Fisheye 29 : les dessous de la couv’

21 mars 2018   •  
Écrit par Fisheye Magazine
Fisheye 29 : les dessous de la couv’

À tout juste 24 ans, Charlotte Abramow ne s’interdit rien et réussit tout ce qu’elle entreprend : projets personnels, shootings de mode, réalisations de clips… Son regard décalé ausculte les corps avec humour et délicatesse.

Qu’elle photographie les transformations de l’adolescence dans Metamorphosis, la beauté intemporelle d’une femme de 74 ans dans Claudette, qu’elle revisite Ingres au masculin avec Le Grand Odalisque, ou qu’elle mette en scène les contorsions d’un corps à demi-nu dans Équilibre instable, Charlotte Abramow a toujours un regard plein de délicatesse, coloré par son approche ludique. Mais la jeune artiste travaille aussi pour les magazines de mode, prépare la prochaine affiche du Salon de la photo, photographie les seins de ses amies qu’elle compare à des fruits, et réalise des clips, comme celui des Passantes de Georges Brassens, qui est sorti le 8 mars à l’occasion de la Journée internationale des droits des femmes. « J’aimerais apporter un nouveau regard sur le corps : celui de la curiosité. Qu’on s’en étonne, comme si l’on prenait un nouveau point de départ. Jouer avec lui. Le voir comme un ami dont on peut rire, faire des expérimentations visuelles avec et s’émerveiller face à ses contorsions, ses accidents. Voir aussi le corps comme un paysage abstrait. En tous cas, le détacher de sa notion d’objet de séduction et de désir, et relâcher un peu la pression qu’on met dessus. Photographier le corps des gens, c’est aussi entrer dans leur intimité, c’est là que le rapport ludique et humoristique à la chair permet une voie d’accès, car on vit l’expérience vraiment ensemble ». Née en 1993, à Bruxelles, Charlotte Abramow a suivi son premier stage aux Rencontres d’Arles en 2010 avec Paolo Roversi, qui raconte qu’elle « fait preuve de beaucoup de volonté, d’énergie et a l’âme d’une guerrière ». En 2013, elle intègre Gobelins, l’École de l’image, décroche le prix Picto de la jeune photographie de mode l’année suivante, et sort diplômée de l’institution parisienne en 2015. Elle prépare un livre et une exposition sur un projet intitulé Maurice. Dans cette série dédiée à son père, qui a appris à l’âge de 79 ans, en 2011, qu’il était atteint d’un cancer, la jeune femme photographie ce personnage fantasque dans la traversée de la maladie jusqu’à sa guérison.

© Charlotte Abramow© Charlotte Abramow

© Charlotte Abramow

Vidéo : Nina Peyrachon

Explorez
Rencontres d'Arles 2026 : les coups de cœur de la rédaction
Dana Steichen, M. Steichen est surpris par Mme Steichen en train de croiser un delphinium blanc avec un delphinium violet foncé afin d'augmenter la taille des fleurs de la variété blanche, Umpawaug Farm, Connecticut, États-Unis, 1938 Collection Spuerkeess. © 2026 The Estate of Edward Steichen / Artists Rights Society (ARS), New York.
Rencontres d’Arles 2026 : les coups de cœur de la rédaction
La semaine d'ouverture vient de se clôturer, mais le festival, quant à lui, sera bien présent tout l'été, et ce, jusqu'au 4 octobre...
13 juillet 2026   •  
Mallory Lowe Mpoka élue lauréate du prix de la photo Madame Figaro
© Mallory Lowe Mpoka, In the Weft of Memory [Dans la trame de la mémoire] (détail), Musée des Beaux-Arts du Canada, Ottawa, 2025, tissage jacquard et perles de verre Avec l’aimable autorisation de l’artiste.
Mallory Lowe Mpoka élue lauréate du prix de la photo Madame Figaro
Le prix de la photo Madame Figaro, dédié aux femmes photographes émergentes, soutenu par Kering, a récompensé, à l’occasion des...
11 juillet 2026   •  
Écrit par Ana Corderot
Le prix Dior de la photographie attribué à Akari Takenobu
Threshold © Akari Takenobu, pour Christian Dior Parfums
Le prix Dior de la photographie attribué à Akari Takenobu
Initié en 2018 par Christian Dior Parfums, en partenariat avec LUMA Arles et l’École nationale supérieure de la photographie (ENSP) le...
10 juillet 2026   •  
Écrit par Ana Corderot
Émotions et mémoire brute à la Fisheye Gallery d’Arles
© Li Hui
Émotions et mémoire brute à la Fisheye Gallery d’Arles
Cet été, la Fisheye Gallery, rouvre ses portes à Arles, avec deux expositions sous le commissariat de Tess Druot. La première réunit...
09 juillet 2026   •  
Écrit par Deng Qiwen
Nos derniers articles
Voir tous les articles
Katia Kameli présente le Roman algérien à Arles 2026
© Katia Kameli
Katia Kameli présente le Roman algérien à Arles 2026
À Arles, Katia Kameli dévoile un nouveau chapitre de son vaste projet Le Roman algérien, une œuvre au long cours qui interroge la...
Il y a 4 heures   •  
Écrit par Costanza Spina
Rencontre avec Véronique Souben, directrice de l’ENSP, et Salomé Gaëta, ancienne élève
[Helio 7], 2026. © Salomé Gaëta
Rencontre avec Véronique Souben, directrice de l’ENSP, et Salomé Gaëta, ancienne élève
Véritable institution au cœur des Rencontres d’Arles, l’École nationale supérieure de la photographie cultive une approche singulière de...
25 juillet 2026   •  
Écrit par Fabrice Laroche
Jérôme Clément-Wilz et la caméra comme preuve
Visuels du film Ceci est mon corps. © Jérôme Clément-Wilz
Jérôme Clément-Wilz et la caméra comme preuve
Documentariste du regard situé, Jérôme Clément-Wilz filme depuis des années ce que la société préfère exotiser, ostraciser, taire ou...
24 juillet 2026   •  
Écrit par Ana Corderot
Bertien van Manen : étendre les contours de la société
© Bertien van Manen, Works "Ljalja, Odessa", 1991 Série / From the series : Let's sit down before we go / Courtesy of Stichting Bertien van Manen.
Bertien van Manen : étendre les contours de la société
Dans le cadre du Grand Arles Express, le Centre de la photographie de Mougins consacre une dense exposition à Bertien van Manen. Une...
23 juillet 2026   •  
Écrit par Apolline Coëffet