Laure Anne : l’été pour corps

07 août 2024   •  
Écrit par Hugo Mangin
Laure Anne : l'été pour corps
© Laure.Anne.Jeanne
© Laure.Anne.Jeanne

Entre texture, lumière, et nus composites, Laure Anne fait exister les corps féminins au-delà de l’objectification. Une exploration des charmes d’un territoire visuel, estival et sensuel.

« La faute, la femme, la matière » voici comment Laure Anne décompose son travail. Artisane de l’argentique, tendant au « photographisme », l’artiste cherche d’abord « le silence et la pureté ». « Est-ce nécessaire de donner toute l’intention de son art ? J’aime voir et comprendre ce que je fais à travers le regard des autres. Ça m’apprend beaucoup sur moi et sur le monde », confie-t-elle. Graphiste de formation elle débute en photographie grâce à un cadeau – un Canon Ae1 offert par son père – et une émotion : celle ressentie face aux clichés noirs et blanc d’Hedi Slimane. Entre son travail sur les erreurs – ces photographies « ratées » que la sérigraphie sauve – et la célébration de la femme, de « ses courbes, sa nature, sa pureté, sa vulnérabilité », la photographe pénètre dans un éternel été.  Le regard bienveillant et sensible, assurément féministe, restitue ainsi aux corps la tendresse nécessaire à leurs sensualités. Sur les femmes-palmiers comme sur les rochers immergés dans l’eau-lave d’une mer surréelle, une seconde peau semble recouvrir la pellicule… Qu’elle soit déformation, film aqueux, ou tout simplement l’intérieur transparent d’une bouée qui trouble les traits pour faire éclater les couleurs. Ainsi l’artiste détourne, amuse, joue. De ces découpages et collages naissent les appositions fertiles. Un magma vivant, coloré, où l’on aimerait presque glisser un orteil pour en vérifier la température, ou s’y émerger totalement. De l’œil jusqu’aux doigts, comme une baigneuse plongeant dans la mer. « La matière m’émeut, elle raconte des histoires, elle mélange des temps, des anecdotes, des textures. Elle montre que selon comment on la regarde, elle peut être tout autre chose. Elle est permissive, rend accessible la rêverie, elle nous permet d’oser inventer, imaginer, se trouver ou se chercher. Ce qui m’anime dans la matière et les textures c’est la profondeur et surtout la possibilité d’expérimenter à l’infini » conclut-elle.

© Laure.Anne.Jeanne
© Laure.Anne.Jeanne

© Laure.Anne.Jeanne
© Laure.Anne.Jeanne

© Laure.Anne.Jeanne

© Laure.Anne.Jeanne

© Laure.Anne.Jeanne

© Laure.Anne.Jeanne
© Laure.Anne.Jeanne

© Laure.Anne.Jeanne

© Laure.Anne.Jeanne

© Laure.Anne.Jeanne

© Laure.Anne.Jeanne

© Laure.Anne.Jeanne
À lire aussi
L’éternel été de Beatrice Salomone
© Beatrice Salomone
L’éternel été de Beatrice Salomone
À l’argentique, Beatrice Salomone capture une saison estivale infinie, dont la chaleur pousse les corps à se détendre et les…
14 juin 2024   •  
Écrit par Lou Tsatsas
Air de vacances : notre sélection d'articles
Air de vacances : notre sélection d’articles
C’est dans la routine que le besoin d’évasion se fait le plus ressentir, que l’envie de prendre le large s’immisce dans nos entrailles et…
14 août 2023   •  
Écrit par Lucie Guillet
Explorez
La sélection Instagram #539 : tout ce qui brille
© Jo Bradford / Instagram
La sélection Instagram #539 : tout ce qui brille
Pour fêter la nouvelle année, les artistes de notre sélection Instagram de la semaine posent leurs regards sur tout ce qui brille : feux...
30 décembre 2025   •  
Écrit par Marie Baranger
Les coups de coeur #570 : Fahad Bahramzai et Elisa Grosman
© Elisa Grosman
Les coups de coeur #570 : Fahad Bahramzai et Elisa Grosman
Fahad Bahramzai et Elisa Grosman, nos coups de cœur de la semaine, cherchent tous deux à transmettre des émotions par l’image. Le premier...
29 décembre 2025   •  
Écrit par Marie Baranger
La sélection Instagram #538 : le grand manteau blanc
© Christie Fitzpatrick / Instagram
La sélection Instagram #538 : le grand manteau blanc
À l’approche des fêtes de fin d’année, les artistes de notre sélection Instagram de la semaine capturent la poudreuse, les chutes...
23 décembre 2025   •  
Écrit par Marie Baranger
Chad Unger, feu tranquille
© Chad Unger
Chad Unger, feu tranquille
Chad Unger est l’auteur de la série au titre étrange et poétique Fire Barked At Eternity – littéralement « le feu aboya à l’éternité »....
20 décembre 2025   •  
Écrit par Milena III
Nos derniers articles
Voir tous les articles
Sofía Jaramillo : la neige comme espace de réappropriation
A New Team © Sofía Jaramillo
Sofía Jaramillo : la neige comme espace de réappropriation
Dans A New Winter, Sofía Jaramillo s’attaque à l’imaginaire figé des sports d’hiver. En revisitant les codes visuels du ski, la...
31 décembre 2025   •  
Écrit par Cassandre Thomas
La sélection Instagram #539 : tout ce qui brille
© Jo Bradford / Instagram
La sélection Instagram #539 : tout ce qui brille
Pour fêter la nouvelle année, les artistes de notre sélection Instagram de la semaine posent leurs regards sur tout ce qui brille : feux...
30 décembre 2025   •  
Écrit par Marie Baranger
Les coups de coeur #570 : Fahad Bahramzai et Elisa Grosman
© Elisa Grosman
Les coups de coeur #570 : Fahad Bahramzai et Elisa Grosman
Fahad Bahramzai et Elisa Grosman, nos coups de cœur de la semaine, cherchent tous deux à transmettre des émotions par l’image. Le premier...
29 décembre 2025   •  
Écrit par Marie Baranger
Les images de la semaine du 22 décembre 2025 : neige, enfance et cinéma
Emcimbini de la série Popihuise, 2024 © Vuyo Makheba, Courtesy AFRONOVA GALLERY
Les images de la semaine du 22 décembre 2025 : neige, enfance et cinéma
C’est l’heure du récap ! Au programme cette semaine : l’éclat ivoire des premiers flocons pour le solstice d’hiver, un retour sur la...
28 décembre 2025   •  
Écrit par Fisheye Magazine