Portrait(s) 2026 : David LaChapelle en majesté à Vichy

Portrait(s) 2026 : David LaChapelle en majesté à Vichy
This is my house, New York, 1997 © David LaChapelle
Uma Thurman
Uma Thurman: Beauties Bloom, New York, 1997 © David LaChapelle 

Jusqu’au 4 octobre 2026, le festival Portrait(s) investit la ville de Vichy pour sa quatorzième édition. Cette année, le photographe américain David LaChapelle est à l’honneur dans une grande rétrospective, entre paillettes et rédemption.

Chaque été, le festival Portrait(s) transforme les rues, les parcs et les bâtiments historiques de Vichy en un vaste parcours consacré au portrait photographique. Pour sa quatorzième édition, la manifestation explore une nouvelle fois la pluralité du genre, du document historique à la création contemporaine.

La promenade débute autour de la silhouette élégante du Hall des Sources, bâtiment emblématique de la ville thermale, où Patrick Tournebœuf présente un nouveau chapitre de son vaste projet consacré aux villes d’eaux européennes. Ses photographies de Bath rappellent les liens historiques et architecturaux qui unissent les deux villes thermales. Dans le Hall des Sources également, une proposition originale associe image et son. Invitée chaque année à sélectionner un cliché parmi les archives du festival, la journaliste Brigitte Patient a choisi « Cheyreen au pays d’Alice » de la série Faux Bourgs de Yohanne Lamoulère, une exploration sensible des quartiers périphériques de Marseille et de leurs habitants. Accompagnée par la voix de Brigitte Patient, l’image montre une jeune femme à la présence magnétique, installée devant un service à thé, sur fond de paysage urbain. À quelques pas, un grand tirage de Paul Graham, issu de la collection de la fondation Neuflize OBC, se découvre au son des témoignages du public.

portrait inspiré de la Naissance de Vénus de Botticelli
Rebirth of Venus, Hawaii, 2009 © David LaChapelle 
Un femme géante pose son pied sur un château
Small Landmarks: Reflecting, Paris, 1995 © David LaChapelle
portrait d'un homme en bleu
Behold, Hawaii, 2017 © David LaChapelle

Une carrière haute en couleur

Le Grand établissement thermal de Vichy accueille la première rétrospective française de David LaChapelle depuis celle que lui avait consacrée la Monnaie de Paris en 2009. Une centaine de tirages se déploie au sein de ce décor art déco, retraçant quarante ans d’une carrière haute en couleurs. Dès l’entrée, une mosaïque de portraits accueille le visiteur. Michael Jackson, Tupac Shakur, David Bowie, Kim Kardashian, Elton John, Dua Lipa ou Eminem composent une galerie d’icônes qui a largement contribué à la notoriété du photographe américain. Mais l’exposition dépasse rapidement le simple défilé de célébrités. L’ensemble révèle les multiples facettes d’une œuvre nourrie tout autant par les commandes réalisées pour la presse, la musique ou la mode que par une recherche
artistique profondément personnelle.

Culture populaire mêlée aux récits bibliques

Dans ces images exubérantes, la culture populaire rencontre l’histoire de l’art, la publicité côtoie les récits bibliques et les références à la peinture classique se mêlent aux codes de la société du spectacle. La religion occupe une place centrale dans cet univers. Figures christiques, Pietà contemporaines, saints et pécheurs peuplent des compositions où le sacré se pare de strass, de couleurs flamboyantes et de mises en scène théâtrales. Héritier autant des maîtres anciens que de la culture pop américaine, David LaChapelle transforme les récits bibliques en visions contemporaines aussi acidulées que dramatiques. Sous l’éclat du spectacle affleure toutefois une critique constante du monde contemporain. Matérialisme, culte de la consommation ou destruction de l’environnement traversent l’ensemble du parcours. La série Deluge, inspirée du Déluge biblique, clôt l’exposition sur une vision aussi apocalyptique que fascinante.

En quittant le Grand établissement thermal de Vichy, le visiteur poursuit sa marche le long de l’Allier. Bordant la promenade, une sélection de portraits issus des collections du musée Nicéphore Niépce déroule plus d’un siècle d’histoire photographique. Portraits de studio, photographie de presse, instantanés du quotidien ou expérimentations d’auteurs : l’ensemble retrace l’évolution du portrait, tout en révélant la diversité de ses usages.

Concluant cette déambulation, Julia Gat offre une rencontre avec le Vichy d’aujourd’hui. Dix ans après une première résidence dans la ville, elle revient au CAVILAM-Alliance Française, où elle réalise une série de portraits d’étudiants venus du monde entier. Avec la douceur qui la caractérise, la photographe marseillaise compose un portrait collectif traversé par la diversité des parcours, des langues et des cultures. Une manière de rappeler que derrière chaque portrait se cache moins une image qu’une rencontre.

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