Les coups de cœur #540 : Rosalie Kassanda et François Dareau

21 avril 2025   •  
Écrit par Marie Baranger
Les coups de cœur #540 : Rosalie Kassanda et François Dareau
© Rosalie Kassanda
Autocollant indiquant un ATM
© Rosalie Kassanda

Nos coups de cœur de la semaine, Rosalie Kassanda et François Dareau, arpentent les rues du monde en quête de quelques étonnements et situations incongrues, s’inspirant tous deux de l’esthétique de Sarah van Rij. Si la première cherche à sublimer les moments de l’ordinaire, le second s’attache aux lignes et compositions de ses images.

Rosalie Kassanda

« J’essaie de capter l’essence de ce qui m’entoure, même les éléments les plus anodins », soutient Rosalie Kassanda, photographe de 26 ans. Après un atelier de photographie argentique, elle se découvre une passion pour l’image et s’approprie la rue comme terrain de recherche visuelle. « Dans la rue, on ne crée pas l’instant : on se laisse surprendre par ce dernier. C’est ce qui la rend si belle », poursuit-elle. Lors de ses voyages aux quatre coins de la planète, l’artiste sonde le milieu urbain, la solitude qui s’y échappe, les détails de l’ordinaire. De Séoul à Lisbonne, en passant par Nice ou New York, elle révèle le charme de son environnement. « Photographier la rue, c’est rester vif. C’est aussi faire preuve de patience, et accepter de s’abandonner à l’inattendu », ajoute l’autrice. S’inspirant des compositions et de la volonté de Vivian Maier et de l’esthétique de Sarah van Rij, Rosalie Kassanda dévoile avec sensibilité sa vision du monde et la diversité des cultures qu’elle rencontre. Elle conclut : « La photographie est un outil précieux qui me permet de communiquer autrement. »

personne tenant la grille
© Rosalie Kassanda
des journaux dans un kiosque
© Rosalie Kassanda
plan serré d'une voiture
© Rosalie Kassanda
Une femme qui lave une vitre avec des inscriptions en coréen
© Rosalie Kassanda
Atelier d'artiste avec des pinceaux en premier plan et des images sur le mur
Atelier de Marguerite Piard, 2025 © François Dareau

François Dareau

« Enfant, je voulais être artiste et finalement mon travail aujourd’hui consiste à mettre celui des autres en lumière », confie François Dareau, historien de l’art et commissaire d’exposition au musée national Picasso à Paris. Si la photographie n’est pas son métier, l’auteur considère cependant le médium comme un « espace personnel de création ». Après un premier amour pour l’image en mouvement, François Dareau se tourne vers le 8e art lorsqu’il est au lycée, après avoir testé l’argentique de son paternel. Il s’amuse à photographier tout ce qui est autour de lui et à collecter les vieilles images anonymes dans des brocantes. « J’attends d’être surpris par une photographie, soutient-il. J’aime quand un élément vient parfois déstabiliser ou au contraire s’insère parfaitement dans un environnement. » Dans les allées urbaines, il patiente jusqu’à ce que la scène arrive à lui, il guette au loin pour ne pas envahir l’espace de celles et ceux qu’il saisit. « De temps en temps, je préfère un reflet, une ouverture ou une ombre afin de ne pas être trop intrusif », souligne celui qui puise son inspiration dans les œuvres de Saul Leiter et de Sarah van Rij. Sur ses clichés, tantôt capturés à l’argentique ou au téléphone, il révèle la mélancolie ordinaire, la tendresse, l’humour et les rencontres dans les rues de Tokyo, de Hong Kong, de Paris ou de Venise.

Des personnes debout dans la brume
Tokyo, 2025 © François Dareau
Une personne met un bâteau à l'eau depuis un dock
Venise, 2024 © François Dareau
Une main derrière une vitre opaque
Derrière la porte du musée, 2025 © François Dareau
Des personnes allongées dans un parc
Tokyo, 2025 © François Dareau
Un enfant adossé contre un mur
Venise, 2024 © François Dareau
À lire aussi
Les coups de cœur #538 : Alexandre Dinaut et Pascal Fayeton
© Alexandre Dinaut
Les coups de cœur #538 : Alexandre Dinaut et Pascal Fayeton
Alexandre Dinaut et Pascal Fayeton, nous coups de cœur de la semaine, nous proposent deux voyages distincts. Le premier nous emmène en…
31 mars 2025   •  
Écrit par Apolline Coëffet
Les coups de cœur #536 : Thomas Hammoudi et Émilie Delhommais
© Thomas Hammoudi
Les coups de cœur #536 : Thomas Hammoudi et Émilie Delhommais
Thomas Hammoudi et Émilie Delhommais, nos coups de cœur de la semaine, puisent leur inspiration dans le monde extérieur. Le premier sonde…
17 mars 2025   •  
Écrit par Apolline Coëffet
Explorez
La sélection Instagram #561 : frissons dans tout le corps 
La sélection Instagram #561 : frissons dans tout le corps 
Cette semaine les photographes capturent à travers leur objectif le sport sous toutes ses formes. Les frissons parcourent les corps, une...
21 juillet 2026   •  
Écrit par Annabelle GARBIGLIA
Fisheye #77, désormais en kiosque, s’immisce au cœur des festivals photo de l’été 2026
La petite Vera, Lac Baïkal, Sibérie, 1998. © Claudine Doury / Courtesy de l’artiste et de l’agence VU’
Fisheye #77, désormais en kiosque, s’immisce au cœur des festivals photo de l’été 2026
Que valent nos images ? C’est avec cette question en tête que nous avons composé Fisheye #77, que vous pouvez dès à présent retrouver en...
06 juillet 2026   •  
Écrit par Apolline Coëffet
19 événements photographiques à découvrir en juillet 2026
The Passion of Rome, Fendi, From Life, 1986© Sheila Metzner, courtesy la Galerie Rouge Paris
19 événements photographiques à découvrir en juillet 2026
La rédaction de Fisheye a relevé une série d'événements photographiques à découvrir à Paris et dans le reste de la France en juillet...
01 juillet 2026   •  
Écrit par Fisheye Magazine
Boby s’empare de l’instax mini Evo Cinema™ et de l’instax Wide Evo™ !
© Boby
Boby s’empare de l’instax mini Evo Cinema™ et de l’instax Wide Evo™ !
Depuis les quatre coins de la planète, Boby a capturé des souvenirs instantanés à l’aide de deux boîtiers instax™ de la série Evo : le...
12 juin 2026   •  
Écrit par Cassandre Thomas
Nos derniers articles
Voir tous les articles
Justine Tjallinks : renverser les codes de beauté 
© Justine Tjallinks
Justine Tjallinks : renverser les codes de beauté 
Dans Vision, Justine Tjallinks capture avec singularité la différence, en prenant son inspiration dans la peinture ancienne du siècle...
31 juillet 2026   •  
Écrit par Annabelle GARBIGLIA
Thato Toeba : matérialiser les fractures
© Thato Toeba
Thato Toeba : matérialiser les fractures
Dans l'exposition Anyone Can Be Lucifer, aux Rencontres d'Arles, Thato Toeba dévoile un corpus artistique engagé, déboulonnant des...
30 juillet 2026   •  
Écrit par Deng Qiwen
Le 7 à 9 Chanel : Aïda Muluneh, et les créations comme des messages sur le monde
This Bloom I Borrow, 2026. © Aïda Muluneh
Le 7 à 9 Chanel : Aïda Muluneh, et les créations comme des messages sur le monde
Pour l'édition estivale des 7 à 9, des rencontres organisées par Chanel au Jeu de Paume, la photographe et curatrice éthiopienne Aïda...
29 juillet 2026   •  
Écrit par Ana Corderot
Vigilance : une histoire de la prévention et de la sécurité en entreprise
© Couverture du magazine Vigilance, n°41, un monteur et ses gants isolants, Michel Crépin, septembre 1971. Avec l’aimable autorisation des archives EDF.
Vigilance : une histoire de la prévention et de la sécurité en entreprise
Comme chaque année, les Rencontres d’Arles proposent des expositions faisant la part belle aux archives. En 2026, nous retrouvons...
29 juillet 2026   •  
Écrit par Apolline Coëffet