« Standard Deviation » : Mesurer les maux de notre planète

31 juillet 2019   •  
Écrit par Julien Hory
« Standard Deviation » : Mesurer les maux de notre planète

Diogo Bento est un artiste de son temps. Il se préoccupe de notre avenir et celui notre planète. En témoigne sa série Standard Deviation, une plongée avec ceux qui mesurent les maux de notre Terre.

N’en déplaise aux climatosceptiques, notre planète va mal. À l’heure des fakes news institutionnalisées, il faut produire des preuves. Le réchauffement climatique est une réalité mesurable et des scientifiques s’emploient à le démontrer chaque jour. C’est à eux que le photographe portugais Diogo Bento consacre ses travaux récents, produits par la plateforme européenne PARALLEL et visibles à la galerie le Château d’eau à Toulouse jusqu’au 1er septembre.  « J’ai toujours été attiré par la nature, les paysages, les plantes, le territoire... La domestication de la nature, la botanique, les changements climatiques et la recherche scientifique sont au cœur de mes projets », confie-t-il.

Dans sa série Standard Deviation, Diogo Bento a voulu approcher les techniques scientifiques qui permettent l’observation des changements climatiques. Pour cela, il a adopté le point de vue de ceux qui travaillent sur le terrain. « Avec Standard Deviation, explique-t-il, j’ai abordé la recherche scientifique en tant que domaine où le monde, naturel et physique, est observé, mesuré, classifié et ordonné de manière obsessionnelle et exhaustive, au nom de la surveillance et de la modélisation des données climatiques. »

© Diogo Bento

Une quête philosophique

Pour Standard Deviation, débutée en 2017, Diogo Bento a choisi l’Observatoire atmosphérique du Cap-Vert comme terrain d’étude. Il a pu travailler en étroite collaboration avec les scientifiques sur place et ainsi saisir les difficultés inhérentes à leurs recherches. « J’ai compris que l’erreur contribuait de façon décisive à éclairer la voie de la connaissance, analyse Diogo Bento. Ça m’a aidé à axer mon approche sur les aspects les plus humanisant et les plus intimes de la science, où l’échec et l’improvisation sont les plus visibles. »

Si cette série est en rupture formelle avec ses premiers travaux, elle reste habitée par les préoccupations originelles de son auteur. « Ce qui est vraiment commun à mes projets, c’est mon intérêt à essayer de comprendre la condition humaine et notre interaction avec la nature. » D’un travail presque documentaire, le photographe est passé à une quête philosophique. Dans ce cheminement, Diogo Bento adopte clairement une vision positiviste sur la recherche scientifique. De quoi étayer les arguments face à ceux qui refusent encore de voir que la Terre tombe de Charybde en Scylla.

© Diogo Bento© Diogo Bento
© Diogo Bento© Diogo Bento
© Diogo Bento© Diogo Bento
© Diogo Bento© Diogo Bento

© Diogo Bento

© Diogo Bento

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