Ces corps qui nous traversent : réparer notre relation au vivant

19 avril 2024   •  
Écrit par Costanza Spina
Ces corps qui nous traversent : réparer notre relation au vivant
© Chloé Milos Azzopardi
© Chloé Milos Azzopardi
© France-Lan Lê Vu

Jusqu’au 28 avril, Maison Sœur à Paris accueille Ces corps qui nous traversent, une exposition qui nous plonge dans un monde nouveau, où nous pourrions réparer notre rapport au vivant et à la nature. Par le regard de huit femmes artistes, nous rentrons dans l’ère de la symbiose.

L’exposition collective Ces corps qui nous traversent propose de regarder le monde autrement, en questionnant nos façons de l’habiter. Par le regard de sept femmes, nous approchons la forme du monde et notre rôle dans la biosphère. En suivant la maxime de Amadou Hampâté Bâ « Tout est lié. Tout est vivant. Tout est interdépendant », les artistes transforment la matière, explorent les métamorphoses du vivant et l’impact que l’humain a sur lui. Avec la nature comme co-créatrice, les photographes et plasticiennes dévoilent l’âme poétique des phénomènes. Elles jouent avec des formes organiques, donnent vie à des sculptures, se servent de la lumière, observent la genèse des formes des êtres vivants, analysent les relations inter-espèces. L’exposition nous embarque dans le symbiocène, une ère où les femmes et la nature ne sont plus assujetties à la rationalité viriliste, mais pratiquent la symbiose entre les éléments. L’entraide est au cœur de la vie et la loi du plus fort laisse la place à des tentatives d’harmonisation communautaires. Chacune de ces artistes pense un nouvel équilibre et propose des alternatives au modèle dominant afin de préserver les ressources naturelles.

Une fable futuriste, réparatrice et courageuse

Photographe et plasticienne, Chloé Milos Azzopardi crée des mondes étranges et sensuels mêlant la présence humaine à la flore et à la faune. Ces environnements imaginaires nous invitent à redéfinir notre rapport au vivant. Comme un acte de résistance face à l’éco-anxiété générationnelle, le travail de Chloé met en lumière la foisonnance des relations inter-espèces. Sa série Écosystèmes est une fable futuriste réparatrice et courageuse, qui s’émancipe du capitalocène et adoucit notre relation à l’environnement. Contre la rationalité pseudo-scientifique, qui mène l’humanité sur un chemin suicidaire, l’artiste propose de mettre en commun nos vulnérabilités et d’apprendre à regarder et à comprendre celle de notre écosystème. En croisant photographie documentaire et expérimentale, l’autrice alimente sa série d’éléments glanés, issus de la nature tels qu’un nid de guêpe, une branche, une pierre. Elle brouille ainsi le rapport entre nature et culture, entre la nature et l’art et stimule notre curiosité face au vivant. Chloé Milos Azzopardi a récemment recu le prix Nouvelles écritures de la photographie environnementale du festival La Gacilly et sera exposée cet été pendant les Rencontres d’Arles à la Fisheye Gallery.

© France-Lan Lê Vu
© Clara Tournay
À lire aussi
Andreï Tarkovski, écosystèmes et délires psychiques, dans la photothèque de Chloé Milos Azzopardi
Un shooting rêvé ? © Chloé Milos Azzopardi
Andreï Tarkovski, écosystèmes et délires psychiques, dans la photothèque de Chloé Milos Azzopardi
Des premiers émois photographiques aux coups de cœur les plus récents, les auteurices publié·es sur les pages de Fisheye reviennent sur…
21 mars 2024   •  
Écrit par Milena III
Le règne des vivants
Le règne des vivants
Avec Écosystèmes, Chloé Milos Azzopardi écrit un conte futuriste, mêlant explorations psychologiques et questionnements écologiques. Une…
01 septembre 2022   •  
Écrit par Anaïs Viand
Explorez
Les coups de coeur #586 : Cedric Hayabusa et Nicolas Villela
© Cedric Hayabusa
Les coups de coeur #586 : Cedric Hayabusa et Nicolas Villela
Nos coups de cœur de la semaine, Cedric Hayabusa et Nicolas Villela, photographient les endroits où ils voyagent, des paysages qui...
28 septembre 2026   •  
Écrit par Annabelle GARBIGLIA
Et après la fumée ? : Louis Lepron révèle les dégâts des incendies de Fontainebleau
© Louis Lepron
Et après la fumée ? : Louis Lepron révèle les dégâts des incendies de Fontainebleau
Cet été caniculaire n'a épargné personne, encore moins la nature, première victime du dérèglement climatique. Le constat a été sanglant...
24 septembre 2026   •  
Écrit par Fisheye Magazine
Quels mondes allons-nous habiter ? Fisheye #78 scrute le paysage
© Caroline Ruffault
Quels mondes allons-nous habiter ? Fisheye #78 scrute le paysage
Disponible à compter de ce vendredi 11 septembre, Fisheye #78 s’articule autour du paysage. Portfolios et dossier s’intéressent aux...
11 septembre 2026   •  
Écrit par Apolline Coëffet
Lueurs Fauves : l’écosystème sensible d’Eve Campestrini
© Eve Campestrini
Lueurs Fauves : l’écosystème sensible d’Eve Campestrini
C’est au cœur de la vallée occupée par le Groupe Agricole d’Exploitation Collective (GAEC) de Montlahuc qu’Eve Campestrini compose Lueurs...
08 septembre 2026   •  
Écrit par Lou Tsatsas
Nos derniers articles
Voir tous les articles
Fisheye vous invite au Salon Photo & Vidéo 2026 !
Le Parc aux Cerfs © Gerald Petit. Collection musée Nicéphore Niépce, Chalon-sur-Saône
Fisheye vous invite au Salon Photo & Vidéo 2026 !
Cette année, le Salon Photo & Vidéo se tiendra du 8 au 11 octobre à la grande halle de La Villette. Il s’intéressera autant à l’image...
03 octobre 2026   •  
Écrit par Apolline Coëffet
Lors du Salon Photo & Vidéo, participez aux balades visuelles Sandisk™ x Fisheye !
© Diane Moyssan
Lors du Salon Photo & Vidéo, participez aux balades visuelles Sandisk™ x Fisheye !
Après les Conversations photographiques lancées à Arles l’été passé, Sandisk™ et Fisheye s’associent de nouveau et proposent des balades...
02 octobre 2026   •  
Écrit par Fisheye Magazine
4 événements photographiques à découvrir en octobre 2026
© Cristóbal Ascencio
4 événements photographiques à découvrir en octobre 2026
La rédaction de Fisheye a relevé une série d'événements photographiques à découvrir à Paris et dans le reste de la France en octobre...
02 octobre 2026   •  
Écrit par Fisheye Magazine
À l'IMA-Tourcoing, Serge Najjar nous montre son pays à lui, le Liban
© Red Swipe 2015 Serge Najjar
À l’IMA-Tourcoing, Serge Najjar nous montre son pays à lui, le Liban
À l’Institut du monde arabe-Tourcoing, la photographie s’entremêle avec l’architecture et l’abstraction. Jusqu'au 17 janvier 2027...
01 octobre 2026   •  
Écrit par Annabelle GARBIGLIA