Prix Photographie & Sciences : Julien Lombardi et Richard Pak exposent à la Villa Pérochon

10 octobre 2025   •  
Écrit par Marie Baranger
Prix Photographie & Sciences : Julien Lombardi et Richard Pak exposent à la Villa Pérochon
Inframundo, de la série Planeta, 2024 © Julien Lombardi
un cactus fluorescent dans la nuit étoilée
UV 395 nm, de la série Planeta, 2024 © Julien Lombardi

Du 11 octobre 2025 au 21 février 2026, la Villa Pérochon devient théâtre de sciences, présentant les travaux de Julien Lombardi, lauréat 2025 du prix Photographie & Sciences, et de Richard Pak, lauréat de la première édition en 2021. Entre espace, écologie et insularité, les deux artistes tissent des projets où l’image et les sciences ne font qu’un.

Depuis 2021, le prix Photographie & Sciences, initié par la Résidence 1+2 à Toulouse, et coordonné par son délégué général Philippe Guionie, soutient un·e photographe en quête de faire fusionner l’image et les disciplines scientifiques. À l’occasion de la Fête de la science 2025, la Villa Pérochon accueille une exposition collective rassemblant deux lauréats dudit prix : Julien Lombardi (2025) et Richard Pak (2021). Les deux artistes avaient déjà fait converser leurs travaux lors du festival Paysages mouvants, présenté au Jeu de Paume en février et mars dernier. Explorant des pans différents de la science, expérimentant autant dans la recherche que dans l’approche plastique, chacun aborde avec brio des sujets profondément contemporains : Julien Lombardi s’attaque à l’espace et la fabrication d’un « exotisme cosmique » avec Plantea, quant à Richard Pak, il explore le destin déchu de l’île de Nauru, perdue à l’exploitation de phosphate, dans sa série L’Île naufragée. 

Paysage qui ressemble à un paysage martien
Paysage simulation, de la série Planeta, 2024 © Julien Lombardi
paysage de roches aux teintes rouges
Topside III, de la série L’île naufragée, 2022 © Richard Pak
roche cosmique
Petrographie, de la série Planeta, 2024 © Julien Lombardi

« Fables documentaires »

L’espace est au cœur de la recherche visuelle de Julien Lombardi. L’artiste explore autant son entité scientifique que les projections exotiques et les scénarios interstellaires que lui impose l’imaginaire humain. « L’espace est au centre de toutes les attentions, qu’il s’agisse d’observation, d’exploration ou de conquête, depuis l’avènement du New Space et l’arrivée d’entreprises privées dans ce secteur », précise le photographe. Partant des missions Apollo simulées dans le désert mexicain, Julien Lombardi compose Planeta, en collaboration avec des astrophysiciens, des biologistes, des géologues et des anthropologues, « un contre-récit de la conquête spatiale ». « L’enjeu est de questionner nos représentations de l’espace et les imaginaires qui lui sont associés, car on ne voit pas l’espace, nos sens humains ne nous le permettent pas […]. Pas plus d’ailleurs que nous ayons personnellement et physiquement accès à d’autres mondes. Il se joue dans ce trouble des questions fondamentales sur la nature des images, sans la compréhension des travaux scientifiques qui en sont à l’origine : que regarde-t-on ? », se demande-t-il.

En dialogue avec le spatial, l’océan et l’insularité. Richard Pak déploie son travail sur Nauru, une île en Océanie. En quelques décennies, à cause d’une exploitation dense de phosphate, elle est passée « d’une île paradisiaque en un effondrement écologique, économique et social », raconte le photographe. Croisant les paysages desséchés et le lagon turquoise, tout en intervenant de manière chimique sur ses négatifs, il renverse l’imaginaire qu’on se fait d’une terre qui semble idyllique en surface. « Le procédé altère l’émulsion, n’épargnant que la seule gamme du rouge, produisant un rendu esthétique qui nous emporte vers la (science) fiction ou la fable mythologique. À l’image de l’île, ces originaux ainsi sacrifiés dans le phosphate en ressortent irrémédiablement transformés et appauvris, comme une alchimie inversée », explique-t-il. Julien Lombardi et Richard Pak, nous transportent dans des « fables documentaires », pour reprendre les mots du dernier, qui proposent des récits alternatifs interrogeant notre rapport à la nature.

paysage portuaire avec des altérations chimiques sur l'image
Cantilever I, de la série L’Île naufragée, 2022 © Richard Pak
Paysage marin avec une altération chimique sur la photo formant un soleil vert
Soleil vert, de la série L’Île naufragée, 2024 © Richard Pak
À lire aussi
Jeu de Paume : Paysages mouvants, terrain de nos récits personnels et collectifs
The Scylla/Charybdis Temporal Rift Paradox 2025. Installation : soieries, bras robotisé, vidéo, lumières leds et Uvs (détail). © Mounir Ayache
Jeu de Paume : Paysages mouvants, terrain de nos récits personnels et collectifs
Jusqu’au 23 mars 2025, le Jeu de Paume accueille la deuxième édition de son festival dédié aux images contemporaines : Paysages mouvants….
11 février 2025   •  
Écrit par Marie Baranger
Richard Pak tire le portrait de l’île Tristan da Cunha
© Richard Pak
Richard Pak tire le portrait de l’île Tristan da Cunha
Avec Les îles du désir, Richard Pak pose son regard sur l’espace insulaire. La galerie Le Château d’Eau, à Toulouse accueille, jusqu’au 5…
20 novembre 2024   •  
Écrit par Costanza Spina
Julien Lombardi remporte le prix Photographie & Sciences 2024
© Julien Lombardi, Planeta, UV 395 nm, 2024
Julien Lombardi remporte le prix Photographie & Sciences 2024
Le jury de la quatrième édition du prix Photographie & Sciences a récompensé Julien Lombardi. Sa série primée, Planeta, prend pour…
10 décembre 2024   •  
Écrit par Apolline Coëffet
Explorez
FLASH : la photographie au cœur des périphéries
Noubia © Mohamed Bourouissa
FLASH : la photographie au cœur des périphéries
Jusqu’au 7 novembre, la commune de Fontenay-sous-Bois accueille la première édition de FLASH, festival social et citoyen qui dresse un...
06 octobre 2026   •  
Alain Paviot, pionnier du marché de la photographie en France, est décédé
© Philippe Vermès
Alain Paviot, pionnier du marché de la photographie en France, est décédé
Alain Paviot nous a quittés ce mardi 29 septembre. Pionnier du marché de l’art, il a créé l’une des premières galeries de photographies...
29 septembre 2026   •  
Écrit par Apolline Coëffet
Les Photaumnales : pour une éducation aux images
© Marisol Mendez
Les Photaumnales : pour une éducation aux images
À l’occasion du Bicentenaire, l’heure est au constat. Intitulée « La Photographie, et après ? », l’édition 2026 des Photaumnales...
26 septembre 2026   •  
Écrit par Ana Corderot
Les coups de cœur #585 : Lorenzo Levi et Federico Pacini
A non Fairy, Tale. © Lorenzo Levi
Les coups de cœur #585 : Lorenzo Levi et Federico Pacini
Cette semaine, Lorenzo Levi et Federico Pacini, tous deux originaires d’Italie, parcourent la ville, ses lieux parfois déserts et les...
21 septembre 2026   •  
Écrit par Ana Corderot
Nos derniers articles
Voir tous les articles
InCadaqués Festival : Julie Peiffer remporte le Premi Fotografia Femenina 2026
© Julie Peiffer
InCadaqués Festival : Julie Peiffer remporte le Premi Fotografia Femenina 2026
Le Premi Fotografia Femenina Fisheye x InCadaqués 2026 a récompensé Julie Peiffer pour Renversement, une série où la nature fragile...
10 octobre 2026   •  
Écrit par Apolline Coëffet
Le Chant des villes : un urbain intime chez agnès b. 
© Alexandre Dupeyron
Le Chant des villes : un urbain intime chez agnès b. 
Jusqu’au 25 octobre 2026, la Galerie du Jour agnès b. présente Le Chant des villes, une exposition collective aux écritures contrastées...
09 octobre 2026   •  
Écrit par Lou Tsatsas
Blindfolded : Antoine De Winter dialogue avec les glaciers
© Antoine De Winter
Blindfolded : Antoine De Winter dialogue avec les glaciers
Dans Blindfolded, Antoine De Winter s'intéresse à la disparition des glaciers des Alpes suisses en mêlant abstractions colorées et images...
08 octobre 2026   •  
Écrit par Marie Baranger
Blinded by your Grace : les tempêtes chassées
© Sarah Chaplin Espenon, 2026, courtesy Loose Joints
Blinded by your Grace : les tempêtes chassées
Dans son ouvrage Blinded by the Grace, publié chez Loose Joints, Sarah Chaplin Espenon s’intéresse aux femmes chasseuses de tornades. Une...
07 octobre 2026   •  
Écrit par Lou Tsatsas