière sur les finalistes du Prix Fisheye de la création visuelle : Samuel Morand, Jenni Toivonen et Ann Massal
© Samuel Morand

Raconter, inspirer, révéler… La trilogie qui nous sert de boussole pour composer chaque numéro de Fisheye a été précieuse pour départager les quelque 1 300 dossiers reçus pour la première édition du Prix Fisheye de la création visuelle. Lumière aujourd’hui sur Samuel Morand, Jenni Toivonen et Ann Massal.

© Samuel Morand
© Samuel Morand

Samuel Morand

« C’est ma fascination pour la lumière qui m’a mené à la photographie, déclare Samuel Morand. Mon regard se pose alors naturellement entre les choses, là où les ombres s’étendent et où la lumière révèle son infinité de formes. Je défends une photographie purement esthétique, une pause contemplative. » Les noir et blanc cadrés au scalpel par le photographe de 27 ans construisent au fil des images un univers charnel, voluptueux et intriguant. C’est particulièrement le cas dans la série Alliages, où la lumière « apparaît lorsqu’elle coule, s’écrase, s’étend ou rebondit, précise l’auteur. Elle emporte avec elle la trace de ses précédentes rencontres. »

© Samuel Morand

© Jenni Toivonen
© Jenni Toivonen

Jenni Toivonen

Dans Are We There, Jenni Toivonen enquête sur ses ancêtres : d’anciens membres d’une communauté utopique créée en 1929 par un groupe de Finlandais dont l’unique mission consistait à vivre en osmose avec la nature brésilienne, loin du capitalisme. Des airs de bossa-nova sortis de la guitare de sa grand-tante en passant par les disques de fado de son père, la photographe finlandaise a grandi au rythme de mélodies locales. « Cette ambiance m’a conduite dans ce vieux village, aujourd’hui entouré par la mémoire de l’ère utopique et par une forêt à la biodiversité très riche, mais menacée. » Entre récit de voyage et épopée familiale, Jenni Toivonen explore l’origine, l’appartenance ainsi que la coexistence à travers des archives et des clichés instinctifs liés à ce désir primitif de connexion à la nature.

© Jenni Toivonen
© Ann Massal
© Ann Massal

Ann Massal

Corps glissants, regards noirs, nuances hallucinatoires, lumières oppressantes… Ann Massal capture, à travers On Love, Violence & the Lack of It, la brutalité de nos relations. « La littérature s’approprie la violence, la qualifie, la crie, la condamne (…) J’ai voulu quant à moi utiliser le médium photo- graphique parce qu’il se différencie de l’écrit. Je souhaitais révéler ce que le philosophe Jean-Luc Nancy appelle le “non vu” », déclare l’artiste. S’éloignant de l’écriture documentaire pour plonger dans un univers fait de doutes et d’irréels, elle souligne les malaises, efface toute trace de manichéisme pour illustrer les nuances complexes qui nous tourmentent. Un écho engagé à la notion de « viol psychique » encore aujourd’hui non reconnu par la loi. « Il est temps de mettre en images ce que les mots ne parviennent pas à définir », conclut l’autrice.

© Ann Massal
À lire aussi
Lumière sur les finalistes du Prix Fisheye de la création visuelle : Matthias Pasquet, Cristobal Ascencio et Elsa Leydier
© Cristobal Ascencio
Lumière sur les finalistes du Prix Fisheye de la création visuelle : Matthias Pasquet, Cristobal Ascencio et Elsa Leydier
Raconter, inspirer, révéler… La trilogie qui nous sert de boussole pour composer chaque numéro de Fisheye a été précieuse pour départager…
04 août 2023   •  
Écrit par Fisheye Magazine
Lumière sur les finalistes du Prix Fisheye de la création visuelle : Florent Tanet, Gabriele Cecconi et Étienne Francey
© Étienne Francey
Lumière sur les finalistes du Prix Fisheye de la création visuelle : Florent Tanet, Gabriele Cecconi et Étienne Francey
Raconter, inspirer, révéler… La trilogie qui nous sert de boussole pour composer chaque numéro de Fisheye a été précieuse pour…
28 juillet 2023   •  
Écrit par Fisheye Magazine
Explorez
Jaka Mojškerc : des déchirures comme des bouts de vie
© Jaka Mojškerc
Jaka Mojškerc : des déchirures comme des bouts de vie
À travers ses images et ses collages, Jaka Mojškerc construit de petites histoires d'un quotidien qui passe lentement dans la...
22 septembre 2026   •  
Écrit par Ana Corderot
500 portes, neuf douches : l’étrange expérience de Suwa Shin
기다리는 여자 (Waitng Woman), Be Nu (累) © Suwa Shin
500 portes, neuf douches : l’étrange expérience de Suwa Shin
Pendant six mois, la photographe coréenne Suwa Shin a frappé à 500 portes de son immeuble pour poser une question pour le moins...
19 septembre 2026   •  
Écrit par Marie Baranger
On Prom's Eve : Lucas Troadec raconte l'adolescence et son obsolescence
© Lucas Troadec
On Prom’s Eve : Lucas Troadec raconte l’adolescence et son obsolescence
Réalisée à Abu Dhabi, On Prom's Eve nous parle du passage à l'âge adulte dans un contexte géopolitique compliqué. Une série à retrouver...
17 septembre 2026   •  
Écrit par Ana Corderot
Dans ma chair, un pays : Nathyfa Michel réinvente le « chez soi »
© Nathyfa Michel
Dans ma chair, un pays : Nathyfa Michel réinvente le « chez soi »
Développé à Regina, village de Guyane, Dans ma chair, un pays est le fruit d’une exploration de l’artiste visuelle Nathyfa Michel. Une...
07 septembre 2026   •  
Écrit par Lou Tsatsas
Nos derniers articles
Voir tous les articles
Jaka Mojškerc : des déchirures comme des bouts de vie
© Jaka Mojškerc
Jaka Mojškerc : des déchirures comme des bouts de vie
À travers ses images et ses collages, Jaka Mojškerc construit de petites histoires d'un quotidien qui passe lentement dans la...
22 septembre 2026   •  
Écrit par Ana Corderot
Les coups de cœur #585 : Lorenzo Levi et Federico Pacini
A non Fairy, Tale. © Lorenzo Levi
Les coups de cœur #585 : Lorenzo Levi et Federico Pacini
Cette semaine, Lorenzo Levi et Federico Pacini, tous deux originaires d’Italie, parcourent la ville, ses lieux parfois déserts et les...
21 septembre 2026   •  
Écrit par Ana Corderot
500 portes, neuf douches : l’étrange expérience de Suwa Shin
기다리는 여자 (Waitng Woman), Be Nu (累) © Suwa Shin
500 portes, neuf douches : l’étrange expérience de Suwa Shin
Pendant six mois, la photographe coréenne Suwa Shin a frappé à 500 portes de son immeuble pour poser une question pour le moins...
19 septembre 2026   •  
Écrit par Marie Baranger
Quand la photographie rencontre la grandeur de Fontevraud
Saul Leiter, Taxi, 1957 Collection Florence et Damien Bachelot © The Saul Leiter Foundation
Quand la photographie rencontre la grandeur de Fontevraud
Dans l’écrin spectaculaire de l’abbaye royale de Fontevraud, la photographie se mesure à la peinture, s’en inspire, la détourne et finit...
19 septembre 2026   •  
Écrit par Cassandre Thomas