My-Lan Hoang-Thuy : étude du corps féminin sensible et polysémique

28 novembre 2023   •  
Écrit par Costanza Spina
My-Lan Hoang-Thuy : étude du corps féminin sensible et polysémique
© My-Lan Hoang-Thuy
© My-Lan Hoang-Thuy

© My-Lan Hoang-Thuy
© My-Lan Hoang-Thuy

En parallèle de sa rétrospective dédiée à Viviane Sassen, la Maison européenne de la Photographie accueille, dans son Studio, l’artiste émergente My-Lan Hoang-Thuy. Plongez, jusqu’au 10 décembre, dans son univers sensible, mêlant photographie et peinture.

Pour sa troisième saison 2023, la MEP continue son cycle autour des femmes artistes en mettant en avant le travail de Viviane Sassen et de la jeune photographe My-Lan Hoang-Thu. Les langages des deux artistes se répondent autour d’une écriture intimiste et sensible. Les corps des femmes y sont explorés par la peinture, le collage et l’installation, ainsi que par le prisme de la mode. Empathique, riche de nuances et de délicatesse, le travail de My-Lan Hoang-Thuy mêle peinture et photographie en abolissant la frontière entre les médiums. L’exposition Femme Actuelle tisse donc des liens entre peinture, arts graphiques, dessin et photographie et présente une série de travaux réalisés à partir de peinture acrylique, avec une esthétique qui s’affranchit d’un schéma préétabli. Cette sélection d’œuvres produites entre 2019 et aujourd’hui, sont unies par une continuité thématique : son corps, figure récurrente des œuvres présentées, est étudié, modulé et renversé.

Le corps comme outil d’analyse

Au cœur de Femme Actuelle, My-Lan Hoang-Thuy explore le corps féminin à travers plusieurs médiums, allant de la peinture au dessin graphique, en donnant vie à une fresque polysémique et polymorphe. Ses œuvres répondent à une structure similaire : elles sont réalisées à partir de peinture acrylique, dont l’artiste produit elle-même les mélanges de couleurs. En s’émancipant de tous les codes préétablis, l’artiste « module son anatomie, l’allonge ou la rapetisse, diversifie ses poses, et renverse toute tentative d’objectivation de son corps » comme l’indique la commissaire d’exposition, Clothilde Morette. Une série qui témoigne d’un goût prononcé pour l’édition, à travers un équilibre précis entre les textures et les motifs ainsi que dans les choix de gabarits proches des formats papier. 

Les compositions sont constituées d’éléments du quotidien, autant dans le choix des matières que des couleurs. Le parcours est d’ailleurs rythmé par un agencement colorimétrique précis. Le corps est envisagé comme un outil d’analyse. L’artiste devient l’alchimiste d’elle-même. « Seule, dans une œuvre grand format, l’artiste se représente plus lisiblement » précise Clothilde Morette. Dans certaines images, en tenant dans la main le déclencheur de son appareil photo, elle nous rappelle que c’est bien elle qui maîtrise l’exposition de soi. 

À l’occasion de cette exposition, une publication présentant l’ensemble des œuvres de Hoang-Thuy sera éditée par Bernard Chauveau.

© My-Lan Hoang-Thuy
À lire aussi
Viviane Sassen à la MEP : mode couleurs
© Viviane Sassen / Courtesy of MEP
Viviane Sassen à la MEP : mode couleurs
Jusqu’au 11 février 2024, Viviane Sassen s’expose à la Maison européenne de la photographie à l’occasion d’une rétrospective d’envergure….
02 novembre 2023   •  
Écrit par Apolline Coëffet
Boris Mikhaïlov à la MEP : journal d’un éternel irrévérencieux
Boris Mikhaïlov à la MEP : journal d’un éternel irrévérencieux
Pour la rentrée, la Maison européenne de la photographie accueille la première rétrospective en France consacrée au photographe ukrainien…
08 septembre 2022   •  
Écrit par Ana Corderot
« Love Songs » à la MEP : offrez-vous une ballade dans l’intimité des photographes
© Nan Goldin
« Love Songs » à la MEP : offrez-vous une ballade dans l’intimité des photographes
À la MEP, jusqu’au 21 août, les plus grands photographes des 20e et 21e siècles nous chantent l’amour…
31 mars 2022   •  
Écrit par Anaïs Viand
Explorez
Émotions et mémoire brute à la Fisheye Gallery d’Arles
© Li Hui
Émotions et mémoire brute à la Fisheye Gallery d’Arles
Cet été, la Fisheye Gallery, rouvre ses portes à Arles, avec deux expositions sous le commissariat de Tess Druot. La première réunit...
09 juillet 2026   •  
Écrit par Deng Qiwen
Park Chan-wook, quand la photographie fait son cinéma
Mademoiselle Minhee Kim. © Park Chan-wook
Park Chan-wook, quand la photographie fait son cinéma
Connu pour ses films à l’esthétique millimétrée, Park Chan-wook offre à Arles une facette plus secrète de son travail : la photographie....
07 juillet 2026   •  
Écrit par Marie Baranger
Chère Lisa : ces choses que l’on revêt
© Louise Chevallet
Chère Lisa : ces choses que l’on revêt
C’est entre les pages du journal intime de sa mère que Louise Chevallet s’est aventurée pour composer son ouvrage Chère Lisa. À...
03 juillet 2026   •  
Écrit par Ana Corderot
La sélection Instagram #560 : du mouvement et de la danse
© heemuroo / Instagram
La sélection Instagram #560 : du mouvement et de la danse
Comme le disait Pina Bausch dans son discours d'acceptation d'un doctorat honoris causa que lui a attribué l'université de Bologne...
30 juin 2026   •  
Écrit par Esther Baudoin
Nos derniers articles
Voir tous les articles
Rebekka Deubner, lettres d'amour à terre
© Rebekka Deubner
Rebekka Deubner, lettres d’amour à terre
Exposé aux Rencontres d'Arles, à la Croisière, le projet La terre amoureuse de Rebekka Deubner nous parle avec une grande justesse de la...
Il y a 9 heures   •  
Écrit par Ana Corderot
Émotions et mémoire brute à la Fisheye Gallery d’Arles
© Li Hui
Émotions et mémoire brute à la Fisheye Gallery d’Arles
Cet été, la Fisheye Gallery, rouvre ses portes à Arles, avec deux expositions sous le commissariat de Tess Druot. La première réunit...
09 juillet 2026   •  
Écrit par Deng Qiwen
Sabelo Mlangeni reçoit le prix James Barnor 2026
"Faith and Sakhi Moruping, Thembisa Township", 2004, de la série Isivumelwano © Sabelo Mlangeni
Sabelo Mlangeni reçoit le prix James Barnor 2026
La nouvelle vient de tomber : Sabelo Mlangeni remporte la troisième édition du prix James Barnor pour son œuvre autour des notions de...
08 juillet 2026   •  
Écrit par Apolline Coëffet
L’exposition, Au bord des mondes, pour les 5 ans de La Kabine 
© Lys Arango / La Kabine
L’exposition, Au bord des mondes, pour les 5 ans de La Kabine 
Au bord des mondes : Habiter les territoires, survivre aux fractures, du 27 juin au 20 septembre, une exposition qui invite à repenser...
08 juillet 2026   •  
Écrit par Annabelle GARBIGLIA