Park Chan-wook, quand la photographie fait son cinéma

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Écrit par Marie Baranger
Park Chan-wook, quand la photographie fait son cinéma
Mademoiselle Minhee Kim. © Park Chan-wook
bâche
Titan, Paju, Corée du Sud, octobre 2023. © Park Chan-wookTitan, Paju, Corée du Sud, octobre 2023. © Park Chan-wook
Grande feuille de Ficus
Face 115, 2012. © Park Chan-wook
166 pages
8,90 €

Connu pour ses films à l’esthétique millimétrée, Park Chan-wook offre à Arles une facette plus secrète de son travail : la photographie. À l’occasion de sa première exposition photographique en Europe, Park Chan-wook, par un matin calme, présentée à la Fondation Lee Ufan Arles, le réalisateur sud-coréen dévoile une pratique intime qui dialogue avec son œuvre en mouvement. Retrouvez cet article en intégralité sur le site de Fisheye.

Quand on dit Park Chan-wook, rares sont ceux qui pensent au photographe qui vit en lui. Cinéaste coréen de renom, qui a signé des films tels que Old Boy (2003), Mademoiselle (2016) ou Decision to Leave (2022), fraîchement sorti de son rôle de président du jury à Cannes, Park Chan-wook présente, pour la première fois en Europe, son œuvre photographique. C’est à Arles, à la Fondation Lee Ufan, dans le cadre du programme associé des Rencontres de la photographie, que l’artiste plante un nouveau décor. Un décor à la fois familier et déroutant. « Mon cinéma et mes photo­ graphies dialoguent, se détachent, s’influencent mutuellement, précise-t-il. Certains diront que mes images ressemblent à mes films, par leur côté grotesque ou leur humour absurde. D’autres pensent le contraire. » S’il y a bien une chose qui sépare ses films et ses images, c’est l’approche qu’il emploie. Dans chacun de ses longs métrages, Park Chan-wook est omniprésent. Il contrôle absolument tout, dans les moindres détails.

« Dans mes films lorsqu’on voit un plan qui semble très naturel, c’est parce qu’on a tout fait pour qu’il le soit. Mais au fond, la composition est artificielle, puisque nous sommes intervenus », confie le réalisateur. Pour le 8e art, c’est une autre toute autre histoire. Quand il revêt son habit de photographe, Park Chan-wook refuse d’interférer. « Parfois j’attends simplement la bonne lumière avant de déclencher », admet-il. Pourtant, une chose est certaine : ses pratiques artistiques se nourrissent l’une de l’autre. « Ce qui relie ces deux mondes, c’est que j’en suis l’auteur. Il y a donc une connexion irréfutable. » Il n’y a pas de mise en scène dans ses images, néanmoins l’artiste choisit son objectif, l’exposition, et la profondeur de champ. « Cela demande le même travail de précision que celui que j’apporte au cinéma. » Et dans son cinéma, l’influence de ses expériences photographiques se fait aussi ressentir : « Cela se retrouve dans le cadrage, le choix de l’objectif ou bien l’éclairage. Puis, en post-production, il y a l’étalonnage, lorsque l’on travaille la colorimétrie du film. C’est un processus qui se rapproche beaucoup de la retouche photo. 

« Une archive de ma vie »

Dans l’exposition, on découvre une facette plus intimiste de l’artiste, où il révèle son amour premier pour un 8e art ancré dans l’ordinaire. Féru des arts plastiques durant son enfance et passionné de cinéma, Park Chan-wook perçoit, dans l’image fixe, un point de rencontre idéal entre ces deux univers.

Cet article est à retrouver en intégralité sur le dernier numéro magazine. L’exposition Park Chan-wook, par un matin calme sera présentée à la fondation Lee Ufan Arles du 6 juillet au 4 octobre dans le cadre des Rencontres d’Arles. Visite de l’exposition le 9 juillet à 18h en compagnie de l’artiste et de la commissaire Valérie Duponchelle (entrée libre dans la limite des places disponibles).

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