
Ce mercredi 20 mai 2026, le prix Niépce Gens d’images a dévoilé le nom de sa 71e lauréate : il s’agit d’Alexandra Catiere. À travers ses projets, la photographe tisse un dialogue avec ses sujets tout en laissant place à l’imprévu.
« Ce dont je rêve, c’est de créer des images qui respirent, qui nourrissent le regard et nous amènent ailleurs. L’Art c’est le chemin vers l’âme. L’âme inconnue et sans fond. Je crée les images pour partager cet itinéraire possible, cette voie d’accès qui nous amène vers nous-même », assure Alexandra Catiere, qui vient de remporter le prix Niépce Gens d’images 2026. Lancée par Albert Plécy en 1955, la récompense fut la première en France à valoriser le travail de photographes professionnels. Chaque année, elle distingue des artistes confirmés, âgés de moins de 50 ans et d’origine française ou habitant l’Hexagone depuis plus de trois ans. À cet effet, les membres du jury, présidé par Héloïse Conésa, conservatrice chargée de la photographie contemporaine à la Bibliothèque nationale de France, se sont réunis ce lundi 18 mai afin de s’accorder sur le nom de la lauréate de cette 71e édition.


Une œuvre faite de rencontres
Depuis plus de trois décennies, Alexandra Catiere compose une œuvre articulée autour de rencontres : celles avec ses sujets comme celles avec les imprévus. « “Dialogue”, c’est le mot clé de mon travail, explique-t-elle dans la note d’intention de son dossier. Je suis en contact avec le sujet et le moment mais aussi avec la chimie et tous les accidents qui peuvent arriver pendant la création. Les idées naissent de la matière. C’est pourquoi j’aime énormément travailler à l’argentique. La création se passe en grande partie après la prise de vue, au moment du développement, et de l’incarnation de l’image dans le tirage. » Dans cette conception de la photographie, elle s’intéresse à la manière dont « la matière peut transformer la réalité, comment en utilisant l’appareil photo et la chimie, les objets deviennent autres choses ». Sensible à cette approche, la commissaire d’exposition indépendante Solenn Laurent a soutenu l’artiste dans sa candidature. « Elle plonge dans ses archives – une accumulation de tirages tests, d’accidents – et se confronte à la matérialité, brute. Elle déconstruit, rassemble, reconstruit à partir d’une mémoire, une matière vivante, décrit-elle dans sa lettre d’introduction. Ce qui émane est nouveau, pourtant tout était déjà là, en profondeur. Entre proche et lointain, intime et universel, la photographie n’est plus seulement un langage plastique, c’est une expérience. »
Le 17 juin prochain, à 19 heures, Alexandra Catiere parlera de son travail le temps d’une conférence, en accès libre, à l’auditorium de l’ADAGP. Cette dernière, associée à la Picto Foundation et au ministère de la Culture, lui attribue une dotation de 15 000 €. Enfin, la Bibliothèque nationale de France, le Jeu de Paume de Tours et la Galerie Dityvon-Université d’Angers accueilleront tour à tour une exposition de ses tirages. Le public pourra les découvrir entre janvier et mars 2028.