
Cette semaine, nos coups de cœur, Myu Inoue et Alejandra Loiaza, travaillent toutes deux le portrait en allant puiser dans leurs origines. Dans leurs images, les visages défilent, comme des histoires, avec toujours une pointe d’onirisme.
Myu Inoue
Installée à New York, dans le quartier de Brooklyn, Muy Inoue entremêle les genres pour créer « des images riches et complexes, inspirées de [son] éducation sino-japonaise ». C’est entre portrait, nature morte et mode que son monde pictural gravite. C’est assez jeune qu’elle découvre de façon hasardeuse la photographie à travers l’ouvrage de l’acteur et photographe Fan Ho, Hong Kong Yesterday. « Chaque photographie était d’une telle maîtrise que je me souviens avoir passé tout mon temps à ce stand à essayer de mémoriser un maximum d’images ». Ces images aux formes épurées, à l’architecture magnétique. De ce premier contact, Myu Inoue n’a cessé d’expérimenter. Aujourd’hui, elle décèle dans le médium un moyen de se connecter à autrui, à son histoire. Avec douceur et bienveillance, elle tente de toutes les conter. « Dans ma pratique créative, le contact avec l’histoire et les gens m’aide à mieux comprendre comment partager des récits de manière profonde, nuancée et ancrée dans la réalité, donnant ainsi une présence et une visibilité à ceux qui les racontent. » Émergent alors des images empreintes d’onirisme, où se révèlent de petites anomalies visuelles et sensibles : une pomme sur un dos nu, une lumière vibrante dans la nuit noire… Des contes semblent s’écrire sous nos yeux étonnés, mais nous laissons aisément le mystère planer.





Alejandra Loiaza
Originaire de Bogota en Colombie et vivant à Paris, Alejandra Loaiza travaille dans le milieu de la mode et de la presse, tout en développant une pratique d’auteur centrée sur l’identité, et plus précisément sur la mémoire des cultures latino-américaines. C’est au sein de sa famille qu’elle se lie d’amour avec la photographie. Un espace qui ancre sa pratique et son rapport à l’histoire de sa communauté. « J’ai commencé à photographier tout ce qui m’entourait : ma famille, mon chien, mon quartier. J’éprouvais une immense joie chaque fois que je prenais en main la caméra de mon frère, animée par le désir de capturer et de préserver les moments qui composaient ma vie et mon environnement, avoue-t-elle. Je me souviens aussi que mon père photographiait tout. J’aime toujours autant rentrer chez moi et feuilleter ces vieux albums, il y a su capturer la simplicité du quotidien. Maintenant qu’il n’est plus là, je suis profondément reconnaissante de pouvoir conserver ces images, une façon de me souvenir de lui et de rester proche de lui.» À travers ses photographies, que ce soit pour des commandes ou sur des projets personnels, l’artiste convoque les sens, en ajoutant des textures, des couleurs réconfortantes, comme celles du foyer retrouvé.




