Les coups de cœur #288

Les coups de cœur #288

Cette semaine, nos photographes coups de cœur n’hésitent pas à s’inspirer d’autres formes artistiques pour créer. Leur point commun ? Leur faculté à illustrer des sentiments mélancoliques avec des clichés colorés.

Pierre Édouard

« Grand amateur d’art, je puise mon inspiration dans les œuvres de peintres, tels que Pietr Mondrian, Kasimir Malevitch ou encore Mark Rothko. L’architecte Frank Gehry et les réalisateurs Denis Villeneuve et Jim Jarmusch m’influencent également »

, confie Pierre Édouard, 27 ans. C’est grâce à son père que l’auteur a découvert le 8e art. À 18 ans, il reçoit son premier boîtier et découvre son amour pour le médium. « Depuis, j’ai pu parfaire ma vision, et développer une esthétique simple, épurée, mais brute à la fois », poursuit-il. Minimalistes et colorées, ses créations reflètent un désir de saisir la poésie de l’urbain. « Je dirais que c’est la dualité qui me définit. Je prends d’abord en photo une matière brute (un mur), et j’y ajoute un autre composant : le ciel. Ces deux matières se confrontent : le fabriqué, l’artificiel, la construction humaine, le palpable, puis le ciel, la nature, l’infini, le vide », explique-t-il. À travers ses réalisations graphiques, l’artiste explore d’autres thèmes qui lui sont chers : « la solitude, la mélancolie, l’immensité de l’espace confronté à l’humain, si petit ». Une série de contradictions formant un ensemble harmonieux.

© Pierre Édouard© Pierre Édouard
© Pierre Édouard© Pierre Édouard

© Pierre Édouard

Eda Güngör Korçak

Installée à Ankara, en Turquie, Eda Güngör Korçak travaille comme urbaniste au sein du gouvernement. Depuis neuf ans, le 8e art s’impose comme une passion dans sa vie, au même titre que le théâtre et le cinéma. « L’art est un voyage spirituel. J’essaie de raconter mon histoire sans en donner la signification. J’aime que le spectateur imagine sa propre expérience à travers mon récit. L’art n’a pas besoin d’être raconté, l’art doit être compris », confie l’artiste. À l’origine de la série women&doors&walls ? Les souffrances de la photographe. Quant aux mots-clés du projet ? La mort, le deuil, et l’attente. « L’art est très précieux lorsqu’il se nourrit de l’expérience et des sentiments. Comme dit le proverbe “Le temps est le meilleur remède”. Nos corps sont usés comme des portes et des fenêtres dans le temps. Peu importe combien nous peignons ou réparons nos murs, nous nous usons. Nos failles ne sont pas dissimulables », précise l’artiste. Dans ces triptyques, le corps féminin se protège derrière des murs et s’émancipe par des portes ouvertes à la liberté.

© Eda Güngör Korçak © Eda Güngör Korçak

© Eda Güngör Korçak

Image d’ouverture © Eda Güngör Korçak

Explorez
Le 7 à 9 Chanel : Aïda Muluneh, et les créations comme des messages sur le monde
This Bloom I Borrow, 2026. © Aïda Muluneh
Le 7 à 9 Chanel : Aïda Muluneh, et les créations comme des messages sur le monde
Pour l'édition estivale des 7 à 9, des rencontres organisées par Chanel au Jeu de Paume, la photographe et curatrice éthiopienne Aïda...
Il y a 5 heures   •  
Écrit par Ana Corderot
Katia Kameli présente le Roman algérien à Arles 2026
© Katia Kameli
Katia Kameli présente le Roman algérien à Arles 2026
À Arles, Katia Kameli dévoile un nouveau chapitre de son vaste projet Le Roman algérien, une œuvre au long cours qui interroge la...
27 juillet 2026   •  
Écrit par Costanza Spina
Rencontre avec Véronique Souben, directrice de l’ENSP, et Salomé Gaëta, ancienne élève
[Helio 7], 2026. © Salomé Gaëta
Rencontre avec Véronique Souben, directrice de l’ENSP, et Salomé Gaëta, ancienne élève
Véritable institution au cœur des Rencontres d’Arles, l’École nationale supérieure de la photographie cultive une approche singulière de...
25 juillet 2026   •  
Écrit par Fabrice Laroche
Jérôme Clément-Wilz et la caméra comme preuve
Visuels du film Ceci est mon corps. © Jérôme Clément-Wilz
Jérôme Clément-Wilz et la caméra comme preuve
Documentariste du regard situé, Jérôme Clément-Wilz filme depuis des années ce que la société préfère exotiser, ostraciser, taire ou...
24 juillet 2026   •  
Écrit par Ana Corderot
Nos derniers articles
Voir tous les articles
Le 7 à 9 Chanel : Aïda Muluneh, et les créations comme des messages sur le monde
This Bloom I Borrow, 2026. © Aïda Muluneh
Le 7 à 9 Chanel : Aïda Muluneh, et les créations comme des messages sur le monde
Pour l'édition estivale des 7 à 9, des rencontres organisées par Chanel au Jeu de Paume, la photographe et curatrice éthiopienne Aïda...
Il y a 5 heures   •  
Écrit par Ana Corderot
Vigilance : une histoire de la prévention et de la sécurité en entreprise
© Couverture du magazine Vigilance, n°41, un monteur et ses gants isolants, Michel Crépin, septembre 1971. Avec l’aimable autorisation des archives EDF.
Vigilance : une histoire de la prévention et de la sécurité en entreprise
Comme chaque année, les Rencontres d’Arles proposent des expositions faisant la part belle aux archives. En 2026, nous retrouvons...
Il y a 10 heures   •  
Écrit par Apolline Coëffet
Jean Marie del Moral et sa collection d’artiste(s)
Monique Frydman © Jean Marie del Moral
Jean Marie del Moral et sa collection d’artiste(s)
Du 30 mai au 1er novembre 2026, le centre d’art Contemporain Bouvet Ladubay situé à Saumur nous propose une immersion au cœur des...
28 juillet 2026   •  
Écrit par Esther Baudoin
Katia Kameli présente le Roman algérien à Arles 2026
© Katia Kameli
Katia Kameli présente le Roman algérien à Arles 2026
À Arles, Katia Kameli dévoile un nouveau chapitre de son vaste projet Le Roman algérien, une œuvre au long cours qui interroge la...
27 juillet 2026   •  
Écrit par Costanza Spina