Man Ray, 2001 et technologie : dans la photothèque d’Esther Gabrielle Kersley

Man Ray, 2001 et technologie : dans la photothèque d’Esther Gabrielle Kersley
Un genre photographique, et celui ou celle qui le porte selon toi ? © Esther Gabrielle Kersley
Si tu devais ne choisir qu’une seule de tes images, laquelle serait-ce ? © Esther Gabrielle Kersley

Des premiers émois photographiques aux coups de cœur les plus récents, les auteurices publié·es sur les pages de Fisheye reviennent sur les œuvres et les sujets qui les inspirent particulièrement. Aujourd’hui, Esther Gabrielle Kersley nous plonge dans son univers nourri des théories du complot.

Si tu devais ne choisir qu’une seule de tes images, laquelle serait-ce ?

Probablement cette image [à gauche, NDLR] de la série The Fifth Generation. Elle me met mal à l’aise.

La première photographie qui t’a marquée et pourquoi ?

Il m’est difficile de me rappeler quelle fut la première, mais je me souviens avoir été captivée par l’œuvre de Man Ray, en particulier par son portrait de Dora Maar de 1936, dont j’avais une carte postale. C’est un portrait intense et direct, mais en même temps surréaliste et onirique.

Un shooting rêvé ?

De faux animaux, des plantes mortes, des villes fantômes et un centre de données.

La première photographie qui t’a marquée et pourquoi ? © Esther Gabrielle Kersley
Un shooting rêvé ? © Esther Gabrielle Kersley
Un ou une artiste que tu admires par-dessus tout ? © Esther Gabrielle Kersley
Une émotion à illustrer ? © Esther Gabrielle Kersley

Un ou une artiste que tu admires par-dessus tout ?

J’admire beaucoup El Lizzitsky. Je pense qu’il était très en avance sur son temps. Je suis obsédé par son Autoportrait (Le Constructeur) de 1924. J’admire aussi beaucoup les artistes qui changent de support et de sujet tout en restant fidèles à leur univers. Je pense que cela témoigne d’une véritable intrépidité. Je viens de regarder l’incroyable Occupied City de Steve McQueen, et j’ai l’impression qu’il fait cela si bien. Passant de l’art conceptuel aux documentaires et aux films, il est motivé par l’idée et par la meilleure façon de la communiquer.

Une émotion à illustrer ?

L’anxiété. 

Un genre photographique, et celui ou celle qui le porte selon toi ?

J’adore le photomontage. Bien sûr, la palme revient aux dadaïstes, aux constructivistes et aux surréalistes ! J’aime particulièrement le travail de Max Ernst et d’El Lissitzky. Beaucoup d’artistes aujourd’hui utilisent le montage et le collage de manière très intéressante.

Un territoire, imaginaire ou réel, à capturer ? © Esther Gabrielle Kersley
Une thématique que tu aimes particulièrement aborder et voir aborder ? © Esther Gabrielle Kersley
Un événement photographique que tu n’oublieras jamais ? © Esther Gabrielle Kersley
Une œuvre d’art qui t’inspire particulièrement ? © Esther Gabrielle Kersley

Un territoire, imaginaire ou réel, à capturer ?

Internet.

Une thématique que tu aimes particulièrement aborder et voir aborder ?

Notre relation à la technologie, le croisement entre notre monde réel et notre monde en ligne, les récits contradictoires et ceux qui se compliquent, le passé qui apparaît dans le présent, la zone grise entre la vérité et la fiction.

Un événement photographique que tu n’oublieras jamais ?

L’exposition de la Deutsche Borse, en 2019, à la Photographer’s Gallery de Londres, où j’ai vu Meditations de Susan Meiselas et On Abortion de Laia Abril. Ces deux artistes utilisent la photographie de manière très pertinente. J’ai eu l’impression qu’elles avaient quelque chose de nouveau à dire et qu’elles pouvaient vous faire réfléchir différemment sur des sujets importants. J’ai été très enthousiaste à l’idée de voir ce dont la photographie documentaire est capable.

Une œuvre d’art qui t’inspire particulièrement ?

Il y en a deux : 2001: A Space Odyssey (1968) de Stanley Kubrick and Man with a Movie Camera (1929) de Dziga Vertov.

À lire aussi
Sophie Calle, étrangeté et lapins nains : dans la photothèque de Caroline Heinecke
Un événement photographique que tu n’oublieras jamais ? © Caroline Heinecke
Sophie Calle, étrangeté et lapins nains : dans la photothèque de Caroline Heinecke
Des premiers émois photographiques aux coups de cœur les plus récents, les auteurices publié·es sur les pages de Fisheye reviennent sur…
16 février 2024   •  
Écrit par Apolline Coëffet
Empathie, limules et changement climatique : dans la photothèque d’Alice Pallot
Si tu devais ne choisir qu’une seule de tes images, laquelle serait-ce ? © Alice Pallot
Empathie, limules et changement climatique : dans la photothèque d’Alice Pallot
Aujourd’hui, Alice Pallot nous ouvre les portes de son imaginaire aussi engagé que poétique. À travers ses inspirations et ses…
24 janvier 2024   •  
Écrit par Cassandre Thomas
Explorez
Les Rencontres d’Arles ont annoncé la programmation de leur édition 2026 !
© Carlos Idun-Tawiah, Many Reasons to Live Again [De nombreuses raisons de vivre à nouveau], 2022. Avec l’aimable autorisation de l’artiste et de la Galería Alta.
Les Rencontres d’Arles ont annoncé la programmation de leur édition 2026 !
La programmation de la 57e édition des Rencontres d’Arles, qui se tiendra du 6 juillet au 4 octobre 2026, a été dévoilée. Les expositions...
08 avril 2026   •  
Écrit par Apolline Coëffet
La sélection Instagram #552 : chasse aux oeufs et lapin blanc
© tipsa_fse / Instagram
La sélection Instagram #552 : chasse aux oeufs et lapin blanc
Le matin de Pâques, sur l’herbe encore mouillée par la rosée, un lapin blanc se presse. Il dissimule délicatement des œufs, tantôt au...
07 avril 2026   •  
Écrit par Esther Baudoin
Les coups de cœur #579 : Natalia Peralta et Lou Goffini
© Lou Goffini
Les coups de cœur #579 : Natalia Peralta et Lou Goffini
Natalia Peralta et Lou Goffini, nos coups de cœur de la semaine, sondent le monde, à la fois pour y déceler des espaces d’imagination et...
06 avril 2026   •  
Écrit par Ana Corderot
NOÛS × BnF-P : entre création numérique et transmission du savoir
Simulation de Cepheide Mark III Vanité © Graphset
NOÛS × BnF-P : entre création numérique et transmission du savoir
C’est la grande nouvelle de ce début d’année : en partenariat avec BnF-P, Fisheye dévoile NOÛS, un festival pensé pour interroger la...
02 avril 2026   •  
Écrit par Maxime Delcourt
Nos derniers articles
Voir tous les articles
Les Rencontres d’Arles ont annoncé la programmation de leur édition 2026 !
© Carlos Idun-Tawiah, Many Reasons to Live Again [De nombreuses raisons de vivre à nouveau], 2022. Avec l’aimable autorisation de l’artiste et de la Galería Alta.
Les Rencontres d’Arles ont annoncé la programmation de leur édition 2026 !
La programmation de la 57e édition des Rencontres d’Arles, qui se tiendra du 6 juillet au 4 octobre 2026, a été dévoilée. Les expositions...
08 avril 2026   •  
Écrit par Apolline Coëffet
mini EPIC : des petits livres qui disent grand
© Cedric Roux
mini EPIC : des petits livres qui disent grand
Pensés comme une « petite bibliothèque de voyages » , les livres mini EPIC déploient la série d’un·e artiste sur 48 pages. De petits...
08 avril 2026   •  
Écrit par Ana Corderot
La sélection Instagram #552 : chasse aux oeufs et lapin blanc
© tipsa_fse / Instagram
La sélection Instagram #552 : chasse aux oeufs et lapin blanc
Le matin de Pâques, sur l’herbe encore mouillée par la rosée, un lapin blanc se presse. Il dissimule délicatement des œufs, tantôt au...
07 avril 2026   •  
Écrit par Esther Baudoin
Les coups de cœur #579 : Natalia Peralta et Lou Goffini
© Lou Goffini
Les coups de cœur #579 : Natalia Peralta et Lou Goffini
Natalia Peralta et Lou Goffini, nos coups de cœur de la semaine, sondent le monde, à la fois pour y déceler des espaces d’imagination et...
06 avril 2026   •  
Écrit par Ana Corderot