Edward Weston et Tyler Mitchell seront bientôt exposés à la MEP 

01 octobre 2025   •  
Écrit par Apolline Coëffet
Edward Weston et Tyler Mitchell seront bientôt exposés à la MEP 
© Edward Weston, Charis, Santa Monica (Nude in doorway), 1936 © Center for Creative Photography, Arizona Board of Regents / Edward Weston, Adagp, Paris, 2025. Courtesy Wilson Centre for Photography
Gros plan sur des mains tenant une photo
The root of all that lives, 2020 © Tyler Mitchell. Courtesy de l’artiste et de la Galerie Gagosian

Du 15 octobre au 25 janvier 2026, la Maison européenne de la photographie présentera deux rétrospectives. L’une sera consacrée à Edward Weston, maître du pictorialisme passé à l’esthétique moderniste, tandis que l’autre dévoilera les œuvres de Tyler Mitchell, qui réinventent les représentations des corps noirs.

Pour la rentrée, la Maison européenne de la photographie présente deux accrochages : Modernité révélée, d’Edward Weston (1886-1958), et Wish This Was Real, de Tyler Mitchell (1995-). Si ces deux artistes américains appartiennent à des mondes distincts, ils se rejoignent dans leur capacité à s’ancrer dans leur époque. « Bien qu’un siècle les sépare, leurs univers laissent apparaître des échos et des tensions subtiles, sans chercher la comparaison, invitant à réfléchir à leurs visions respectives de la photographie », souligne le musée dans son communiqué de presse. Réparties sur les différents étages de l’établissement, les expositions proposeront un voyage du début du XXe siècle à nos jours, des tirages en noir et blanc aux portraits en couleur.

L’importance du geste

Au début des années 1920, Edward Weston est passé du pictorialisme, qui a d’abord fait son succès, à une esthétique moderniste épurée. Faisant la part belle aux lignes et à la lumière, il développe ainsi une nouvelle manière de percevoir le monde. Le flou et les effets romantiques s’effacent au profit d’une approche tournée vers l’abstraction. Les modèles sont immortalisés selon des angles singuliers et leurs contours se déclinent sous forme de fragments. Tyler Mitchell réinvente, quant à lui, les représentations des corps noirs. Pour ce faire, il puise dans les codes de la peinture, de la mode et du portrait en studio pour composer des scènes colorées, empreintes de douceur, qui prennent place dans des univers alternatifs. Son œuvre « se déploie comme une ode à l’autodétermination, à la dignité et la beauté du quotidien », assure la MEP, et s’exprime selon un langage visuel sensible. Chez chacun de ces artistes, le geste prévaut finalement sur le reste et interroge celui ou celle qui regarde.

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