

Dans le cadre de ces cinq ans, et du OFF des Rencontres d’Arles, la Kabine accueille, du 27 juin au 20 septembre, Au bord des mondes : Habiter les territoires, survivre aux fractures. Une exposition qui invite à repenser notre manière d’habiter ensemble.
La Kabine fête cette année ses cinq ans. Créé en 2020 par Rosalie Parent, Florent Basiletti et Juliette Larochette, cet espace indépendant dédié à l’image contemporaine s’est construit en dehors des formats classiques – un lieu où la photographie dialogue avec le dessin, la vidéo et les images animées, où les pratiques se croisent et les formes s’inventent librement. À l’origine du festival OFF d’Arles, cet espace, gratuit et ouvert à tous, montre le travail d’artistes émergents, aux propositions artistiques hybrides et défend la création comme un geste collectif et accessible. Pour la 5e année, le OFF d’Arles, déployé en même temps que les Rencontres, transforme le reste de la ville en un parcours d’expositions et de rencontres autour de l’image contemporaine, à travers La Kabine mobile.
Pour cette édition des Rencontres d’Arles, l’exposition Au bord des mondes, présentée à l’espace Printemps, réunit huit photographes venus de différents territoires du monde autour d’une cartographie sensible – celle des espaces vulnérables, en transformation. Frontières, mémoire, corps, bouleversements écologiques, politiques et sociaux : comment habite-t-on une terre qui disparaît et se transforme ? C’est la question que posent ces huit propositions documentaires, fil conducteur d’une aventure qui, depuis cinq ans, ne cesse de chercher de nouveaux espaces pour faire circuler les images.

Comment habiter notre monde si celui-ci nous dépasse ?
Forte de son titre, elle interroge le spectateur sur nos manières d’habiter la Terre. Comment cette dernière peut-elle être bouleversée et fragilisée par les événements écologiques, politiques et sociaux ? Comment la mémoire, les frontières et les corps en deviennent-ils des acteurs ? Le fil de l’exposition tourne autour de la cartographie, celle de la sensibilité des territoires contemporains et des espaces vulnérables en transformation. Des plages de Gaza en passant par les villages sacrés du Burkina Faso, les photographies réinventent un nouveau « chez soi », pour maintenir un lien avec le vivant et pour former un acte de résistance. Le but est de mettre en avant les souvenirs, les croyances, les gestes ancestraux et les langues, pour garder toutes formes de survie, malgré les fractures. Alors, comment habiter notre monde si celui-ci nous dépasse, nous inquiète et nous échappe ? Nous voyons à travers l’ensemble des images présentées que la clé finale est peut-être celle du collectif comme espace de circulation.

