Concours Fisheye x MPB : découvrez le nom des deux lauréates !

17 mars 2026   •  
Écrit par Apolline Coëffet
Concours Fisheye x MPB : découvrez le nom des deux lauréates !
© Emma Devigne
Une main avec des fleurs noires au bout des doigts
© Tempé Storm Cole

Il y a quelques jours, les membres du jury du concours Fisheye x MPB se sont réunis afin de désigner leurs deux lauréates. Dans des approches disparates, toutes deux matérialisent la thématique de l’empreinte.

Le 26 février dernier s’achevait le concours organisé par Fisheye et MPB, qui, depuis 2011, rend la création photographique et vidéographique plus accessible en proposant du matériel d’occasion abordable. Porté par la thématique de l’empreinte, celui-ci a suscité l’intérêt de nombreux artistes, qu’il s’agisse d’amateurs ou de professionnels. De fait, les candidats participaient dans l’optique de remporter un bon de 2000 € pour l’achat de matériel photo et vidéo d’occasion ainsi qu’un abonnement de deux ans à notre magazine. Après avoir étudié plusieurs centaines de dossiers, les membres du jury se sont réunis afin de désigner leurs deux lauréates qui ne sont autres que Tempé Storm Cole et Emma Devigne. Ils adressent également une mention spéciale à Justine Valençon, Alfonso Bricegno, Francisco Gonzalez Camacho, Natali Agryzkova et Hélène Mastrandréas qui se sont distingués par leur approche du sujet. 

Un second souffle

De sombres fleurs au bout des doigts, des branches jaillissant d’une vaste étendue d’eau, une végétation apparaissant à travers une paroi légèrement fumée… Les compositions de Tempé Storm Cole sont habitées par la solastalgie, un « néologisme introduit par le philosophe de l’environnement Glenn Albrecht en 2003 », rappelle l’artiste. Ce terme renvoie à une détresse psychique face aux changements climatiques qui, d’une certaine façon, appose son empreinte sur notre manière de percevoir le monde alentour. « Loin d’être pessimiste, ce corpus d’images propose une petite pause à la fois douce et urgente » qui permet d’interroger la façon dont les êtres appréhendent leur environnement, de même que les liens qui les unissent, assure-t-elle. Emma Devigne traduit le sujet d’une tout autre manière. Elle réutilise d’anciennes cartes postales et laisse « une cicatrice douce dans la matière » en les ornementant de motifs brodés au point de croix : « Les cartes postales que je travaille, datées de 1880 à 1920 et issues des archives régionales de Saint-Malo, sont déjà chargées d’empreintes. Empreinte du sel dans l’air marin, du temps qui jaunit le papier, de l’encre qui tremble sous l’écriture. Empreinte des mains qui les ont tenues, des regards qui ont choisi ce paysage pour l’envoyer à quelqu’un d’absent. Une carte postale est une trace. Un fragment de lieu détaché pour être transmis. Une tentative de rendre présent ce qui est loin. Je viens déposer une nouvelle empreinte sur ces surfaces marquées. » Ce processus permet ainsi d’offrir un second souffle à des vestiges d’existence qui auraient pu sombrer dans l’oubli.

Une carte postale d'époque brodée au point de croix
© Emma Devigne
Des branches dans une étendue d'eau
© Tempé Storm Cole
une végétation apparaît à travers une paroi légèrement fumée
© Tempé Storm Cole
Une carte postale d'époque brodée au point de croix
© Emma Devigne
À lire aussi
Souvenirs brodés au fil du temps
Souvenirs brodés au fil du temps
Sujets insolites ou tendances, faites un break avec notre curiosité de la semaine. Dans sa série Time Spent That Might Otherwise Be…
21 janvier 2022   •  
Écrit par Apolline Coëffet
Entre les courbes des « Dunes », Justine Valençon libère les corps féminins
Entre les courbes des « Dunes », Justine Valençon libère les corps féminins
Au début de l’été, Justine Valençon a dévoilé Dunes, première série d’un projet au long cours placé sous le signe de l’engagement. Sur…
26 août 2022   •  
Écrit par Apolline Coëffet
Explorez
Rebekka Deubner, lettres d'amour à terre
© Rebekka Deubner
Rebekka Deubner, lettres d’amour à terre
Exposé aux Rencontres d'Arles, à la Croisière, le projet La terre amoureuse de Rebekka Deubner nous parle avec une grande justesse de la...
09 juillet 2026   •  
Écrit par Ana Corderot
L’exposition, Au bord des mondes, pour les 5 ans de La Kabine 
© Lys Arango / La Kabine
L’exposition, Au bord des mondes, pour les 5 ans de La Kabine 
Au bord des mondes : Habiter les territoires, survivre aux fractures, du 27 juin au 20 septembre, une exposition qui invite à repenser...
08 juillet 2026   •  
Écrit par Annabelle GARBIGLIA
Bleu comme désert pour interroger notre regard sur un territoire
© Leïla Macaire
Bleu comme désert pour interroger notre regard sur un territoire
Bleu comme désert est un projet photographique réalisé par Leïla Macaire dans les dunes du désert du Tassili n’Ajjer, en Algérie, qui...
30 juin 2026   •  
Écrit par Esther Baudoin
Festival Mondes en commun 2026 ou les empreintes en repères
© Yasmina Benabderrahmane
Festival Mondes en commun 2026 ou les empreintes en repères
Pour la 3e édition du festival Mondes en commun du musée départemental Albert-Kahn, ce sont onze photographes qui déploient leurs œuvres...
30 mai 2026   •  
Écrit par Ana Corderot
Nos derniers articles
Voir tous les articles
Jordan Beal : Martinique (re)générée
© Jordan Beal
Jordan Beal : Martinique (re)générée
Avec Linéaments, Jordan Beal dévoile une Martinique générée par l'IA. Travaillant à partir d'images existantes, il explore un territoire...
Il y a 7 heures   •  
Écrit par Anaïs Viand
La nuit américaine racontée par Laila Hida
Sange Khara, 2025 © Laila Hida
La nuit américaine racontée par Laila Hida
"Comment renouveler les imaginaires stéréotypés par l’art, l’histoire et le cinéma ?" C’est à cette question que Laila Hida tente de...
18 juillet 2026   •  
Écrit par Esther Baudoin
Méditerranée. Est-ce là que l’on habitait ? : Anne-Lise Broyer
© Anne-Lise Broyer
Méditerranée. Est-ce là que l’on habitait ? : Anne-Lise Broyer
Sur les traces des déplacements de populations, des fractures et de l'histoire antique, Anne-Lise Broyer dépose son regard. Un travail...
17 juillet 2026   •  
Écrit par Thomas Andrei
Au Palais de la Porte Dorée, l'art dénonce les discriminations
Jane Evelyn Atwood, La boxe féminine, 2000 FNAC 2000-208 Collection du Centre national des arts plastiques © Jane Evelyn Atwood
Au Palais de la Porte Dorée, l’art dénonce les discriminations
Le musée de l’Histoire de l'immigration au Palais de la Porte Dorée présente son exposition jusqu'au 23 août 2026.
16 juillet 2026   •  
Écrit par Esther Baudoin