La sélection Instagram #527 : l’être-nature

07 octobre 2025   •  
Écrit par Lucie Donzelot
La sélection Instagram #527 : l'être-nature
© Tetsuo Kashiwada / Instagram

Trop souvent l’être humain s’est pensé extérieur au monde naturel. Capitalisme et mondialisation en sont en partie responsables. Si la crise écologie accentue cette dissociation, elle devrait pourtant encourager le mouvement inverse. Les artistes de notre sélection Instagram de la semaine nous incitent à renouer avec notre environnement et à repenser notre rapport à ce dernier.

@tetsuokashiwada

Tetsuo Kashiwada, établi entre Los Angeles et Tokyo, capture, à travers son objectif, paysages comme personnages. L’artiste, le plus souvent, les saisit conjointement : on peut, par exemple, observer des personnes tantôt allongées dans une eau boueuse, tantôt au beau milieu d’un champ. De ses images émane un sentiment de malaise, mêlé à un certain apaisement. Tetsuo Kashiwada révèle ainsi cette tension qui caractérise aujourd’hui, dans un contexte écologique en crise, les rapports entre êtres humains et nature.

Une jeune femme en maillot de bain allongée de profil dans une eau boueuse.
© Tetsuo Kashiwada / Instagram
Des champignons sur une nappe qui représente des champignons.
© Tetsuo Kashiwada / Instagram

@artforspacegirls

Lasmina Virgoe, étudiante en histoire de l’art à Londres, explore la spiritualité là où elle la trouve. Souvent, c’est au sein de la nature qu’elle la rencontre. Elle sonde alors cet univers fait d’arbres et de roches, de lacs et de plantes, et essaie d’en saisir la conscience, l’essence. Parfois, l’humain et la forêt semblent même se confondre, comme dans cette image où, sur des bras levés vers le ciel, des veines se transforment en branches.

Gros plan en noir et blanc sur une jambe parsemée de petits escargots.
© Lasmina Virgoe / Instagram
Des mains levées vers le ciel, les veines transformées en arbres.
© Lasmina Virgoe / Instagram

@morgannamagee

À travers une approche profondément éthique et responsable, Morganna Magee documente les terres non cédées du peuple Bunurong/Boonwurrung des Nations Kulin, en Australie. Ses photographies en noir et blanc, capturant la vie animale et végétale habitant ces lieux, révèlent un monde onirique, dont la magie semble s’être emparée.

Portrait en noir et blanc d'une jeune fille la tête penchée, les yeux fermées, floue, la mise au point étant faite sur l'arrière plan où on aperçoit de la végétation.
© Morganna Magee / Instagram
Photographie en noir et blanc d'une forêt avec un étang, des petites taches qui semblent des flocons de neige apparaissent sur la surface de l'image.
© Morganna Magee / Instagram

@laurafosterphoto

Des corps, la mer, un visage, des branches habillent les images de Laura Foster. Photographe installée à Bristol, l’artiste alterne gravure et processus photographiques anciens et expérimentaux. Spécialisée dans les récits documentaires sociaux, elle nous livre également des images où rêve et réel se confondent. Ainsi représente-t-elle, par le biais du cyanotype, une nature dont la dimension chimérique contamine jusqu’à l’humain·e qui s’y aventure.

Cyanotype d'un tronc d'arbre dans la forêt.
© Laura Foster / Instagram
Une image aux tons bleu représente un jeune homme au premier plan surexposé, la mer avec des nuages dans le fond.
© Laura Foster / Instagram

@_gabriele_lombardi_

Dans le monde en noir et blanc de Gabriele Lombardi, où la couleur, parfois, ose s’immiscer un peu, la nature est le personnage principal. Les branches majestueuses de l’arbre et la chenille sur le sentier ont la même importance, tandis que l’humain vient se fondre parmi les autres bêtes. Et face à ce monde aux airs de souvenirs, on s’autorise à fermer les yeux un instant pour tenter de le rejoindre.

Gros plan en noir et blanc sur une main tenant du bout des doigts une feuille sur laquelle rampe une chenille.
© Gabriele Lombardi / Instagram
Photographie en noir et blanc d'un arbre d'un point de vue en contre plongée.
© Gabriele Lombardi / Instagram
À lire aussi
La sélection Instagram #525 : fragment ou totalité ?
© Michał Bugalski / Instagram
La sélection Instagram #525 : fragment ou totalité ?
L’acte photographique est un geste de découpe : l’image ne retient qu’une portion du réel, délimitée par le cadrage. Elle peut donc être…
23 septembre 2025   •  
Écrit par Lucie Donzelot
La sélection Instagram #526 : ces liens qui nous attachent
© Serena Radicioli / Instagram
La sélection Instagram #526 : ces liens qui nous attachent
On dit de l’être humain qu’il est un animal social. Si la famille, les amitiés et les amours peuvent venir satisfaire ce besoin de liens…
30 septembre 2025   •  
Écrit par Lucie Donzelot
Explorez
Quels mondes allons-nous habiter ? Fisheye #78 scrute le paysage
© Caroline Ruffault
Quels mondes allons-nous habiter ? Fisheye #78 scrute le paysage
Disponible à compter de ce vendredi 11 septembre, Fisheye #78 s’articule autour du paysage. Portfolios et dossier s’intéressent aux...
11 septembre 2026   •  
Écrit par Apolline Coëffet
Lueurs Fauves : l’écosystème sensible d’Eve Campestrini
© Eve Campestrini
Lueurs Fauves : l’écosystème sensible d’Eve Campestrini
C’est au cœur de la vallée occupée par le Groupe Agricole d’Exploitation Collective (GAEC) de Montlahuc qu’Eve Campestrini compose Lueurs...
08 septembre 2026   •  
Écrit par Lou Tsatsas
La sélection Instagram #561 : frissons dans tout le corps 
La sélection Instagram #561 : frissons dans tout le corps 
Cette semaine les photographes capturent à travers leur objectif le sport sous toutes ses formes. Les frissons parcourent les corps, une...
21 juillet 2026   •  
Écrit par Annabelle GARBIGLIA
Hélène David : les voix du vivant
© Hélène David
Hélène David : les voix du vivant
Pendant quatre ans, Hélène David a arpenté le Pays basque à la rencontre de celles et ceux qui l'habitent – humains, animaux, montagnes...
20 juillet 2026   •  
Écrit par Anaïs Viand
Nos derniers articles
Voir tous les articles
500 portes, neuf douches : l’étrange expérience de Suwa Shin
기다리는 여자 (Waitng Woman), Be Nu (累) © Suwa Shin
500 portes, neuf douches : l’étrange expérience de Suwa Shin
Pendant six mois, la photographe coréenne Suwa Shin a frappé à 500 portes de son immeuble pour poser une question pour le moins...
À l'instant   •  
Écrit par Marie Baranger
Quand la photographie rencontre la grandeur de Fontevraud
Saul Leiter, Taxi, 1957 Collection Florence et Damien Bachelot © The Saul Leiter Foundation
Quand la photographie rencontre la grandeur de Fontevraud
Dans l’écrin spectaculaire de l’abbaye royale de Fontevraud, la photographie se mesure à la peinture, s’en inspire, la détourne et finit...
À l'instant   •  
Écrit par Cassandre Thomas
On Prom's Eve : Lucas Troadec raconte l'adolescence et son obsolescence
© Lucas Troadec
On Prom’s Eve : Lucas Troadec raconte l’adolescence et son obsolescence
Réalisée à Abu Dhabi, On Prom's Eve nous parle du passage à l'âge adulte dans un contexte géopolitique compliqué. Une série à retrouver...
17 septembre 2026   •  
Écrit par Ana Corderot
Quels mondes allons-nous habiter ? Fisheye #78 scrute le paysage
© Caroline Ruffault
Quels mondes allons-nous habiter ? Fisheye #78 scrute le paysage
Disponible à compter de ce vendredi 11 septembre, Fisheye #78 s’articule autour du paysage. Portfolios et dossier s’intéressent aux...
11 septembre 2026   •  
Écrit par Apolline Coëffet